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COVID-19 : un million d'infections et 50 000 morts dans le monde

En Espagne, le nombre de décès liés au coronavirus a dépassé le seuil des 10 000, après une nouvelle journée record où 950 personnes sont mortes en 24 heures.

La silhouette d'une personne se profile devant une fenêtre par laquelle entrent les rayons du soleil.

Les rayons du soleil entrent dans l'appartement sombre d'un couple français confiné en raison du coronavirus.

Photo : Getty Images / AFP/JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

Agence France-Presse

Une propagation « quasi exponentielle » : la pandémie de COVID-19 continuait de changer jeudi la face du monde. On compte désormais près d'un million d'infections, 50 000 vies fauchées dont la majorité en Europe, et des conséquences sociales qui s'annoncent dramatiques – plus de 6 millions de nouveaux demandeurs d'emploi rien qu'aux États-Unis.

La moitié de l'humanité, plus de 3,9 milliards de personnes, est appelée à se confiner.

Si 500 000 cas ont été recensés en Europe, le continent le plus touché, les États-Unis sont en passe de devenir le nouvel épicentre, avec 215 000 cas décomptés. Faute de capacités suffisantes de dépistage, ces bilans sont très probablement bien en dessous de la réalité.

Objet d'une course effrénée entre les entreprises de biotechnologie, les tests de sérologie, qui permettront de dire notamment si quelqu'un peut retourner travailler, sont en train d'être développés et ne sont pas encore évalués, a expliqué l'Organisation mondiale de la santé.

Les tests actuels détectent une infection à la COVID-19 au moment où on les réalise, tandis que les tests de sérologie devraient, eux, déterminer après coup si un individu a été en contact avec le virus, et s'il est donc a priori immunisé.

Une fois guéris, les anciens malades racontent la peur de mourir, comme Javier Lara, 29 ans, qui s'est retrouvé en soins intensifs et sous oxygène, avant de sortir de l'hôpital le 23 mars. Aux soignants, il avait demandé : Je vais mourir? M'en remettre? Ils me disaient: "Nous ne le savons pas, ce virus est nouveau".

Les conséquences sociales, déjà, s'annoncent désastreuses. Comme aux États-Unis, où les demandes hebdomadaires d'allocations chômage ont enregistré un nouveau record, avec 6,6 millions de nouvelles demandes. Jeudi, la compagnie aérienne britannique British Airways a annoncé qu'elle plaçait 28 000 salariés, soit 60 % de ses effectifs, en chômage partiel.

L'ampleur de la crise ne dissimule pas les tragédies individuelles : la mort d'un nouveau-né dans l'État du Connecticut a ainsi particulièrement frappé les esprits, les enfants étant jusqu'ici relativement épargnés.

Selon les projections de la Maison-Blanche, la COVID-19 devrait faire entre 100 000 et 240 000 morts aux États-Unis. La pandémie a entraîné jeudi le report d'un mois (à la mi-août) de la convention du Parti démocrate, qui doit désigner son candidat à la présidentielle face à Donald Trump.

Profondément préoccupé, le secrétaire général de l'Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, n'a pu que constater la croissance quasi exponentielle du nombre de cas.

Au point qu'au Brésil, près de Sao Paulo, dans le plus grand cimetière d'Amérique latine, les fossoyeurs, dépassés par l'arrivée incessante de nouveaux cercueils, effectuent des enterrements express : de la sortie du corbillard à la pose de la couronne de fleurs sur la tombe déjà recouverte de terre, l'enterrement ne dure pas plus de six minutes.

En Iran, l'un des pays les plus touchés (3160 morts), où les autorités ont tout fait pour éviter le confinement avant de se résoudre fin mars à interdire tout déplacement entre les villes, le président du Parlement, Ali Larijani, a reçu un test positif à son tour.

Le bilan chinois remis en doute

Malgré des mesures de confinement qui concernent près d'un habitant de la planète sur deux, les bilans ne cessent de s'alourdir : plus de 13 000 morts en Italie, 10 000 en Espagne, plus de 5000 aux États-Unis.

