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  • Archives
  • Téléphonistes : celles qui veillaient à la bonne marche des communications

    Montage d’archives montrant le travail des téléphonistes de différentes entreprises devant des standards téléphoniques.(1930 à 1976)

    Radio-Canada

    Opératrices, téléphonistes, standardistes ou demoiselles du téléphone, ces travailleuses ont longtemps été essentielles aux communications téléphoniques. À travers nos archives, voyez de quelle façon leur métier s’est transformé.

    Notre montage d’archives, qui va des années 1930 à l’année 1976, présente des téléphonistes et des opératrices dans différentes compagnies.

    L’opératrice du standard téléphonique devait avoir une belle personnalité. L’amabilité, la courtoisie et l’efficacité étaient les principales qualités recherchées par les employeurs. La téléphoniste devait maîtriser rapidement tout un système de clés et de fiches. Les communications devaient être établies sans délai et sans erreur.

    Le métier de téléphoniste a d'abord été l'apanage du sexe masculin. Au départ, l'emploi requérait la capacité de réparer le matériel électrique et s'apparentait au travail du télégraphiste.

    En 1929, le Canada compte 2400 compagnies de téléphone indépendantes. À partir de 1941, leur nombre commence à décroître. Bell Canada détiendra rapidement le monopole.

    Entre 1945 et 1980, les effectifs de Bell Canada passent d'environ 15 000 à plus de 50 000 employés.

    Innovation dans les appels outremer

    En janvier 1973, le Téléjournal présente un reportage de Gérard-Marie Boivin sur les innovations en matière de téléphonie.

    Téléjournal, 1er janvier 1973

    On y apprend qu’au courant des années 1950, les téléphonistes canadiennes traitaient en moyenne 7000 appels interurbains par an. À cette époque, il fallait réserver deux semaines à l’avance pour pouvoir joindre une personne résidant en France, en Allemagne ou en Angleterre.

    En 1963, un central interurbain de Bell Canada peut effectuer entre 45 000 et 50 000 appels interurbains par jour.

    En 1973, année du reportage, les principaux centres internationaux pour les appels interurbains sont situés à Vancouver et à Montréal. De l’un ou l’autre de ces bureaux, on peut acheminer un appel outre-mer à moins d’une heure d’avis.

    La téléphoniste peut alors se passer de la standardiste locale, ce qui réduit le temps pour l’acheminement de l’appel.

    Voir le métier se transformer

    Le 19 octobre 1983, à l’émission Le temps de vivre, l’animateur Pierre Paquette s’entretient avec Cécile Bruneau qui a exercé le métier de téléphoniste durant 38 ans.

    Le temps de vivre, 19 octobre 1983

    Cécile Bruneau commence à pratiquer son métier en 1945. À cette époque, les gens ne composent pas encore eux-mêmes le numéro de téléphone. Un bouton clignote sur le standard, la téléphoniste répond et redirige l’appel tout en portant grand soin de calculer le temps qui était ensuite facturé au client.

    Dans les années 1950, une station centrale formée d'immenses ordinateurs électromécaniques relègue aux oubliettes la commutation manuelle des centraux téléphoniques. Le changement permet d'accroître la rentabilité des services interurbains. Mais, après quelques années, l'informatique fera évoluer la technologie électronique.

    Les appareils de téléphonie ont subi de grandes modifications. C’est le cas notamment du casque d’écoute, qui s’est grandement allégé au fil du temps.

    En enfilant son premier appareil, Cécile Bruneau se souvient de sa lourdeur et du micro qui lui donnait chaud l’été, alors qu’elle travaillait sans climatisation.

    La venue de la reconnaissance vocale

    Pour le service en français, dites français.

    Montréal ce soir, 10 août 1995

    Au Montréal ce soir du 10 août 1995, l’animateur Pierre Craig annonce un autre changement dans l’histoire de la téléphonie. Nous entrons dans l’ère de la reconnaissance vocale.

    Dorénavant, à chaque fois que vous composerez le 411, c’est un robot qui vous répondra en premier lieu.

    Pierre Craig

    Le journaliste Daniel Carrière mène son enquête sur les changements apportés à l’assistance-annuaire, le service 411.

    Peu de gens se montrent enthousiastes devant cette nouvelle façon de faire, à commencer par les téléphonistes elles-mêmes.

    Il n’y a plus grand place pour nous. Tu parles à l’abonné juste s’il y a des problèmes. Donc on va avoir tous les problèmes.

    Francine Charron, v.-p. du syndicat des téléphonistes

    Les usagers montrent aussi du mécontentement face à cette nouvelle façon de faire.

    Je ne crois pas que ce soit un progrès. Si on est rendu que c’est juste une machine qui nous parle, ce n’est plus intéressant. Avant on avait un bon service, là on n'a plus un bon service.

    Usager du service 411

    Lors du reportage en 1995, la représentante de Bell Canada affirmait que le service robotisé n’entraînerait pas de pertes d’emplois pour les téléphonistes.

    Deux ans plus tard, en 1997, le service 411 d'assistance annuaire locale et internationale affichait un déficit de 30 millions.

    Le 11 janvier 1999, c’est la consternation chez les 2400 téléphonistes de Bell Canada. La compagnie offre son personnel à la filiale américaine Excell Global Services.

    1000 réussiront à sauver leur emploi, un nombre qui ne cessera de diminuer par la suite en raison du déploiement d’Internet et de la téléphonie cellulaire.

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