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La fermeture des écoles plonge dans l'inconnu les familles néo-brunswickoises

Une femme aidant un enfant à faire ses devoirs

Les écoles du Nouveau-Brunswick demeureront fermées jusqu'à la fin de l'année scolaire.

Photo : iStock

Radio-Canada

La fermeture des écoles du Nouveau-Brunswick jusqu’à la fin de l’année scolaire suscite de l’inquiétude chez certains parents, qui estiment que l'éducation de leurs enfants reposent maintenant entre leurs mains.

Bien que le ministre de l'Éducation, Dominic Cardy, a assuré qu'il ne demandait pas aux familles de recréer un environnement de salle de classe à la maison, il sollicite tout de même la coopération des parents pour que l’instruction de leurs enfants se poursuive.

Notre dossier : La COVID-19 en Atlantique

Pour ce faire, le gouvernement a fait part de ses attentes en donnant quelques lignes directrices. De manière générale, il souhaite que les élèves aient environ 2 heures et demie d’apprentissage par jour à la maison. Dominic Cardy espère de plus que tous les élèves s’adonnent à 30 minutes de lecture et à 30 minutes d’activité physique par jour.

Le ministre de l'Éducation du Nouveau-Brunswick, Dominic Cardy, lors d'une conférence de presse sur les mesures de précaution à prendre en milieu scolaire à l'égard de la COVID-19, le 6 mars 2020.

Le ministre de l'Éducation du Nouveau-Brunswick, Dominic Cardy, le 6 mars 2020.

Photo : Radio-Canada

Pour certains parents qui ont pris connaissance des attentes du ministre Dominic Cardy, c’est une tâche importante qui se dessine.

Ça revient à nous en fait de les faire apprendre, croit Sébastien Poirier, un parent d’élèves de Moncton. L’apprentissage est entre les mains des parents, avec quelques guides qui viendront de l’Internet, juge-t-il. Je sais que les enseignants vont nous soumettre quelque chose… Ça, ce n’est pas clair.

Tout ce que je sais, tout de suite, c’est qu’on va recevoir un appel pour savoir ce que nous on va faire, remarque le père de famille.

Réaliste pour toutes les familles?

M. Poirier et son épouse travaillent tous deux dans le domaine de la santé, avec des horaires variables qui pourraient faire obstacle à leurs bonnes intentions. Il faut juste être créatifs et trouver des solutions, mais le plan de M. Cardy, selon moi, a plus de questions que de réponses, affirme-t-il.

Les contextes familiaux peuvent être très variés dans les foyers du Nouveau-Brunswick, souligne M. Poirier. Il se demande ce que feront les familles qui n’ont pas les outils, comme des ordinateurs, pour leurs enfants.

Dans les familles ou les deux parents auraient perdu leurs emplois, par exemple, je ne pense pas que [...] de donner ce stress-là davantage aux parents va avoir un impact nécessairement positif, parce qu’on [leur] donne essentiellement plus de travail, s’inquiète-t-il.

« Un plan d'apprentissage »

La province promet que les enseignants vont entrer en contact avec tous les parents dès la semaine prochaine, afin d’établir un plan d’apprentissage adapté au contexte de chaque famille. Pour les plus jeunes, ce devrait être un peu plus ludique; pour les plus âgés, les enseignements seraient plus formels et académiques.

Le ministre Dominic Cardy parle d’une approche orientée vers la communication directe entre les parents et les enseignants.

Gérald Arseneault.

Gérald Arseneault en janvier 2020.

Photo : Radio-Canada

Gérald Arseneault, président de l’Association des enseignantes et des enseignants francophones du Nouveau-Brunswick (AEFNB), admet que c’est un défi de taille qui attend tout le système éducatif.

Il va y avoir une période d’apprentissage pour l’enseignant, tout comme pour les élèves et leur famille, anticipe-t-il. Les enseignants, dit-il, vont travailler pour atteindre un objectif commun au meilleur de leurs capacités et avec les outils qui vont nous être donnés.

Les enseignants n’ont pas tous les mêmes outils pour faire leur travail, donc vous voyez le défi qui est là, note-t-il.

On va devoir être vraiment compréhensifs et flexibles pour que ceci fonctionne.

Gérald Arseneault, président de l'AEFNB

M. Arseneault a néanmoins hâte de voir ce que les enseignants préparent. Les enseignants ont hâte d’être en contact avec leurs élèves, rappelle-t-il, et il se dit certain que plusieurs sont déjà à la tâche pour imaginer des façons de présenter la matière.

Le diable est dans les détails, souligne M. Arseneault, reprenant une expression familière. Il y a encore beaucoup d’inconnus, convient-il, et l’aspect technologique soulève quelques inquiétudes.

Il espère que cette période d’adaptation sera accompagnée par beaucoup de rétroaction de la part du ministère de l’Éducation, afin que tous puissent réajuster le tir au besoin.

Comme Dominic Cardy, Gérald Arseneault essaie de se faire rassurant pour les parents du Nouveau-Brunswick. On ne s’attend pas à ce que les parents deviennent les éducateurs, dit-il. On s‘attend à ce que les parents aident, outillent au meilleur de leurs capacités.

Tout le monde est dans le même bateau, il faut juste essayer de ramer tous dans la même direction et on va essayer d’arriver à bon port, philosophe M. Arseneault.

Les considérations de santé publique durant cette pandémie de coronavirus sont évidemment ce qui motive la décision du gouvernement provincial.

Avec les renseignements de Jean-Philippe Hughes

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