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Le gouvernement albertain suspend les rapports environnementaux

De la fumée s'échappe de trois cheminées.

Les entreprises ne seront pas obligées de remettre de rapports environnementaux au gouvernement albertain pendant la pandémie.

Photo : Radio-Canada

Le gouvernement de l’Alberta relâche la surveillance des performances et risques environnementaux des entreprises pendant la pandémie. Le ministre de l’Environnement, Jason Nixon, a suspendu mardi plusieurs de leurs obligations à cet égard dans un effort pour aider l’industrie.

Jason Nixon a usé des pouvoirs extraordinaires du gouvernement lors d’une urgence sanitaire pour donner une permission spéciale aux entreprises de la province : elles n’ont pas à produire les divers rapports environnementaux habituellement exigés par le gouvernement au cours des prochains mois.

Seules les compagnies responsables des eaux usées et de l’approvisionnement en eau potable sont exclues.

L’ordre ministériel, émis mardi, mentionne que le but de ce changement est d’éviter « une difficulté » supplémentaire à l’industrie pendant la crise.

Les entreprises doivent toutefois continuer à collecter des échantillons et à surveiller leurs impacts environnementaux, selon cet ordre. Elles ne sont simplement pas obligées de les déclarer tout de suite.

« C’est purement une question de retarder la paperasse », a dit Jason Nixon, pendant la période de questions à l’Assemblée législative, jeudi.

Cela enlèvera un poids aux compagnies qui fonctionnent peut-être avec des effectifs et des moyens financiers réduits pendant la pandémie, selon lui.

Il assure que le ministère pourra, plus tard, exiger les rapports qui n’ont pas été soumis et que les violations environnementales seront punies.

Difficile à comprendre, selon certains

Cette explication laisse perplexe le professeur de Droit environnemental Martin Olszynski, de l’Université de Calgary.

Il explique que ce sont justement les activités d’échantillonnage et de surveillance prennent beaucoup de temps et de personnel, alors que produire le rapport, « veut habituellement dire presser quelques touches sur un clavier d’ordinateur ».

« Ça nous laisse beaucoup de questions. Quelle est l’intention ou la logique derrière cette manoeuvre? », se demande-t-il.

Si des économies peuvent être faites en remettant à plus tard l’analyse et l’organisation des données, elles sont plutôt minimes, à son avis.

Il s’inquiète également que certaines compagnies y voient une invitation à relâcher leurs programmes de surveillance environnementale.

« Quand on envoie un message à la communauté que “ceci n’est pas important pour nous en ce moment, car on est en train de gérer autre chose” [.....], il y  a un danger que ça soit vu comme une invitation à prendre des libertés avec les règles », croit-il.

L’opposition officielle partage cette crainte.

« Même pendant une pandémie, les gens ont besoin de respirer de l’air propre et de boire de l’eau propre », plaide le porte-parole néo-démocrate en matière d’Environnement, Marlin Schmidt.

La promesse du gouvernement de demander des comptes aux entreprises plus tard ne le rassure pas.

« Oui, on pourra aller leur donner des amandes rétroactivement, mais si par exemple, il y a eu des fuites de contaminants atmosphériques, il sera bien trop tard pour faire quoi que ce soit pour protéger les gens », explique-t-il.

Les entreprises sont toujours tenues de déclarer les accidents où les fuites si elles les repèrent.

L’exemption tiendra jusqu’au 14 août ou bien jusqu’à 60 jours après la fin de l’état d’urgence sanitaire, si elle arrive plus tôt.

Avec des informations de Joel Dryden

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