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Mort d'un bébé : la liste d'attente de la DPJ avait quadruplé

Un véhicule de la Sûreté du Québec sur la route.

La section des crimes majeurs de la Sûreté du Québec a ouvert une enquête.

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Le nombre de dossiers en attente à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) de Lanaudière a plus que quadruplé dans les six derniers mois. Radio-Canada a appris que les cas en attente d’évaluation sont passés de 83 à 347 entre les semaines du 15 septembre et du 15 mars.

C’est dans cette région qu’un enfant de deux ans est décédé pendant une intervention de la DPJ à Joliette, jeudi dernier. Seules la DPJ de Laval et de celle l’Outaouais ont connu une progression plus rapide de leurs dossiers en attente durant cette période. Selon nos sources, la liste d’attente aurait récemment atteint des pointes de 400 dossiers dans Lanaudière, une accumulation sans précédent.

On n’a jamais vu ça, autant de cas en attente dans Lanaudière, atteste Kevin Newbury, président de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS). Nos intervenants nous disent qu’ils ont peur d’en échapper un parce qu’ils ont beaucoup trop de cas à leur charge, indique-t-il.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Lanaudière affirme maximiser les efforts pour réduire la liste d’attente. Huit employés normalement affectés à d’autres secteurs du CISSS ont été redirigés vers la DPJ à cette fin.

Deux signalements

C’est le 10 janvier que la DPJ a reçu le premier signalement à propos de la famille de quatre enfants. Il aura fallu un second signal d’alarme, le 10 mars, pour que les travailleurs sociaux sonnent enfin à la porte du domicile familial jeudi dernier. Ce signalement visait l’aîné de la famille, âgé de six ans. Il avait reçu la cote 3, le niveau de priorité le plus faible, et aurait dû être évalué après une période maximale de 10 à 12 jours.

Peut-être que le deuxième signalement a joué un rôle, qu’il y a eu un effet cumulatif, admet Steve Garceau, de l’APTS. Mais on ne devrait pas avoir à se rendre là, à attendre si longtemps, on devrait arriver à répondre à un code 3 en trois ou quatre jours.

Le 26 mars, les intervenants ont découvert un logement mal entretenu et insalubre, et des enfants couverts de pustules. Certains souffraient d’impétigo, une infection bactérienne, et de pédiculose, c’est-à-dire qu’ils avaient des poux.

Les intervenants ont brièvement quitté le domicile, le temps d’organiser le retrait et de trouver des familles d’accueil. À leur retour une heure plus tard, l’enfant de deux ans était en détresse respiratoire et les ambulanciers tentaient de le ranimer. Son décès a été constaté à l’hôpital. Selon un document interne du CISSS, c’est probablement un arrêt respiratoire infectieux qui expliquerait la mort du bébé.

Une autopsie sera toutefois nécessaire pour en déterminer la cause exacte. L’enfant avait été vu par un médecin dans les jours précédents et une pharmacienne lui avait donné des antibiotiques.

L’escouade des crimes majeurs de la Sûreté du Québec a ouvert une enquête et la Commission des droits de la personne a fait la même chose. La Commission va tenter de déterminer si les droits de l’enfant ont été lésés. La famille est d’origine atikamekw et les trois enfants survivants ont été placés dans deux familles d’une réserve du nord de Lanaudière.

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