•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des travailleurs d’un chantier de Bathurst sont inquiets

Ils disent constater des lacunes flagrantes et s’inquiètent pour leur santé et leur sécurité au travail.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Des bâtiments pour les ouvriers sur le côté de l'hôpital.

Le chantier à l'Hôpital régional de Bathurst.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Des travailleurs du chantier de construction à l'Hôpital régional de Bathurst, au Nouveau-Brunswick, s'inquiètent pour leur santé et leur sécurité au travail. Plusieurs affirment que l'employeur ne respecte pas les consignes afin de les protéger contre le coronavirus.

Ces travailleurs disent constater des lacunes flagrantes.

Notre dossier : La COVID-19 en Atlantique

En dedans de la bâtisse, on est supposé d'avoir des affaires pour laver les mains sur chaque plancher. Il n’y a pas ça, dit un travailleur, Franco Huard. Les bouteilles de désinfectant sont peu nombreuses pour le nombre d’étages, relate l’un de ses confrères de travail, Albert Godin.

Selon les ouvriers à Bathurst, il est impossible de garder en tout temps deux mètres de distance entre chaque travailleur.

L'hôpital sous la neige.

L'Hôpital régional de Bathurst, au Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada

Dans les corridors, raconte M. Huard. On travaille tous ensemble sur les mêmes planchers. Il y a une pile de monde qui est là, puis on n'a pas le choix de se dépasser de un à l'autre. On est toujours proches, on n'a pas le choix.

En Atlantique, les autorités de santé publique exigent que des mesures strictes d'hygiène et d’éloignement physique soient respectées sur les lieux de travail pour empêcher la propagation du coronavirus.

Les directives gouvernementales varient cependant selon les gouvernements. L’Île-du-Prince-Édouard a décidé de mettre fin à toute nouvelle construction. Au Nouveau-Brunswick, l’industrie de la construction est considérée comme un secteur d’activité essentiel.

Groupe de travailleurs dehors sous la neige.

Le groupe de travailleurs qui sonne l’alerte sur cette situation craint des représailles.

Photo : Radio-Canada

Le charpentier Albert Godin affirme par ailleurs que le groupe doit côtoyer des superviseurs de la Nouvelle-Écosse, alors que le Nouveau-Brunswick contrôle depuis la semaine dernière les passages aux frontières interprovinciales.

Ce qui me dérange le plus, c'est que les trois gros boss, ça vient de [Nouvelle-Écosse] puis ils rentrent ici les lundis, puis ils n’ont pas besoin d'être en quarantaine, rien. Ils sont sur le site tout de suite. Les trois étaient dans la bâtisse à matin, dit-il.

Ces travailleurs estiment que les travaux devraient être suspendus pour des raisons de santé publique et de sécurité au travail. Selon Albert Godin, le sous-traitant affirme ne pas avoir le droit de prendre cette décision.

Un homme sous la neige devant l'hôpital.

Albert Godin.

Photo : Radio-Canada

Le contracteur, il nous dit qu’il espère que le gouvernement l'appelle pour dire de fermer le chantier. Lui, il dit qu'il n’a pas le droit de le fermer, soutient M. Godin.

Maintenant qu'ils ont dénoncé la situation, le groupe de travailleurs qui sonne l’alerte sur cette situation craint des représailles. On est peut-être bien en train de perdre nos jobs, laisse tomber l’un d’entre eux.

Un homme dehors sous la neige avec un casque de construction rouge.

Franco Huard.

Photo : Radio-Canada

Ces travailleurs craignent pour leur santé, pour celles de leurs collègues et, surtout, pour celles des membres de leur famille.

Moi, j’ai très peur de rentrer [au travail], de pogner de quoi ici, d’arriver chez nous et de donner ça à mes enfants, dit Franco Huard.

Enseigne de l'entreprise Pomerleau sur un chantier.

Le chantier à l'Hôpital régional de Bathurst, au Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada

Pomerleau, un entrepreneur en bâtiment du Québec, responsable de ce chantier, n'a pas répondu à la demande d’entrevue de Radio-Canada.

D’après le reportage de François Vigneault et avec des renseignements de Mathieu Massé

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !