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Une autre chirurgie pour un cas de cancer reportée à Chicoutimi

L'urgence de l'hôpital de Chicoutimi.

L'entrée de l'urgence de l'hôpital de Chicoutimi.

Photo : Radio-Canada / Lynda Paradis

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

France Gilbert est omnipraticienne à Jonquière. Atteinte du syndrome de Lambert-Eaton, on lui a diagnostiqué un nodule pulmonaire à la mi-février. Le type de cancer dont elle est atteinte est très agressif et il nécessite une opération d'urgence, sans quoi le pronostic est très mauvais, de l’ordre de quelques semaines.

Cette chirurgie devait avoir lieu mercredi matin. Or, Mme Gilbert a appris la veille que l’opération était reportée. J'ai réagi avec beaucoup d'anxiété. J’étais abasourdie, indique-t-elle. Moi, j'étais prête à me coucher pour mon dodo avant ma chirurgie et puis à me préparer pour une nouvelle étape de guérison.

MISE À JOUR - France Gilbert a reçu un appel du Centre intégré universitaire de la santé et des services sociaux (CIUSSS) jeudi après une nouvelle analyse de la liste des chirurgies reportées. Son intervention chirurgicale aura finalement lieu vendredi matin.

La maladie a été découverte très tôt, alors que le cancer pulmonaire dont Mme Gilbert est atteinte est souvent silencieux jusqu’à ce qu’il soit trop tard pour le traiter. Le report de sa chirurgie compromet ses chances de survie.

« Le temps joue en ma défaveur actuellement [...] De dire ça, un pronostic de quelques semaines, ça me fait trembler par en dedans. »

— Une citation de  France Gilbert

La médecin affirme que c'est un manque d'équipement médical associé à la pandémie de coronavirus qui serait à l'origine de cette décision. Les salles sont disponibles, mais apparemment que les équipements ont été redirigés pour pouvoir aider d'autres centres qui en manquaient, précise-t-elle.

France Gilbert.

France Gilbert est atteinte d'un cancer pulmonaire très agressif.

Photo : Radio-Canada

Comme elle doit subir une chirurgie au poumon, elle aurait évidemment souhaité que tout soit fait avant qu’une vague de patients atteints de la COVID-19 déferle à l’hôpital de Chicoutimi. Pour le moment, il n'y a encore aucune hospitalisation liée au coronavirus au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Contexte décisionnel

À l’hôpital de Chicoutimi, le chirurgien thoracique Julien Hubert explique que tous les chirurgiens ont reçu la demande de revoir leur liste de patients. Chaque cas est évalué en fonction de sa gravité et de son niveau d’urgence.

Le Dr Hubert comprend l’angoisse que vivent des patients en attente de chirurgies importantes. Il indique que les médecins, qui sont programmés pour sauver des vies, jonglent avec une réalité sans précédent dans des circonstances exceptionnelles.

Si j'avais une baguette magique pour tout faire arrêter et qu'on reprenne notre vie normale, je peux vous dire que ça fait longtemps que je l'aurais utilisée. La seule chose que je peux vous dire c'est que je suis extrêmement empathique envers les patients puis je pense qu'il n'y a pas un médecin ici, dans la province, qui n'est pas empathique envers ses patients, assure Julien Hubert.

En point de presse mercredi, la ministre de la Santé, Danielle McCann, a réitéré la ligne directrice pour les chirurgies oncologiques.

« Il faut que ces traitements soient donnés et que ces chirurgies soient faites quand elles sont prioritaires et qu'il peut y avoir un impact sur la santé de la personne. »

— Une citation de  Danielle McCann, ministre de la Santé
La ministre McCann s'adresse aux médias.

La ministre de la Santé Danielle McCann estime que l'équivalent d'un an d'équipement médical a été utilisé en seulement quatre semaines.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Plainte au CIUSSS

France Gilbert a déposé une plainte au CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean afin que son opération ait lieu le plus rapidement possible.

Elle craint de devenir une victime collatérale de la COVID-19.

Quand on dit qu'il n'y a pas de choses urgentes qui sont mises de côté, moi, je pense que je suis une preuve encore vivante, puis qui désire beaucoup le rester, que ce n’est peut-être pas le cas, conclut-elle.

D’après le reportage de Jean-François Coulombe

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