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COVID-19 : 800 000 mises à pied dans les restaurants canadiens

Restaurant vide.

Restaurants Canada recense 800 000 pertes d’emploi en restauration, soit deux tiers de la main-d’oeuvre.

Photo : Unsplash / Andrew Seaman

La pandémie de COVID-19 est un coup dur pour l’industrie de la restauration et des services alimentaires. Restaurants Canada recense quelque 800 000 pertes d’emploi, soit deux tiers de la main-d’oeuvre.

Parmi les 655 membres sondés par l’organisme, 10 % disent avoir déjà fermé leurs portes de manière permanente et 18 % devront aussi cesser définitivement leurs activités d’ici un mois, si la crise sanitaire perdure.

Ça montre que c’est une industrie, particulièrement les restaurants familiaux indépendants, qui est très fragile.

Une citation de :David Lefebvre, vice-président aux affaires fédérales, Restaurants Canada

C’est une industrie qui fonctionne avec des marges de profit souvent très faibles à cause du grand nombre de coûts qu’il y a, entre autres, au niveau des loyers, précise-t-il.

Une affiche qui dit « plats pour emporter seulement » sur la porte d'un restaurant.

Certains restaurants offrent des mets pour emporter, mais tous ne sont pas en mesure de le faire, selon M. Lefebvre.

Photo : Radio-Canada / Camille Gris Roy

Les loyers commerciaux peuvent dépasser les 10 000 $ par mois dans certaines villes comme Toronto et Vancouver. Face à une chute de leurs revenus, bon nombre de restaurants et d’entreprises sont incapables de payer leur loyer.

C’est pourquoi un regroupement de restaurateurs #OneTable (Nouvelle fenêtre) et Restaurants Canada demandent aux gouvernements d’imposer un allègement des loyers durant la crise. Principalement pour les restaurants familiaux indépendants, c'est de loin la dépense en frais fixes la plus importante, affirme M. Lefebvre.

On travaille pour rien

Le restaurant Papa Franco’s à Kapuskasing, dans le Nord de l’Ontario, offre toujours des repas à emporter, mais les ventes ne sont pas suffisantes pour couvrir ses coûts, explique le propriétaire Pierre De Montigny.

Ce sont de grandes pertes de revenus, il n’y a pas de retour économique pour nous.

Une citation de :Pierre De Montigny, propriétaire du restaurant Papa Franco’s
Une femme et un homme devant un four à pizza.

Joanne Morin et Pierre De Montigny sont propriétaires du restaurant Papa Franco's à Kapuskasing.

Photo : Papa Franco's

Il a dû licencier ses serveuses puisqu’il n’offre plus de service aux tables depuis quelques semaines. Il tente, dans la mesure du possible, de faire travailler ses cuisiniers.

Ce qui nous garde ouverts, c’est de soutenir la communauté, affirme le propriétaire, qui qualifie Kapuskasing de ville fantôme en ce moment.

Se réinventer en période de crise

Benjamin Leblanc-Beaudoin est chef cuisinier et propriétaire du gîte Iron Kettle à Comber, dans le Sud-Ouest de la province.

Son entreprise a perdu 28 000 $ depuis sa fermeture le 13 mars dernier — des pertes qui pourraient atteindre 300 000 $ dans les prochains six mois. Le propriétaire prévoyait un été très achalandé en raison des mariages et événements ainsi que la visite de touristes durant la haute saison.

Ça frappe quand même assez fort.

Une citation de :Benjamin Leblanc-Beaudoin, propriétaire du gîte Iron Kettle

M. Leblanc-Beaudoin tente de se réinventer et de s’adapter à la nouvelle réalité, en faisant du pain frais qu’il vend les lundis et en offrant des repas pour emporter les jeudis.

Un chef avec son tablier dans une cuisine.

Benjamin Leblanc-Beaudoin est chef cuisinier et propriétaire du gîte Iron Kettle à Comber, en Ontario.

Photo : Benjamin Leblanc-Beaudoin

Restaurants Canada accueille favorablement les subventions salariales et les prêts d'urgence accordés par Ottawa aux entreprises, mais souhaite un accès plus rapide à l'argent.

Ils sont nombreux qui sont déjà au bout de leurs réserves, insiste le porte-parole David Lefebvre.

Le premier ministre ontarien, de son côté, n'écarte pas la possibilité d'une aide financière.

Doug Ford affirme qu'il en discutera avec son homologue fédéral. Un prêt de 40 000 $, c'est apprécié, mais dans certains cas, ça ne couvre que deux mois de loyer, dit-il.

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