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Des essais cliniques d’un médicament contre la COVID-19 auront lieu au N.-B.

Des experts ne recommandent pas l’utilisation du médicament à l’extérieur d’un cadre de recherche.

Une personne portant un masque tient une boîte de médicaments.

Une boîte de Plaquenil, un médicament qui fera l'objet d'essais cliniques au Nouveau-Brunswick.

Photo : Reuters / Stephane Mahe

Radio-Canada

Le président-directeur général du Réseau de santé Vitalité, Gilles Lanteigne, a confirmé à Radio-Canada Acadie que l’hydroxychloroquine, mieux connue sous le nom de Plaquenil, sera mise à l’essai au Nouveau-Brunswick.

Notre dossier : La COVID-19 en Atlantique

En entrevue à La matinale, M. Lanteigne a affirmé que le phosphate de chloroquine, un médicament utilisé depuis longtemps pour le traitement de la malaria, pourra être utilisé par certains patients qui ont contracté la COVID-19 au Nouveau-Brunswick.

On a mis en place un protocole d’étude et d’essais cliniques. C’est un protocole qui tient compte de l’urgence de la situation. Il faut que ce soit suffisamment rigoureux pour l’utilisation de ce médicament ne se fasse pas par tous et de façon non contrôlée, a indiqué M. Lanteigne.

Gilles Lanteigne, PDG du Réseau de santé Vitalité, en entrevue avec Karine Godin au Téléjournal Acadie au sujet des ressources pour affronter le coronavirus au Nouveau-Brunswick.

Gilles Lanteigne, PDG du Réseau de santé Vitalité,

Photo : Radio-Canada

L’étude au Nouveau-Brunswick commencera très prochainement, indique le Dr Gabriel Girouard, microbiologiste et infectiologue au Centre hospitalier universitaire Georges-L.-Dumont, à Moncton. Le temps de finaliser le travail des comités d’éthique et de régler l’opérationnalisation, précise-t-il.

Tous les patients COVID-19 qui rencontrent des critères préétablis auront la possibilité de volontairement donner leur consentement, à la fois au registre d’étude et à la prise d’un médicament approuvé par Santé Canada, mais non homologué pour la COVID-19 », explique le Dr Girouard.

Le travail est titanesque, affirme le microbiologiste. Le projet, dit-il, durera tant qu'il y aura des cas de COVID-19, ou si une meilleure option de traitement est découverte.

Gabriel Girouard lors d'une entrevue avec un journaliste.

Le Dr Gabriel Girouard est microbiologiste et infectiologue.

Photo : Radio-Canada

Le Dr Girouard rappelle que les bénéfices potentiels dépassent les risques avec le Plaquenil, selon la Food and Drug Administration (FDA), l’agence nationale de réglementation des médicaments aux États-Unis.

Plusieurs études du genre sont déjà en cours, au Canada et ailleurs. Ce qui est unique au Nouveau-Brunswick, poursuit le Dr  Girouard, c’est que, comme groupe de spécialistes, nous nous sommes mis d’accord pour traiter les patients dans la communauté d’une manière précoce, et le traitement est offert à ceux qui rencontrent certains critères, tels l’âge, la comorbidité ou [des critères] cliniques.

Résultats encourageants, mais avec des bémols

L’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux du Québec, mieux connu sous l’INESSS, reconnaît que les essais cliniques de ce médicament démontrent certains résultats encourageants contre la COVID-19, mais que ces études ont été faites sur de petites cohortes de patients.

Les données disponibles n’appuient pas un usage généralisé de la chloroquine ou de l’hydroxychloroquine chez les patients souffrant de la COVID-19, indique l’organisme dans sa plus récente mise à jour datant du 29 mars.

Une étude auprès de 24 patients a par ailleurs été réalisée en France à l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection de Marseille a démontré que les patients ayant pris le Plaquenil se sont rétablis plus rapidement que ceux qui n’ont rien pris.

Le directeur national de la santé publique au Québec, le Dr Horacio Arruda, a martelé le même message que M. Lanteigne la semaine dernière concernant la chloroquine.

La chloroquine va être donnée dans certains cas très sévères, mais elle n’est pas forcément efficace à certains niveaux de la maladie, a précisé le Dr Arruda dans une conférence de presse du 20 mars.

Notre dossier : La COVID-19 en Atlantique

Le Dr Luc Boileau, président-directeur général de l’INESSS, ne recommande d’ailleurs pas l’utilisation de ce médicament sans la supervision d’un professionnel de la santé.

Il y a des gens qui en ont même à la maison parce qu’ils auront voyagé, puis on leur a donné ça à titre de prévention pour une infection de malaria, et qui peuvent se dire : “Bon, je vais l’utiliser, et ça va me rassurer”. On ne recommande pas ça non plus, a expliqué le Dr Boileau à Radio-Canada il y a de ça deux semaines.

L’INESSS précise aussi dans sa note du 29 mars que l’usage de ce médicament en dehors d’un cadre de recherche «devrait être limité à des patients dont la situation clinique est sévère».

Avec des informations de La matinale, des journalistes Nicolas Steinbach et Bouchra Ouatik de Radio-Canada et de CBC Montréal

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