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Un organisme juge insuffisantes les normes fédérales de formation des camionneurs

Un poids lourd circule sur la route.

En février, le Conseil des ministres responsables des transports et de la sécurité routière a approuvé une norme nationale pour la formation de base pour l'obtention d'un permis de conduire de classe 1.

Photo : Radio-Canada / CBC

Deux ans après qu’un semi-remorque est entré en collision avec l’autocar de l’équipe de hockey junior des Broncos de Humboldt, le Canada se dote d’une norme nationale pour la formation des conducteurs commerciaux. Un groupe milite toutefois pour obtenir des normes encore plus serrées.

La norme nationale recommande que les apprentis camionneurs du pays suivent la formation suivante :

  • 103,5 heures en tout;

  • 36,5 heures en classe;

  • 17 heures autour du véhicule immobilisé;

  • 50 heures derrière le volant du véhicule.

Source : Conseil canadien des administrateurs en transport motorisé (Nouvelle fenêtre)

La création d’une telle norme est somme toute une bonne chose, selon Ahmed Shalaby, un professeur en ingénierie du transport à l’Université du Manitoba et l’un des directeurs de Safer Roads Canada.

L'organisme milite pour obtenir davantage de règles de sécurité routière pour les camionneurs.

Parmi les membres décisionnels de Safer Roads Canada figurent des parents et proches de membres de l’équipe des Broncos de Humboldt morts dans l’accident du 6 avril 2018. Par exemple, on y retrouve les parents de la thérapeute sportive Dayna Brons, la belle-mère de Logan Hunter, et le père de Jaxon Joseph.

En tant qu’expert en sécurité routière et membre de Safer Roads Canada, Ahmed Shalaby croit que certains éléments manquent encore dans les normes.

Il déplore entre autres que ce sont les provinces [et les territoires] qui décideront comment et quand elles les mettront en place et qu’elles seront libres de déterminer si elles décident de mettre en place le minimum requis ou d’en faire plus.

J’imagine que [les provinces et territoires] adopteront les normes nationales proposées, mais, bien sûr, on les laisse choisir quand elles entreront en vigueur, ajoute-t-il.

Nous voulons voir ce processus accéléré le plus possible pour être certain que nous adhérons tous aux mêmes standards.

Ahmed Shalaby, directeur de Safer Roads Canada et professeur d'ingénierie du transport à l'Université du Manitoba

Le Conseil canadien des administrateurs en transport motorisé, responsable de la rédaction de ces nouvelles normes, confirme que toutes les provinces et les territoires canadiens ont l’autorité d’établir leur propre formation pour tous les conducteurs.

Ahmed Shalaby propose que le gouvernement fédéral instaure une date butoir pour l’entrée en vigueur de ces normes au pays.

De plus, il aimerait que celles-ce s’inspirent des provinces ayant, ou qui mettront en place, une formation obligatoire pour l’obtention du permis de conduire de classe 1, afin de déterminer si ces critères de formation sont suffisants.

Il ajoute qu’une meilleure vérification des écoles de formation et une plus grande collecte de données permettraient de voir si la formation aide réellement les conducteurs commerciaux et d'atteindre un plus grand niveau de sécurité.

Le Conseil des ministres responsables des transports et de la sécurité routière (Nouvelle fenêtre) a approuvé ces nouvelles lignes directrices lors d’une rencontre le 14 février 2020, à Toronto.

Cette norme nationale fait suite à une recommandation du Bureau des coroners de la Saskatchewan dans le cadre de l’enquête sur la tragique collision de l’équipe de hockey junior de Humboldt, indique Transport Canada dans un courriel.

Avant cela, il n’existait aucune norme pancanadienne à cet effet. Les provinces de l’Ontario, de la Saskatchewan, de l’Alberta et du Manitoba sont parmi celles qui obligent déjà les apprentis camionneurs à suivre une formation d'au moins 100 heures.

Transport Canada indique, pour sa part, que la norme nationale représente une étape importante pour la sécurité routière au Canada et sera intégrée dans le Code national de sécurité. Ce Code constitue la base des règlements provinciaux et territoriaux régissant les véhicules commerciaux, les conducteurs et les transporteurs routiers.

Il est à noter que, lors de leur réunion de juillet 2019, les premiers ministres canadiens se sont engagés à adopter une norme nationale minimale de formation de base pour les camionneurs d’ici 2021 et à explorer les possibilités de formation en ligne, ajoute le ministère dans son courriel.

Des normes de formation fédérales plus strictes comblent les lacunes et les incohérences lorsque les conducteurs commerciaux franchissent les frontières provinciales , estiment le ministre saskatchewanais de la Voirie et des Infrastructures, Greg Ottenbreit, et le ministre responsable de la Société d’assurances de la Saskatchewan, Joe Hargrave.

De son côté, l’Alliance canadienne du camionnage (ACT) se réjouit de la création de normes nationales.

Les éléments de formation des normes sont nécessaires pour former les conducteurs afin qu’ils puissent passer le test correctement et, par la suite, être en mesure d’utiliser un camion semi-remorque en toute sécurité sur la route, indique Scott Smith, le président de l’ACT, dans un communiqué de presse publié le jour de l’annonce du gouvernement fédéral.

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