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Des chercheurs pensent avoir trouvé une autre façon de décontaminer les masques N95

Des masques N95 sont suspendus après décontamination.

Les masques N95 sont primordiaux pour les travailleurs du domaine de la santé.

Photo : Courtoisie / Duke Health / Shawn Rocco

Alors que le personnel médical peine à se procurer des masques N95 pour se protéger du nouveau coronavirus, des chercheurs manitobains ont obtenu des résultats encourageants pour décontaminer et réutiliser jusqu'à 10 fois certains masques, à partir d'une technique d'autoclavage, qui pourrait être utilisée dans la majorité des hôpitaux.

La pandémie de COVID-19 a entraîné une pénurie de matériel médical à travers le monde. Les respirateurs N95 sont notamment touchés, car ils sont particulièrement efficaces pour contrer le virus SRAS-SoV-2 : ils filtrent l’air et bloquent des particules plus fines que les autres masques (jusqu’à 95 % de celles de plus de 0,3 micron, d’où leur nom N95).

Les médecins et le personnel médical étaient contraints de réutiliser leurs masques et autres équipements pendant des jours, ce qui est contraire aux recommandations, indique le professeur de médecine à l’Université du Manitoba qui a dirigé l’étude, également spécialiste en médecine intensive au Centre des sciences de la santé de Winnipeg, Anand Kumar.

Depuis une dizaine de jours, le médecin et son équipe de quatre chercheurs ont travaillé 18 heures par jour pour trouver des moyens de stériliser ces masques sans perte d'efficacité.

Le groupe a publié les résultats préliminaires de l’étude mercredi, qui suggèrent que certains de ces masques pourraient être stérilisés et réutilisés jusqu'à 10 fois.

L’étude a été soumise à un site médical, mais n’a toutefois pas encore été évaluée par des pairs, ni publiée dans une revue médicale.

L’autoclavage, une méthode efficace et accessible partout

Les chercheurs ont opté pour quatre méthodes différentes de stérilisation, sur quatre types de masques disponibles à Winnipeg pour leur étude. 

Parmi ces méthodes, deux ont été efficaces pour nettoyer les masques N95 sans diminuer la qualité du filtre, affirme Anand Kumar.

C'est l'autoclavage qui a surtout fait ses preuves. Cette technique de stérilisation fonctionne comme une mijoteuse sous pression, à partir de vapeur d’eau chauffée. En l’espace de 15 minutes à 121 degrés Celsius, la machine tue toutes les bactéries et les virus.

Bien que la méthode dégrade certains types de masques, selon le médecin, les respirateurs N95 plissés peuvent être mis dans la machine et en ressortir en bon état une dizaine de fois environ.

Tout le monde peut utiliser ces masques, et il se trouve que les plus communs sont les types de N95, alors nous sommes ravis, lance Anand Kumar.

[Cette découverte] est très importante parce que l’autoclavage est utilisé dans tous les hôpitaux du monde. Il n’y a presque aucun hôpital qui ne dispose pas de cette machine, ajoute le chercheur.

C’est une technologie qui est disponible partout et peut être utilisée dès maintenant!

Anand Kumar, professeur de médecine à l’Université du Manitoba, directeur de l’étude

L’utilisation de peroxyde d’hydrogène vaporisé a elle aussi été jugée efficace pour décontaminer les masques, affirme Anand Kumar, mais elle ne peut être appliquée qu'à certains endroits en Amérique du Nord.

Cette méthode avait notamment obtenu de bons résultats en Caroline du Nord, où elle est étudiée par des chercheurs de l’École de médecine de l’Université Duke, qui ont publié leur étude (Nouvelle fenêtre) la semaine dernière.

« D’autres personnes doivent poursuivre les tests »

Pour pouvoir tester les masques dans un environnement hospitalier, l’équipe d’Anand Kumar a utilisé une forme non pathogène du virus.

D’autres tests doivent désormais être menés par le Laboratoire national de microbiologie de Winnipeg, qui utilise le véritable virus SRAS-CoV-2, responsable de la COVID-19 dans ses manipulations.

De plus, les masques utilisés pour l’étude n’avaient pas été portés au préalable par du personnel médical, note le chercheur. Or, en situation de travail éprouvant, ils seraient davantage abîmés par la transpiration et sujets à l'usure.

Anand Kumar suggère d’utiliser cette méthode seulement pour décontaminer les masques qui ont été peu utilisés, par exemple ceux qui seraient jetés après quelques minutes dans la chambre d’un patient.

Avec les informations de Holly Caruk

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