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Donald Trump n'a pas l'intention de porter un masque, même si c'est recommandé

Un homme portant un masque chirurgical passe devant une vitrine où l'on vend un chandail « Make America Great Again ».

Les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) recommandent aux Américains de se couvrir le visage lorsqu'ils sortent de chez eux.

Photo : Reuters / Andrew Kelly

Radio-Canada

Donald Trump annonce la nouvelle recommandation des autorités sanitaires américaines de porter un masque, mais n'a pourtant pas l'intention de la suivre.

Le président a déclaré vendredi que les autorités sanitaires conseillent désormais aux Américains de se couvrir le visage hors de chez eux, pour aider à freiner la propagation du coronavirus.

Cette décision des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC), l'autorité de santé nationale aux États-Unis, est « seulement une recommandation, et non une obligation ».

Personnellement, je n'en porterai pas. Assis dans le Bureau ovale, et porter un masque en recevant des présidents, des premiers ministres, des dictateurs, des rois, des reines, je ne sais pas, je ne le sens pas pour moi.

Donald Trump, président des États-Unis

Les autorités appellent la population à porter des protections faciales « en tissu non médical » pour se couvrir le visage – comme des masques artisanaux, des foulards ou des écharpes – afin de réserver le matériel médical aux soignants.

Les CDC insistent en particulier sur la nécessité de se couvrir le visage en faisant des courses, lorsque les recommandations de distanciation sociale sont plus difficiles à appliquer.

Vendredi, le directeur de l'Institut des maladies infectieuses, Anthony Fauci, également membre du groupe de travail de la Maison-Blanche sur le coronavirus, a évoqué sur Fox News des données indiquant que le virus peut en réalité se transmettre lorsque les personnes parlent, et non pas uniquement lorsqu'elles éternuent ou toussent.

Dans une lettre à destination de la Maison-Blanche, les CDC ont mis en évidence quatre études faisant pencher la balance en faveur d'une transmission du virus par l'air expiré par les gens – les « aérosols » dans le jargon scientifique – , et non plus seulement par les gouttelettes et postillons projetés lors d'un éternuement.

Les travaux de recherche actuellement disponibles soutiennent la possibilité que le SARS-CoV-2 puisse être transmis [par des bioaérosols générés] directement par l'expiration des patients.

Harvey Fineberg, président du comité sur les maladies infectieuses émergentes

C'est un revirement pour les autorités, qui ont longtemps indiqué, sur la base des recommandations de l'Organisation mondiale de la santé et des CDC, qu'il n'était pas nécessaire de porter un masque, à moins de présenter des symptômes du coronavirus.

À New York, l'administration de Bill de Blasio avait, dès jeudi, recommandé aux habitants de porter un masque en tissu dès qu'ils se trouvent en public.

Pénurie de masques

Alors que la pénurie de masques et de respirateurs fait rage partout dans le monde, la société américaine de fournitures médicales 3M, a confirmé avoir reçu une demande de l'administration Trump afin de cesser d'exporter du matériel au Canada et dans les marchés d'Amérique latine.

Le président américain a invoqué le « Defense Production Act » et pourrait réquisitionner la production de matériel de protection médical de 3M. Cette loi, qui remonte à la guerre de Corée, autorise le secrétaire, par l'entremise de la FEMA, à utiliser toute l'autorité disponible pour acquérir, de la part de toutes les filiales de 3M, le nombre de masques N95 jugé approprié par l'administrateur de l'agence fédérale.

Mais l’entreprise met en garde Washington : Cesser l’exportation de respirateurs produits aux États-Unis pousserait probablement d’autres pays à répliquer et à faire la même chose. Certains ont déjà commencé à le faire.

Dans une déclaration diffusée en soirée par le service de presse de la Maison-Blanche, le président Trump apporte une nuance qui pourrait ouvrir la porte à un maintien de certaines exportations. Rien dans ce décret n'interférera avec la capacité d'exporter des manufacturiers lorsque cela est conforme aux politiques des États-Unis et dans l'intérêt national des États-Unis.

Tout en affirmant que l'Amérique est en guerre contre un ennemi invisible, Donald Trump justifie le décret par la nécessité de lutter contre « les profiteurs en temps de guerre », c'est-à-dire des vendeurs et distributeurs « opérant dans des marchés de revente ».

Plus tôt dans la journée, le premier ministre Trudeau a indiqué que son gouvernement travaillait étroitement avec l'administration Trump pour lui faire comprendre que les échanges entre les deux pays vont dans les deux sens, particulièrement pour le matériel médical essentiel et le personnel médical.

Priver le Canada de masques serait une erreur.

Justin Trudeau, premier ministre

La vice-première ministre Chrystia Freeland a quant à elle annoncé utiliser tous les moyens nécessaires dans ce dossier, [...] même s'il est plutôt question de résoudre cet enjeu de façon positive.

De son côté, Doug Ford, le premier ministre de l'Ontario, s'est dit inquiet de la situation : Je ne peux exprimer à quel point je suis déçu du président Trump. [...] Je ne vais plus jamais compter sur lui – ou sur toute autre province ou pays – pour la santé de nos citoyens.

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Avec les informations de Agence France-Presse, et CNN

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