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Montage de cinq photos de jeunes : trois filles et deux garçons.

Tout comme la vie de bien des adolescents, la vie de Wiam, Isabelle, Exaucé, Mathias et Christi Doxane est complètement bouleversée par la crise de la COVID-19.

Photo : Radio-Canada

Ils ont 13, 15 ou 17 ans. Depuis plusieurs semaines, ils ont dû mettre leurs activités sportives, leurs amis et leur liberté entre parenthèses. Entre nouveaux projets et leçons de vie, des adolescents se sont confiés à Radio-Canada sur leur quotidien au temps du coronavirus.

Wiam a 15 ans. Depuis le début du confinement, sa vie a bien changé, mais elle garde le moral. Elle a un conseil pour les jeunes de son âge : Essaie toujours de trouver quelque chose à faire sinon on va tous commencer à déprimer très vite.

Portrait d'une jeune fille souriante. Elle est assise devant une fenêtre. Elle  porte des lunettes

Wiam Abrouq vit à Toronto et organise sa vie d'aujourd'hui autour de sa petite soeur et d'activités qui lui permettent de ne pas trop s'ennuyer.

Photo : Transmis par Wiam Abrouq

L’une de ses planches de salut : sa petite soeur de 7 mois qui la distrait et la sort de son isolement. Le plus difficile reste pour elle de ne pas pouvoir sortir avec ses amis.

À chaque fois qu’on s'ennuyait chacun de son côté, ben on programmait un truc et on sortait, mais maintenant on s’ennuie tous, mais à cause du confinement on ne peut pas sortir, donc c'est ce qui un peu frustrant, constate-t-elle.

Parce que si les médias sociaux sont là pour tous, dans la situation actuelle, ils montrent aussi leurs limites.

Il manque le côté social, de voir la personne, d’être en groupe surtout et de parler avec une personne en même temps, constate Mathias (17 ans). Je parle avec mes amis par médias sociaux. C’est pas la même chose, c’est plus bizarre, note, de son côté, Rafaëlle (12 ans).

Aymerik Delanyo Da Matha Sant’Anna pose devant l’École secondaire catholique Saint-Frère-André de Toronto.

Aymerik Delanyo Da Matha Sant’Anna est un élève de 11e année de l’École secondaire catholique Saint-Frère-André de Toronto

Photo : Radio-Canada / Jonathan Bouchard

Certains ne sont toutefois pas aussi enthousiastes.

D’habitude, je joue au soccer, je fais du vélo, je vais voir mes amis. La maison est devenue une sorte de prison parce que tu ne peux pas sortir. Je voudrais que le coronavirus arrête, se désole Exaucé Bakumbane.

De nouvelles expériences

À part dormir, leur activité favorite, ces adolescents mettent tout de même à profit cette période pour expérimenter.

Christi Doxane Kazunke (16 ans) s'est lancée dans la cuisine : On apprend beaucoup de choses comme faire des pâtes et de la pizza. C’est très utile parce que tu apprends et tu renforces tes connaissances.

Isabelle (17 ans) met à profit cette période pour profiter de sa famille et également essayer de nouvelles choses.

Beaucoup de lecture et des casse-têtes. Ce n’est pas quelque chose que je faisais souvent, mais ma grand-mère, elle les fait souvent, pis on fait un switch avec nos familles, et ça c’est pas mal amusant, explique-t-elle.

Pour sa part, Aymeric (16 ans) va habituellement à l’église le dimanche. Depuis plusieurs semaines, il échange avec les membres de sa paroisse par les médias sociaux. Il suit aussi la messe en ligne. Si les contacts directs lui manquent, il trouve aussi son parti dans cette nouvelle situation.

C’est vraiment plus relax. Tu peux manger pendant que tu écoutes le pasteur, raconte-t-il.

Protrait d'une jeune fille souriante

Isabelle Lancup vit à Sudbury. Entourée de sa famille, elle vit bien le confinement.

Photo : Soumise par Isabelle Lancup

L’enjeu de l’école

Dans l’ensemble l’école ne leur manque pas tant que cela, mais ils s’interrogent toutefois sur leur avenir.

Ça me plait beaucoup [ce que je fais en ce moment], mais des fois, je pense à mes études et ça va ralentir mes années et ça me fait mal au coeur parce que j’aimais l’école, explique Daryl (13 ans)

Élève de 12e année, Isabelle se demande comment vont se dérouler les cours en ligne et si ce sera suffisant pour obtenir son diplôme de fin d'études secondaires, mais malgré tout elle est optimiste.

C’est un petit peu stressant le fait qu’on commence bientôt les cours en ligne, mais je pense que mes enseignants sont formidables alors j’espère que cela va bien fonctionner. Pour la graduation, je pense qu’on va y arriver bientôt. J’espère qu’on va faire tout ce qui est demandé et que l'on va se rendre.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

Mathias est lui aussi en 12e : On se demande si on va être prêts. Est-ce qu’on va recevoir notre diplôme de secondaire, c’est peut-être la plus grande panique chez nous. Ça nous fait un peu peur et voudrait aller à l’université l’année prochaine.

Sa déception est toutefois perceptible quand on lui parle des différents rites de passage que suppose cette dernière année du secondaire.

On espère que toutes les proms, les graduations vont encore se passer, [...] qu’on va être capables de vivre ces choses-là, mais rien n’est sûr. Évidemment, on est tous un petit peu déçus qu’on ne puisse pas vivre ces moments-là, dit-il.

Portrait de trois jeunes, deux garçons et une fille. Ils sourient tous les trois.

Mathias (17 ans), Gaspar (14 ans) et Rafaëlle (12 ans) Lazure vivent à Windsor. Le confinement signifie pour eux de passer plus de temps en famille.

Photo : Guy Lazure

Des leçons pour l'avenir

C'est finalement avec patience et philosophie que ces quelques jeunes abordent la situation actuelle. Si plusieurs prient pour que les choses reviennent à la normale rapidement, ils s'aperçoivent aussi que c'est un moment formateur pour eux.

Ça devient long, mais on peut s’habituer à rester à la maison parce qu’on veut éviter la propagation de ce virus, souligne Daryl. C’est pas la fin du monde, ça pourrait être pire, affirme pour sa part Gaspar (14 ans).

Wiam y voit l'occasion de profiter de chaque moment : On vient de remarquer comment une vie normale est précieuse et comment il faut valoir les choses qu’on a.

Elle assure aussi qu'elle n'oubliera désormais jamais de garder ses distances et de se laver souvent les mains

Je pense vraiment qu’on va mieux apprécier la vie quand tout est fini, conclut aussi Isabelle.

Avec des informations de Gabriel Nikundana et Thilelli Chouikrat

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