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Coronavirus : Londres a un nouvel hôpital en moins de 10 jours

Matt Hancock parle dans un micro entouré de gens devant la façade de l'hôpital.

Le ministre britannique de la Santé, Matt Hancock, était sur place pour inaugurer l'hôpital de Nightingale dont la capacité pourra atteindre 4000 lits.

Photo : Associated Press / Stefan Rousseau

Agence France-Presse

Un immense hôpital de campagne, mis en place en seulement neuf jours dans un centre de conférence de Londres, a ouvert vendredi pour absorber la déferlante de malades du nouveau coronavirus qui s'abat sur le système de santé britannique.

Critiqué pour avoir tardé à imposer un confinement de la population puis pour les ratés du dépistage, le gouvernement cherche à montrer sa détermination à agir face à la COVID-19 qui a fait près de 3000 morts sur le sol britannique.

Il a ainsi promis de décupler le nombre de tests disponibles, notamment pour les soignants, et cherche à ouvrir dans l'urgence des dizaines de milliers de lits d'hôpitaux.

Construit avec le concours de l'armée, l'hôpital de Nightingale, d'une capacité initiale de 500 lits, pourra atteindre 4000 lits, soit l'équivalent de dix hôpitaux classiques.

Inauguré par le prince Charles en vidéoconférence de sa résidence écossaise et par le ministre de la Santé Matt Hancock sur place, il s'agit du premier d'une série d'établissements provisoires prévus au Royaume-Uni.

Sorti cette semaine de quarantaine après avoir été lui-même contaminé, le fils de la reine Élisabeth II a qualifié cet hôpital de campagne de « lumière éclatante en ces temps sombres ».

C'est sans aucun doute une prouesse sur tous les plans, de la rapidité de sa construction en tout juste neuf jours au talent de ceux qui l'ont créé, a soutenu l'héritier de la couronne.

Des gens marchent devant l'entrée de l'hôpital de Nightingale.

L'hôpital de Nightingale a été aménagé dans le centre de conférence ExCel de Londres.

Photo : Getty Images / WPA Pool

Aucun équivalent

Avec un personnel prévu de 16 000 soignants, cet hôpital géant, sans équivalent en Grande-Bretagne, tente de répondre à l'accélération de la pandémie, qui a officiellement contaminé 33 718 personnes, faisant 2921 morts, au Royaume-Uni.

Il précède deux autres établissements du même type déjà annoncés en Angleterre, à Birmingham et à Manchester, d'une capacité de 3000 lits chacun.

Le service public de santé britannique, le NHS, a annoncé vendredi matin la construction de deux autres hôpitaux de campagne, à Bristol (ouest de l'Angleterre) et à Harrogate (nord), qui pourront respectivement accueillir 1000 et 500 patients.

En Écosse, un centre de 300 lits – 1000 lits à terme – doit lui aussi ouvrir ses portes; le Pays de Galles prévoit 6000 lits supplémentaires répartis dans plusieurs hôpitaux de campagne construits dans des stades ou des centres de loisirs.

Si la rapidité de la construction de l'hôpital de Nightingale est impressionnante, sa gestion présente des défis. Selon des documents révélés par le Health Service Journal, ses patrons s'inquiètent déjà du nombre d'ambulances disponibles pour y transférer les patients et de la formation des équipes, pas toujours spécialisées dans les soins intensifs et qui découvriront les locaux pour la première fois.

Une situation délicate

Le gouvernement est confronté à une situation délicate dans les hôpitaux, où le personnel vit mal le manque d'équipements de protection et de tests.

À peine guéri du coronavirus, le ministre de la Santé a reconnu jeudi soir des ratés et a promis d'atteindre 100 000 tests par jour d'ici la fin d'avril, soit dix fois plus qu'actuellement.

L'objectif est notamment de pouvoir dépister massivement le personnel soignant, dont 8 % en moyenne est en isolement, car présentant des symptômes. Ceux qui seront déclarés négatifs pourraient ainsi repartir travailler et soulager les hôpitaux actuellement débordés.

À terme, quand des tests sérologiques seront disponibles, le but sera de déterminer qui est immunisé pour permettre une sortie du confinement de la population, qui a des effets économiques et sociaux dévastateurs.

L'activité du secteur privé britannique a connu en mars un plongeon record et près d'un million de personnes ont déjà déposé des demandes d'aides sociales, malgré les mesures de soutien sans précédent adoptées par le gouvernement.

Jeudi soir, le ministre de la Santé a évoqué l'idée de « certificats d'immunité, peut-être des bracelets ». Mais plusieurs scientifiques se sont déjà dits sceptiques concernant cette idée.

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