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Les Forces canadiennes appelées en renfort pour protéger le Nunavik de la COVID-19

Deux cas ont déjà été recensés au nord du 55e parallèle.

Des Rangers assis sur des VTT regardent un hélicoptère se poser.

Les Rangers sont en quelque sorte le corps d'intervention des Forces canadiennes dans le nord du pays.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Ottawa a accepté une demande officielle du Québec pour venir en aide à ses communautés nordiques, qui doivent elles aussi lutter contre la pandémie de coronavirus. Des Rangers seront déployés sur le terrain pour dépister et limiter la transmission.

La nouvelle, d'abord annoncée sur Twitter par le ministre fédéral de la Sécurité publique, Bill Blair, et son homologue québécoise, Geneviève Guilbault, a été confirmée par le premier ministre Justin Trudeau au tout début de son point de presse quotidien devant sa résidence de Rideau Cottage.

On sait que les Rangers canadiens sont toujours présents dans le nord pour aider dans les communautés, pour aider à servir, a-t-il rappelé, ajoutant qu'au Nunavik, les Rangers vont être là pour aider à installer des tentes et de l'infrastructure médicale.

Le premier ministre n'a toutefois pas voulu s'aventurer sur le nombre de Rangers qui seront appelés en renfort, se contentant de dire que les détails seront dévoilés dans les heures à venir.

Que sont les Rangers canadiens?

Les Rangers canadiens sont un sous-élément constitutif de la Force de réserve des Forces armées canadiennes (FAC), explique le gouvernement du Canada sur son site web (Nouvelle fenêtre).

Ils assurent une présence militaire dans les régions peu peuplées du Nord du Canada, le long des côtes et dans les endroits isolés qui ne peuvent pas être desservis de façon adéquate ou économique par d’autres éléments des FAC.

Le Québec devient donc la première province canadienne à demander officiellement l'aide des Forces canadiennes depuis le début de la crise sanitaire.

Comme les Rangers sont déjà là, il tombait sous le sens de demander la permission à Ottawa de pouvoir utiliser leurs services, a fait valoir le premier ministre François Legault durant sa conférence de presse quotidienne, vendredi.

D'autant plus que la région là-bas veut vraiment s'isoler et qu'il y a aussi une préparation qui doit être faite au cas où la situation s'empirerait, a-t-il souligné.

Plus tôt cette semaine, le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, avait indiqué que l'état-major se préparait à mobiliser jusqu'à 24 000 militaires – y compris des réservistes et des Rangers canadiens – pour répondre à ce genre de demande.

Il s'agit de l'une des plus importantes mobilisations en temps de paix de toute l'histoire du Canada.

La Basse-Côte-Nord lève la main

Ce déploiement annoncé vendredi n'est toutefois pas suffisant pour certains.

Souhaitant eux aussi du renfort, les maires de la MRC du Golfe-du-Saint-Laurent ont adopté une résolution pour demander à l’armée de mobiliser les Rangers qui résident dans les communautés de la Basse-Côte-Nord, à l'est de Kegaska.

Le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Ghislain Picard, souligne quant à lui que le mandat des Rangers est très limité.

Oui, les Rangers peuvent mener des opérations de soutien (faire cheminer du matériel médical, mener des opérations de transport d’urgence ou de sauvetage, etc.), mais ce ne sont pas des militaires ou des policiers pouvant prévenir ou réprimer un crime ou une infraction, souligne-t-il.

Or, de nombreux chefs autochtones sont pris au dépourvu et doivent ces jours-ci compter sur leur influence auprès de leurs membres pour faire respecter les couvre-feux et les mesures de confinement essentielles.

Le Nord paralysé

L'annonce de ce déploiement intervient quelques heures après l'entrée en vigueur d'un ordre de confinement visant les 14 villages inuit du Québec – une mesure qui prévoit que tous les vols à destination et en partance du Nunavik ainsi qu'entre les communautés sont annulés jusqu'à nouvel ordre.

Seuls les vols nolisés pour le transport du fret, de patients devant aller à un rendez-vous médical, de fournisseurs de soins de santé et autres travailleurs essentiels comme les policiers sont désormais autorisés.

Les patients qui doivent se rendre à un rendez-vous médical, que ce soit à Kuujjuaq, à Puvirnituq ou à Montréal, ne pourront pas être accompagnés à moins qu'il s'agisse d'un patient mineur, est-il précisé dans le communiqué transmis jeudi soir.

De plus, les personnes qui voyagent devront s’auto-isoler pour 14 jours à leur retour.

La décision a été prise de manière conjointe par la Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik (RRSSSN) et l'Administration régionale Kativik (ARK), explique-t-on.

La mesure [permettra] aux équipes d'intervention d'urgence locales de maintenir la situation sous contrôle et de donner à tous le temps de se préparer pour toute augmentation potentielle du nombre de cas positifs, a indiqué le directeur du Service de la sécurité publique de l'ARK, Jean-Pierre Larose.

Retenus dans le Nord contre leur gré

Cet ordre de confinement a notamment eu pour effet de retenir dans le Nord 150 employés de la Commission scolaire Kativik (CSK) qui espéraient rentrer chez eux, l'année scolaire étant terminée au nord du 55e parallèle.

Selon nos informations, la commission scolaire s'est vue obligée par la santé publique de suspendre les vols nolisés qu’elle avait réservés pour ramener dans le sud du Québec les membres de son personnel qui n'habitent pas dans les communautés nordiques.

Ces employés de la CSK pourraient maintenant être appelés à donner un coup de main aux travailleurs de la santé.

Le Nunavik, qui était déjà sur le qui-vive il y a 10 jours, a recensé un premier cas samedi dernier à Salluit. Un deuxième s'est ajouté mercredi à Puvirnituq.

Avec la collaboration de Louis-Philippe Ouimet

Avec les informations de La Presse canadienne

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