•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une prolongation des visas des étudiants et des travailleurs temporaires réclamée

« Nous appelons ainsi le gouvernement fédéral à agir rapidement, avec humanisme et compassion », clame un regroupement d’avocats.

La signalisation des douanes et des bureaux de l’immigration à l’Aéroport Pierre-Elliott Trudeau.

Des avocats réclament une prolongation de trois mois des visas des étudiants étrangers et des travailleurs temporaires, qui doivent expirer dans les prochaines semaines.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Confiné chez lui, à Montréal, Clément Sageste assure vivre « une grande inquiétude ». Âgé de 38 ans, ce Français, originaire de Reims, vit à Montréal depuis plusieurs années.

C’est chez moi, affirme-t-il au téléphone. L’avenir, pourtant, lui semble très flou.

À la fin du mois, son permis d'études se termine. Inscrit depuis près de deux ans à une formation professionnelle de photos et de vidéos, ce trentenaire devait initialement terminer dans les prochains jours son parcours avec un stage et une exposition. Tout a été annulé en raison de la propagation du coronavirus.

Impossible donc, pour le moment, d’obtenir un autre statut ou encore de postuler au Programme de l’expérience québécoise (PEQ), comme il l’avait prévu, pour obtenir à terme son visa de résident permanent et poursuivre, ainsi, sa vie au Canada.

Je me retrouve complètement bloqué et on n’arrive à avoir aucune info du gouvernement, regrette-t-il.

Je comprends l’urgence sanitaire, mais on aimerait avoir des réponses. Je suis très inquiet, j’aimerais savoir ce que je vais devenir.

Clément Sageste, un étudiant français vivant à Montréal

Une prolongation de trois mois espérée

Cette situation serait loin d’être unique à travers le pays, souligne le président de l’Association québécoise des avocats en droit de l’immigration (AQAADI), Guillaume Cliche-Rivard.

Selon ce dernier, il pourrait y avoir potentiellement des dizaines de milliers d’étudiants étrangers et travailleurs temporaires menacés par la fin, imminente, d’un visa.

En France, le gouvernement a récemment décidé de prolonger de six mois la validité de certains titres de séjour d’étrangers en situation régulière. Une mesure similaire, d’au moins trois mois, doit être mise en place au Canada, avance ce regroupement d’avocats, qui a adressé une lettre ouverte à l’équipe de Justin Trudeau.

On pourrait prolonger automatiquement tous les visas qui doivent expirer d'ici juin ou juillet, détaille Guillaume Cliche-Rivard.

Ce serait non seulement humain, mais aussi utile de prolonger ces statuts. Ces personnes vivent beaucoup d’anxiété.

Guillaume Cliche-Rivard, président de l’AQAADI

Nos étudiants et travailleurs étrangers sont établis ici, souvent avec des enfants, ils ont les mêmes obligations et engagements que l’ensemble des citoyens canadiens et éprouvent les mêmes difficultés et détresses que nous tous en ces temps difficiles, peut-on lire dans cette correspondance qu'a pu consulter Radio-Canada.

Cette prolongation serait un moindre mal et permettrait de ne pas ajouter un fardeau supplémentaire sur ces étudiants et travailleurs temporaires. Nous aurons grandement besoin d’eux une fois la situation stabilisée, ajoutent ces avocats.

Le gouvernement Trudeau privilégie d’autres options

Pour le moment, le gouvernement Trudeau ne semble pas vouloir répondre positivement à cette demande. Le ministère de l’Immigration privilégie plutôt un statut implicite pour ces personnes.

Les résidents temporaires qui sont actuellement au Canada peuvent demander de prolonger leur statut en ligne s’ils ont besoin de le faire, indique Nancy Caron, porte-parole d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada.

Un résident temporaire qui a demandé la prolongation de son statut est autorisé à demeurer au Canada jusqu’à ce qu’une décision soit prise sur sa nouvelle demande, même si son statut initial expire pendant qu’il attend cette décision.

Nancy Caron, porte-parole d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada

Cette option ne ravit pas l’AQAADI. Ce n’est pas une solution, confie Guillaume Cliche-Rivard, qui préfère une régularisation.

Faire cette demande de prolongation implique également des frais supplémentaires et différents documents à fournir, ce qui n’est pas évident en ce moment, rappelle-t-il.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Politique fédérale

Politique