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Des francophones de l'étranger plongés dans l'incertitude

Gros plan d'un drapeau franco-albertain.

Beaucoup de francophones sans citoyenneté canadienne obtiennent un permis vacances-travail, dans l'espoir d'ensuite déposer une demande de résidence permanente.

Photo : Radio-Canada

Audrey Neveu

Déchirés entre leur rêve canadien et l’appel de leur pays d’origine, bien des francophones expatriés en Alberta et ailleurs au pays subissent eux aussi les contrecoups de la pandémie du coronavirus. Pour ceux qui ont perdu leur emploi, l’incertitude est encore plus grande.

Cloé Peneau a dû encaisser la nouvelle deux fois plutôt qu'une. Son conjoint et elle, arrivés en septembre au Canada grâce à un permis vacances-travail, ont tous deux perdus leur emploi dans un hôtel du centre-ville de Calgary. Même si le couple est éligible à l’aide d’urgence du gouvernement fédéral, il ne sait pas s’il sera en mesure de rester au pays.

Cloé Peneau donne une entrevue au coin d'une rue du centre-ville de Calgary.

Cloé Peneau a peu d'espoir de retrouver un travail rapidement.

Photo : Radio-Canada / Audrey Neveu

Avec ce qu'on a [économisé], on pourrait continuer deux mois, croit Cloé Peneau. Si on touche cette aide fédérale, ça nous aiderait un peu. On pourrait envisager de rester. Mais, la vraie question est : est-ce que ça vaut le coup de rester ou non?

Est-ce qu'on a un travail à récupérer? Est-ce qu'on va pouvoir continuer notre expérience? Là, non seulement on est bloqués au niveau du travail, mais aussi de notre découverte du pays et de la ville.

Cloé Peneau, ressortissante française

Son conjoint et elle s’inquiètent aussi des conséquences d’un retour en France, où aucun travail ni logement ne les attend. En ce début avril, la France demeure l’un des pays où la crise du coronavirus sévit le plus sévèrement dans le monde, ce qui les inquiète encore davantage.

Les messages des différents gouvernements varient, mais celui de la France est clair : rentrez au pays.

Nous avons eu beaucoup de demandes concernant des retours en France, indique le consul général de France à Vancouver, Philippe Sutter. C'est vrai que pour les touristes, les personnes de passages, les [personnes avec des] permis vacances-travail qui arrivent à expiration dans les prochaines semaines, notre recommandation est claire : rentrer en France [le plus vite] possible et autant que possible. Je dois dire que nous avons encore des vols prévus vers l'Europe. Il faut en profiter.

Des demandes de résidence permanente plus compliquées

Cependant, tous ne souhaitent pas revenir. Plusieurs, comme Malorie Le Bail et son mari, souhaitent faire leur vie au Canada. La crise du coronavirus entrave toutefois leurs démarches administratives pour déposer leur demande de résidence permanente.

J'en étais au moment où je bossais avec [l’organisme canadien World Education Services] pour l'équivalence des diplômes. Du coup, la France finissait d'envoyer les documents, mais en France ils ont arrêté de travailler à ce moment-là, explique-t-elle. Il ne me manque que ça pour commencer les démarches. Du coup, ça me retarde.

Malorie Le Bail donne une entrevue par Skype, dans sa chambre.

Malorie Le Bail ne se doutait pas qu'elle perdrait son emploi, au début de la crise du coronavirus.

Photo : Radio-Canada / Audrey Neveu

Elle espère qu’Immigration Canada sera compréhensif et leur accordera une extension de leur permis vacances-travail.

Les explications du gouvernement canadien

Dans une déclaration par courriel, Immigration Canada indique que les résidents temporaires qui sont actuellement au Canada peuvent demander de prolonger leur statut en ligne s’ils ont besoin de le faire. Un résident temporaire qui a demandé la prolongation de son statut est autorisé à demeurer au Canada jusqu’à ce qu’une décision soit prise sur sa nouvelle demande, même si son statut initial expire pendant qu’il attend cette décision. C’est ce qu’on appelle le statut implicite.

En attendant, Malorie Le Bail se demande si elle sera capable de subvenir à ses besoins, puisqu’elle a perdu son emploi dans un laboratoire d’optique de Calgary.

Je me rends compte que j'ai de la chance que mon mari ait toujours son boulot, dit-elle. Je ne me plains pas, on essaie de vivre comme ça, mais quand je toucherai l'assurance-emploi, ce sera beaucoup plus facile.

Quant à Cloé Peneau, elle n’est pas certaine que les choses s’arrangeront étant donné le marasme économique dans lequel était déjà plongée l’Alberta avant la pandémie de COVID-19. On n'y croit vraiment, vraiment très peu, malheureusement, avoue-t-elle.

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