En France, le bilan a fait un nouveau bond jeudi avec 471 nouveaux décès à l'hôpital, qui portent le total à 4503 morts, mais auxquels il faut désormais ajouter au moins 884 personnes âgées décédées en maison de retraite.

L'ampleur du drame dans ces quatre pays qui ont, chacun, dépassé le bilan officiel de décès communiqués pour la Chine continentale (3318) où l'épidémie s'était déclarée, suscitent a posteriori des soupçons sur l'authenticité des chiffres chinois.

Pékin a menti en les sous-évaluant largement, affirme un rapport confidentiel du renseignement américain, cité par plusieurs parlementaires.

Les actes et comportements de certains politiciens américains sont honteux et dénués de toute morale, a réagi Pékin.

La Chine laisse entendre que son système politique autoritaire a permis de juguler rapidement l'épidémie, mais des proches de victimes déversent leur colère sur les réseaux sociaux, accusant le régime de mensonge et d'incompétence.

En Europe, la pandémie a causé la mort de plus de 1000 personnes en Belgique, un chiffre qui a doublé en l'espace de trois jours, notamment en raison de la comptabilisation décalée des décès en maison de retraite.

Un homme âgé est sur le brancard.

Une ambulancière transporte un patient d'une ambulance vers l'hôpital Octubre, à Madrid.

Photo : Reuters / Sergio Perez

Après le SOS lancé par le commandant d'un porte-avions américain à bord duquel se propage le virus, c'est l'opération anti-djihadiste Barkhane de l'armée française, au Sahel, qui est touchée avec quatre soldats contaminés.

Mais c'est l'Espagne qui a de nouveau déploré jeudi les pertes les plus lourdes avec 950 décès en 24 heures, un nouveau record dans le pays, qui a aussi enregistré en mars plus de 300 000 nouveaux demandeurs d'emploi.

Relance économique à venir

En Italie, pays le plus endeuillé par la pandémie à ce jour, le gouvernement est sous pression pour lever les mesures de confinement et relancer une économie au ralenti.

C'est horrible d'avoir à choisir entre mettre l'économie en stand-by ou mettre en danger la vie de nombreuses personnes, observe l'expert américain Paul Romer, Prix Nobel 2018 d'Économie, cité par le quotidien Il Fatto Quotidiano.

La Commission européenne a proposé jeudi de créer un instrument pour garantir jusqu'à 100 milliards d'euros les plans nationaux de soutien à l'emploi.

Après avoir plongé à l'annonce des chiffres du chômage américain, les bourses européennes ont repris des couleurs à la clôture, grâce à la flambée des cours du pétrole après un tweet de Donald Trump qui a dopé Wall Street.

En ces temps exceptionnels de quarantaine, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen s'est dite particulièrement préoccupée par la situation en Hongrie après l'adoption de mesures spéciales controversées, prévoyant un état d'urgence d'une durée indéterminée. Budapest a répliqué quelques heures plus tard en dénonçant une chasse aux sorcières et une campagne de dénigrement à son encontre.

En Russie, le président Vladimir Poutine a prolongé jusqu'à la fin du mois le principe de jours chômés imposé depuis une semaine, laissant aux autorités régionales la responsabilité de fixer les termes du confinement, notamment à Moscou, principal foyer dans le pays.

Faute de vaccin ou de traitement, le confinement reste le moyen de lutte le plus efficace contre la propagation du virus.

Un vrai défi dans les pays pauvres, comme le Rwanda. Désormais dans la misère la plus totale, Regine Murengerantwari, veuve, ne peut offrir qu'un bol de porridge par jour à ses quatre enfants, d'ordinaire nourris à l'école à Kigali. Parfois il ne reste rien pour elle, confie-t-elle.

Au Nigeria, l'arrivée d'un camion d'aide alimentaire a viré aux insultes : pour tenir deux semaines dans un quartier pauvre et surpeuplé d'un quartier de Lagos, seuls 50 sacs ont été prévus.

Menteurs! Voleurs!, hurlaient des femmes, tandis que des centaines de gens se mettaient à secouer violemment les grilles du bâtiment où les sacs étaient stockés. Ils vont nous laisser crever de faim, s'est emporté Abiola Okudukun.



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