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Qui doit payer les travailleurs étrangers temporaires pendant leur quarantaine?

Des travailleurs sont à l'œuvre dans un champ de fraises.

L’industrie agricole québécoise repose en grande partie sur la main-d’oeuvre étrangère.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Les producteurs maraîchers demandent aux gouvernements de partager avec eux les risques financiers qu’implique la production de fruits et de légumes à l’ère de la COVID-19.

Les agriculteurs souhaitent notamment recevoir de l’aide pour payer les salaires des travailleurs étrangers temporaires pendant leur quarantaine. Le gouvernement fédéral leur a récemment annoncé qu’ils devront rémunérer ces travailleurs pendant leur période d’isolement sans pouvoir avoir recours à leurs services.

Dans une lettre s’adressant aux ministres de l’Agriculture provincial et fédéral, ils prient les autorités de partager avec eux le risque financier afin qu’ils puissent continuer de nourrir la population.

Les producteurs doivent décider aujourd’hui ce qu’ils vont semer, explique le directeur général de l’Association des producteurs maraîchers du Québec, Jocelyn Saint-Denis.

Pas de fraises ni d'asperges?

S’ils n’ont pas la confirmation qu’ils auront un coup de pouce des gouvernements, certains vont décider de réduire voire d’annuler la production de certains fruits et légumes, comme les fraises et les asperges.

L’industrie agricole québécoise repose en grande partie sur la main-d’oeuvre étrangère, et en ce moment la venue de ces travailleurs est encore incertaine. Pourtant, les travaux aux champs vont commencer d’ici quelques semaines.

S’il n’y a pas de travailleurs étrangers pour venir faire le plantage, le désherbage, le contrôle de la culture et la récolte, un producteur n’investira pas la somme nécessaire pour mettre ces produits-là en terre et les partir, explique M. Saint-Denis.

Donnez-nous un signal clair que vous allez être derrière nous parce que les hommes et les femmes d’affaires que sont les producteurs agricoles doivent prendre des décisions.

Jocelyn Saint-Denis, directeur général de l'Association des producteurs maraîchers du Québec

Explosions des coûts de la main-d’oeuvre

Récoltes de patates, concombres, tomates, poivrons, oignons, melons et laitue sur une table.

Ô Jardin de M.Plante produit une vingtaine de variétés de légumes bios dans Lotbinière.

Photo : courtoisie : Ô Jardin de M. Plante

Jean-Michel Plante, propriétaire Ô Jardin de M. Plante, attend avec impatience l’arrivée de six travailleurs mexicains qui l’aideront à démarrer la saison.

Il estime à 18 000 $ l’argent qu’il devra débourser pour les salaires des employés en quarantaine. Sans compter qu’il devra trouver d’autres travailleurs pour accomplir les tâches pendant ces 14 jours.

Ce que je sais pour l’instant, c’est que ça va me coûter vraiment plus cher d’employés parce qu’il va y avoir plein de mesures en place, mais je n’ai rien entendu des gouvernements disant : ”arrêtez d’avoir peur, ça va nous prendre des légumes”, dit-il.

Jean-Michel Plante

Jean-Michel Plante

Photo : courtoisie

La COVID-19 dans la grande région de Québec

Persévérance

M. Plante a failli abandonner sa production cette année en raison des problèmes de main-d’oeuvre provoqués par la COVID-19, mais il a décidé de persévérer.

Le maraîcher espère maintenant un engagement ferme des gouvernements, tout comme l’Association des producteurs maraîchers du Québec qui représente plus 70 % des producteurs.

Dites : "on est derrière vous, on a besoin de vous autres pour nourrir la population, faites vos semis comme d’habitude puis si vous avez des pertes financières reliées au COVID-19 et au manque de main-d’oeuvre on est derrière vous et on va vous couvrir", conclut Jocelyn Saint-Denis.

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