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COVID-19 : Québec veut augmenter le salaire de certains travailleurs essentiels

La Prestation canadienne d'urgence (PCU) met de la pression sur le gouvernement Legault.

Un commis avec des chariots d’épicerie chez Maxi.

Les employés de supermarchés pourront profiter du Programme incitatif pour la rétention des travailleurs essentiels (PIRTE).

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Les salariés les moins nantis de la société qui demeurent sur le marché du travail en ces temps particulièrement difficiles verront leurs efforts récompensés.

Le gouvernement Legault va bonifier le salaire des travailleurs des services essentiels qui gagnent moins de 2000 $ par mois, un montant correspondant à la prime fédérale, la Prestation canadienne d'urgence (PCU), qui sera versée à ceux qui doivent rester à la maison en raison de la pandémie.

Le premier ministre en a fait l'annonce vendredi lors de sa conférence de presse quotidienne.

Ça pouvait être perçu comme injuste que des personnes gagnent moins que 2000 $ par mois en travaillant dans des services essentiels.

François Legault, premier ministre du Québec

Les travailleurs touchés verront donc leur salaire hebdomadaire bonifié de 100 $, ce qui leur permettra de s'assurer une rémunération au moins équivalente, voire supérieure, à la PCU.

Plus d'un demi-million de Québécois visés

Le Programme incitatif pour la rétention des travailleurs essentiels (PIRTE), dont les détails ont été dévoilés en fin de journée par les ministres Eric Girard (Finances) et Jean Boulet (Travail, Emploi et Solidarité sociale), pourrait rejoindre environ 600 000 salariés à temps plein et à temps partiel, selon les estimations du gouvernement.

Son but : soutenir ceux qui se démènent ces jours-ci dans l'exercice de leurs fonctions... et qui se demandent parfois s'ils ne feraient pas mieux de quitter leur emploi pour bénéficier de la PCU.

Les travailleurs dans les services essentiels, près du salaire minimum, auraient pu gagner plus en ne travaillant pas. Alors le but du programme, c'est vraiment de les supporter, de les encourager à travailler.

Eric Girard, ministre des Finances du Québec

La PCU est un bon programme, a souligné le ministre Girard, mais il a des effets non souhaités, selon lui – ce que confirme Jean Boulet, qui constate que la prestation fédérale aurait découragé certains à poursuivre leur travail.

Les secteurs essentiels, dit-il, sentent maintenant une certaine fragilité, d'où l'importance d'adopter une nouvelle mesure comme la PIRTE.

Les demandes pour adhérer au programme pourront être faites à partir d'un formulaire web sur le site de Revenu Québec à compter du 19 mai, et les premiers versements (par dépôt direct ou par chèque) seront envoyés à partir du 27 mai.

Ces nouvelles prestations seront versées rétroactivement au 15 mars pour un maximum de 16 semaines.

Pour y avoir droit, il faudra :

  • travailler dans un secteur jugé essentiel;
  • gagner moins de 550 $ brut par semaine;
  • et gagner entre 5000 $ et 28 600 $ annuellement.

Les Québécois ayant réclamé la PCU seront bien sûr exclus, de même que ceux qui auraient bénéficié du Programme d'aide temporaire aux travailleurs (PATT).

En ce qui concerne les services essentiels, le ministre Boulet a évoqué une cinquantaine de métiers admissibles, prenant par exemple : le personnel des épiceries et des dépanneurs, les agents de sécurité; les cuisiniers; les boulangers-pâtissiers; les chauffeurs-livreurs; les préposés à l'entretien ménager et les travailleurs des organismes communautaires.

Par cette mesure, nous souhaitons donner un coup de pouce à tous ceux qui se lèvent chaque matin et qui permettent de maintenir ces services essentiels, a-t-il affirmé. Vous faites une réelle différence dans la vie des Québécois. On vous demande de continuer et de ne pas lâcher.

La CSN, Québec solidaire et le Réseau québécois de l'action communautaire autonome ont tous les trois salué la création du programme, vendredi, ajoutant qu'ils souhaiteraient maintenant que le gouvernement Legault rehausse le salaire minimum à au moins 15 $ de l'heure, comme ils le demandent depuis des années.

Des mesures qui coûtent cher

Le PIRTE, dont les coûts sont estimés à 890 millions de dollars, s'ajoute à une foule d'autres mesures prises par Québec depuis la mi-mars pour faire face à la pandémie de COVID-19.

Outre le PATT, le gouvernement Legault a notamment créé un programme d'aide d'urgence aux PME, en plus de hausser temporairement le salaire des préposés aux bénéficiaires du secteur privé et de reporter les dates limites de déclaration d'impôt et de paiement des soldes dus.

L'ensemble de ces programmes représente une somme de 18 milliards de dollars, évalue Eric Girard, soit entre 4 % et 5 % du PIB québécois. Mais d'autres mesures pourraient être adoptées dans un avenir rapproché, avertit-il.

Avec les informations de La Presse canadienne

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