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L’accès à l’aide médicale à mourir pourrait être plus difficile en raison de la COVID-19

Un médecin touchant le bras d'un patient sur un lit d'hôpital, en signe de réconfort.

Selon la présidente-directrice générale de l’organisation Dying With Dignity Canada, Helen Long, plusieurs hôpitaux au pays ont annulé des soins prévus pour l’aide médicale à mourir en raison de la situation entourant la COVID-19.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Des résidents de Saskatoon s’inquiètent des répercussions de la COVID-19 sur l’accès à l’aide médicale à mourir (AMM) et aimeraient que l’Hôpital Saint-Paul puisse offrir le service au lieu de transférer les patients vers d’autres hôpitaux de la ville.

Dans une entrevue depuis son lit de l’Hôpital Saint-Paul lundi, Valérie Scrivener ne pensait pas pouvoir obtenir l’AMM en raison de la politique de l’établissement et des consignes de l’Autorité de la santé de la Saskatchewan (SHA) à cet effet.

Quelques heures plus tard, après un long combat contre la maladie, la femme de 74 ans s’est éteinte après avoir reçu l’AMM.

Pour que son souhait soit exaucé, elle a toutefois été transférée dans un autre hôpital, puisque l’Hôpital Saint-Paul s’oppose à l’idée de fournir ce service médical pour des motifs religieux.

Habituellement, les patients sont transférés vers l’Hôpital royal universitaire ou vers l’Hôpital de Saskatoon. Les patients peuvent aussi recevoir le service à leur domicile s’ils ne sont pas trop malades.

Peu de temps avant sa mort, Valérie Scrivener a été informée qu’il serait peut-être impossible d’obtenir le service à l’Hôpital royal universitaire. En raison de la pandémie, l’établissement pouvait refuser son transfert.

En raison de la situation actuelle entourant la COVID-19, les prestataires de soins de santé ont confirmé que le processus existant au sujet de l’AMM se poursuivra afin d’assurer la sécurité de tous les patients et du personnel dans tous nos établissements, a déclaré dans un communiqué un porte-parole de la SHA.

Le système de santé continue de se préparer et de réagir à la COVID-19. Toute décision ou modification future des politiques sur l’aide médicale à mourir sera prise au cas par cas, précise l’organisation provinciale.

Une solution temporaire souhaitée

L’une des proches de Valérie Scrivener, Erinn Timpson dit comprendre et accepter la politique de l’Hôpital Saint-Paul sur l’AMM. Elle croit toutefois que le processus de transfert des patients vers un autre établissement devrait être suspendu temporairement pour permettre aux gens qui souffrent de pouvoir accéder à l’AMM.

Ce serait vraiment bien que l’Hôpital Saint-Paul puisse désigner une chambre à la SHA pour que la procédure puisse être effectuée sans qu'une personne très malade doive être transportée vers un autre endroit, soutient-elle.

Erinn Timpson assure toutefois que, à part la procédure de transfert de son amie vers un autre établissement qui a engendré une certaine inquiétude, la famille et les amis de cette dernière sont très satisfaits des soins qui lui ont été administrés à l’Hôpital Saint-Paul.

Une voiture s'apprête à laisser un passager près de la porte d'un hôpital.

L'Hôpital Saint-Paul de Saskatoon refuse de fournir l'aide médicale à mourir aux patients, qui doivent donc être transférés dans un autre établissement pour avoir le service.

Photo : Chanss Lagaden

La Dre Lilian Thorpe, qui fait partie des quelques médecins qui offrent les services d’AMM à Saskatoon, s'inquiète du fait que l’Hôpital royal universitaire songeait à ne pas accueillir un patient pour lui fournir ce type de soins en raison des préoccupations liées aux risques des transferts en ces temps de pandémie.

Selon elle, il peut être très difficile pour de nombreux patients d’être transportés vers un autre endroit pour obtenir l’AMM et c'est une bonne idée de fournir une chambre spécifique pour que la procédure soit réalisée à l’Hôpital Saint-Paul.

J’ai toujours espéré que nous pourrions en arriver à un compromis parce que cet établissement se soucie vraiment de ses patients, ajoute la Dre Thorpe.

Inquiétudes partout au Canada

La présidente-directrice générale de l’organisation Dying With Dignity Canada, Helen Long, estime que la situation vécue par Valérie Scrivener et ses proches aurait pu être évitée.

Elle sait que plusieurs hôpitaux au pays ont annulé des soins prévus pour l’AMM en raison de la situation provoquée par la COVID-19 et son organisation entend régulièrement les inquiétudes de patients à ce sujet.

Un établissement de santé financé par des fonds publics [comme l’Hôpital Saint-Paul] ne devrait pas refuser de fournir [l’aide médicale à mourir]. S’il fournit le service, le transfert de patients n’est plus nécessaire, dit Helen Long, qui invite toute autre personne qui aurait des difficultés à accéder à l’AMM de contacter son organisation par écrit.

Avec les informations d’Alicia Bridges

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Saskatchewan

Aide médicale à mourir