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COVID-19 : la mise à pied d’employés permanents de la Ville de Port-Cartier dénoncée

Près de la rue, l'affiche de l'hôtel de ville de Port-Cartier.

Affiche devant l'hôtel de ville de Port-Cartier (archives)

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

La Fédération des employés et employées de services publics (FEESP-CSN) accuse la Ville de Port-Cartier de profiter de la pandémie de COVID-19 pour réduire ses dépenses. La Municipalité a mis à pied une trentaine d’employés, dont 14 permanents.

Le syndicat déplore que la Ville de Port-Cartier utilise l’obligation d’atteindre l’équilibre budgétaire pour justifier les mises à pied d’employés des services non essentiels. Le secrétaire général de la FEESP-CSN, André Lajoie, affirme que les salaires des employés sont déjà prévus dans le budget de la Municipalité.

Ces sommes-là ont déjà été adoptées, ce ne sont pas des dépenses supplémentaires. Les revenus sont prévus avec les taxes municipales.

André Lajoie, secrétaire général de la FEESP-CSN

Dans le contexte actuel, le Syndicat estime que l’équilibre budgétaire ne devrait pas être la priorité de la Municipalité. Ce n’est pas un moment pour présenter un bon bilan financier. C’est plutôt le moment de travailler pour trouver des solutions humaines pour les employés, affirme pour sa part le vice-président du Conseil central Côte-Nord, Sébastien Lebreux.

André Lajoie ajoute que si c’est l’inquiétude de ne pas pouvoir déposer un budget équilibré, on demande à la Municipalité de demander au ministère des Affaires municipales et de l’Habitation un sursis. Probablement que dans toutes les municipalités ça va être assez difficile de déposer des budgets équilibrés. Il y en a qui ont reporté le paiement des taxes, etc.

Aider les services essentiels

Le syndicat soutient aussi que les employés mis à pied sont prêts à aller donner un coup de main dans des organismes et services essentiels.

Les employés ne demandent pas d’être payés chez eux à ne rien faire. Ils sont volontaires pour aller aider aux services essentiels à la suite de l’appel du gouvernement pour les endroits qui ont besoin de bénévoles, affirme André Lajoie.

Le Syndicat estime aussi qu’il sera plus facile pour la région de se sortir de la crise économique si les employés, qui sont aussi des citoyens de Port-Cartier, continuent de percevoir des salaires.

Un communiqué du syndicat compare aussi la décision de Port-Cartier à celles prises par les Villes de Baie-Comeau et de Sept-Îles, qui ont gardé à leur emploi l’ensemble de leurs employés permanent.

Par contre, à Baie-Comeau, 127 employés municipaux temporaires ou qui travaillaient à temps partiel ont été mis à pied à la suite de la fermeture des installations communautaires, culturelles et sportives. Ils sont 107 employés, dans la même situation, à Sept-Îles.

La santé avant les finances

De son côté, le maire de Port-Cartier assure que ces mises à pied sont avant tout motivées par la volonté de limiter la propagation du virus et pour garder ses employés en bonne santé. Il affirme qu’ils retrouveront tous un emploi à la fin de la crise.

On espère avoir tout notre monde après cet épisode-là.

Alain Thibault, maire de Port-Cartier

Les gestionnaires de la Municipalité ont identifié les services essentiels et ceux qui ne l’étaient pas en ce moment. Les services des sports et loisirs et du communautaire sont particulièrement affectés par les mises à pied, affirme le maire.

Alain Thibault ajoute que contrairement aux villes de Baie-Comeau et de Sept-Îles, Port-Cartier n’a pas les moyens financiers de garder à l’emploi tous les employés permanents de la Municipalité pendant la pandémie.

Je suis pris entre les deux et je suis le parent pauvre. On n’a pas tous les mêmes réalités.

Alain Thibault, maire de Port-Cartier
Alain Thibault lors d'une séance du conseil municipal.

Le maire Alain Thibault (archives)

Photo : Radio-Canada / Nicolas Lachapelle

La Ville entrevoit aussi une baisse de ses revenus à l’approche de l’échéance du paiement des taxes municipales. Alain Thibault est conscient que plusieurs personnes qui ont perdu leur emploi en raison des mesures mises en place pour contrer la propagation de la COVID-19 seront incapables de payer leurs impôts fonciers.

On tient pour acquis que 30 % de nos revenus doivent entrer dans nos coffres au mois de mai, mais combien de gens ne seront pas capables de s’acquitter de leur compte de taxes? Nous aussi, il va nous falloir des liquidités pour passer au travers en tant que Ville.

Le maire explique qu’il n’était pas non plus possible de s’assurer que les employés non essentiels de la Municipalité aient des tâches à réaliser dans des organismes communautaires, par exemple. Selon lui, les besoins de la plupart des organismes sont déjà comblés.

Dans ce contexte, il affirme aussi qu’il serait difficile pour la Municipalité de justifier aux citoyens, qui paient des taxes, que des employés soient payés avec les fonds publics à ne rien faire chez eux.

Alain Thibault rappelle aussi que les employés mis à pied ont accès au programme d’aide d’urgence du gouvernement fédéral.

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