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COVID-19 : les masques artisanaux populaires malgré la faible protection qu'ils confèrent

Une femme qui montre un masque

Teresa Shaver d'Oshawa, en Ontario, est l'une des fondatrices de Canada Sews, un groupe qui confectionne de nombreux masques faits maisons pour aider à lutter contre la pandémie de coronavirus.

Photo : Teresa Shaver

Radio-Canada

De nombreux citoyens de partout au pays se servent de leurs compétences en couture pour fabriquer des masques en tissu. Une initiative qui continue de prendre de l’ampleur, même si plusieurs de ces individus sont conscients du fait que ces masques n’offrent pas de protection adéquate contre une éventuelle contamination à la COVID-19.

En deux semaines, Marie-Ève Servent de Chapleau, dans le Nord de l’Ontario, a produit une centaine de masques avec sa machine à coudre.

Elle en a donné une partie à des personnes vulnérables à une infection, comme les personnes âgées, les employés d’épiceries et les personnes ayant des problèmes de santé.

Mme Servent se dit déterminée à continuer, même si elle sait que les autorités de santé publique ne reconnaissent que les masques N-95 comme pouvant réduire considérablement les chances de contamination de ceux qui les portent, parce qu’ils sont dotés d’un système de filtration de particules.

C’est ce que je peux faire. C’est absolument mieux que rien. Et aussi ça garde les masques N-95 pour les gens qui sont en contact direct [avec des patients infectés], qui en ont vraiment besoin.

Marie-Ève Servent

Si tout le monde allait chercher les N-95 simplement pour aller au magasin d’épiceries, ce serait comme le papier de toilette, il y aurait un gros manque, affirme-t-elle.

Une femme âgée qui coud

Leila Pettigrew, de Thunder Bay, et sa petite-fille Annikki Pettigrew fabriquent conjointement des masques artisanaux depuis le début de la pandémie de coronavirus.

Photo : Annikki Pettigrew

Partout au pays, des milliers de couturières produisent des masques faits maison. Mme Servent dit d’ailleurs régulièrement échanger des astuces avec d’autres personnes pour améliorer les siens.

Un faux sentiment de sécurité

En analysant la demande grandissante de masques faits maison, le professeur de marketing à l’Université de Chicoutimi, Damien Hallegatte, y voit une manifestation du réflexe, pour les gens, d’acheter ou de faire fabriquer quelque chose quand on a un problème.

Au départ, les gens veulent avoir un produit pour répondre à un besoin. Or, il y a plein de besoins auxquels on peut répondre sans nécessairement acheter quelque chose, explique M. Hallegatte.

Le risque avec les masques, c’est que ça donne un faux sentiment de sécurité. À partir du moment où on achète un produit qui nous sécurise, on risque de prendre plus de risques. L’autre problème, c’est qu’il ne suffit pas juste de se procurer le produit, encore faut-il bien l’utiliser, souligne-t-il.

C’est plus le comportement qu’on va avoir notamment se laver les mains, de s’isoler, de tousser dans son coude, et cetera qui va avoir un impact.

Damien Hallegatte, professeur de marketing à l’Université du Québec à Chicoutimi

Le professeur estime que la rapide popularité de la fabrication des masques s’explique en partie par la solidarité que veulent exprimer les gens dans des périodes difficiles telles que les pandémies.

Les gens veulent surtout faire quelque chose. On est dans une situation exceptionnelle, qui est très anxiogène. Se procurer un masque, le fabriquer et éventuellement le donner aux autres, c’est un geste de solidarité qui est important, note M. Hallegatte.

Le fait de porter un masque, c’est une question de gérer son anxiété que de vraiment avoir un impact important sur notre sécurité. Probablement que beaucoup de gens se disent : “même si l’impact est minime, c’est toujours ça de plus pour me protéger, c’est mieux que rien”. Alors on est davantage en mode gestion de notre propre anxiété qu’en mode de vraiment rechercher les solutions les plus efficaces.

Damien Hallegatte, professeur de marketing à l’Université du Québec à Chicoutimi

Santé Canada ne recommande pas (Nouvelle fenêtre) le port d’un masque fait maison pour les gens en santé notamment parce qu’ils augmentent les risques d’infection en se touchant le visage pour les réajuster.

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