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Saisie d’alcool dans une synagogue de Montréal

Le lieu de culte est en temps normal fréquenté par la communauté juive hassidique, durement touchée par la pandémie.

Des caisses de vin empilées les unes sur les autres.

Ces caisses de vin ont été saisies à l’arrière d’une synagogue de Montréal.

Photo : Radio-Canada

Alors que tous les lieux de culte du Québec sont fermés pour freiner la propagation de la COVID-19, une synagogue de Montréal a reçu une importante livraison de vin. La cargaison a été saisie par les policiers, qui croient que l’alcool était destiné à la contrebande, a appris Radio-Canada.

Le 26 mars dernier, huit palettes contenant des centaines de caisses de vin provenant de l’Ontario étaient déchargées à l’arrière de la synagogue Satmar, située sur la rue Hutchison dans l’arrondissement d’Outremont.

Des agents du Service de police de la Ville de Montréal sont intervenus pour inspecter la marchandise, dont une partie avait été stockée au sous-sol du bâtiment. Le vin, qui aurait été importé illégalement, a finalement été saisi.

Ils sont en train d’ouvrir une SAQ, a dit un policier à un témoin de la scène, qui a pris des photos de l’opération policière.

Des policiers observent des caisses de vin dans une ruelle.

Opération policière à l’arrière d’une synagogue d’Outremont, le 26 mars 2020

Photo : Radio-Canada

Au Québec, pour importer de grande quantité de vin, que ce soit de l’étranger ou d’une autre province, il faut obligatoirement passer par la Société des alcools du Québec (SAQ).

Les policiers analysent actuellement le dossier, qui pourrait déboucher sur des accusations pénales pour contrebande d’alcool.

Lieux de culte fermés

La semaine précédant l’opération policière, le gouvernement du Québec ordonnait pourtant la fermeture de tous les lieux de culte.

Pour la première fois de leur histoire, les autorités religieuses des communautés juives orthodoxes du Québec ont décidé, de façon exceptionnelle, de fermer leurs synagogues, indiquait la Communauté juive hassidique du Québec dans un communiqué, une mesure nécessaire afin d'assurer le bien-être de tous.

La communauté Satmar, responsable du lieu de culte visé par la perquisition, fait partie de la grande famille juive hassidique.

L’un des leaders de la communauté a refusé de commenter la saisie d’alcool par les autorités. Je m’en fous. Cela n’est pas important pour moi en ce moment, dit Max Lieberman, qui dirige aussi le comité d’action des hassidims contre la pandémie de COVID-19. Il affirme se concentrer sur la crise sanitaire afin de sauver des vies.

La synagogue est bel et bien fermée, précise Alain Picard, un porte-parole de la communauté. Aucune synagogue juive orthodoxe n’est ouverte pour permettre à des gens d’aller prier. Maintenant, ça n’empêche pas qu’il y ait à l’intérieur des gens qui puissent faire le ménage, régler un problème électrique ou recevoir des livraisons, dit-il.

En ce qui concerne la saisie, il ajoute que les leaders de la communauté n’ont présentement pas le temps de répondre à ce type de problématique complexe qui implique des problèmes d’ordres légaux.

Une communauté particulièrement touchée

Le premier Montréalais à succomber à la COVID-19 est un homme de 67 ans qui fréquentait la synagogue Satmar

Nous sommes en état de choc. Nous avons un mort, nous n’en voulons pas un de plus!, avait alors dit Max Lieberman.

La communauté hassidique d’Outremont, qui compte plus de 2000 familles, est sur le qui-vive face à la pandémie. Au cours du mois de mars, nombre d’entre eux se sont rendus dans la région de New York pour célébrer la fête de Pourim.

L’État américain est aujourd’hui considéré comme l’un des foyers les plus importants de COVID-19 au monde.

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