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Comment le coronavirus a-t-il changé le quotidien des professionnels de la santé?

L'Hôpital de Moncton

Il n'y a pas encore de vaccin ou de traitement pour guérir la COVID-19. (Archive).

Photo : Radio-Canada

En ligne de front contre la crise, trois travailleurs essentiels de la santé témoignent des difficultés causées par la pandémie. L’évolution rapide du virus a des conséquences sur leur réalités professionnelles.

Ç'a complètement changé la façon que l’on pratique la médecine, confirme Giselle Dugas, médecin de famille dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse. Cette dernière indique que sa clinique est presque vide tous les jours et que 75 % des rendez-vous sont faits à distance. On fait autant de rendez-vous par téléphone que possible afin d’éviter que les patients aient à se déplacer au bureau. Seulement les cas avec un besoin d’examen physique.

Dans les hôpitaux, le taux de fréquentation a aussi diminué. Les gens craignent de se rendre à l’urgence, croit Vanessa Courty, infirmière aux urgences de l’Hôpital régional d’Edmundston. Les patients qui viennent pour autre chose que des états grippaux, juste le fait qu’ils soient au département d’urgence, ça leur fait de l’anxiété. On doit les rassurer. Il y a beaucoup de one on one, beaucoup d’éducation, raconte-t-elle.

Pour sa part, Yanick Mongeau est ambulancier et président régional du Nord du Syndicat des travailleurs paramédicaux du Nouveau-Brunswick. Il doit constamment être en contact physique avec les individus nécessitant des soins. Il note aussi une diminution du nombre de demandes de soins chez les citoyens. Il y a plus de discernement, les gens appellent moins pour les choses qu’en temps normal ils auraient appelé, dit-il.

Notre dossier : La COVID-19 en Atlantique

L'équipement de protection crée des inquiétudes

Le représentant syndical ne se dit pas satisfait du choix de l'équipement de protection fourni aux travailleurs lors des interventions à domicile. Ces derniers ont pour le moment des gants, des lunettes et une jaquette, dit-il. On est sur la ligne de front... On trouve que c’est pas mal léger comme approche. Étant donné ce qu’on voit ailleurs, leur équipement semble plus beaucoup adéquat si l’on veut retourner à la maison avec la tête tranquille.

Les consignes vestimentaires évoluent continuellement au sein des hôpitaux. Les recommandations changent tellement vite chaque jour,. Si une journée il faut s’habiller d’une certaine façon, le lendemain, finalement, ce n’est plus cet équipement-là qu’on porte, témoigne Vanessa Courty.

Il faut prendre ça une journée à la fois, les choses évoluent tellement rapidement... Il faut suivre les directives et les consignes fédérales et provinciales.

Giselle Dugas, médecin de famille dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse

Les autorités médicales recommandent pour le moment de laisser tout vêtement au travail et de ne rien rapporter à la maison. J’espère que tout le monde va le faire, ça devient presque une exigence. Il faut aussi se couper la barbe et avoir les cheveux courts pour ne pas transmettre le virus, s’inquiète Yannick Mongeau. On va s’habiller comme il faut, on va faire ce qu’ils nous disent, on va essayer de faire plus et on va pousser pour avoir du meilleur équipement, ajoute-t-il.

La santé mentale en temps de pandémie

Les travailleurs de la santé sont depuis le début de la crise confronté à plusieurs changements et défis dans leurs pratiques, ce qui peut causer des niveaux de stress plus élevé. Quand tu commences à avoir les premiers cas positifs, c’est là que tu prends une prise de conscience, raconte Vanessa Courty.

On ne veut pas contaminer les patients, notre famille, nos collègues.

Yanick Mongeau, ambulancier et représentant syndical et président pour le Nord des travailleurs paramédicaux du Nouveau-Brunswick

La médecin de famille Giselle Dugas rappelle l’importance de prendre soin de soi en temps de crise pour les travailleurs du domaine de la santé. Il ne faut pas oublier les choses qu’on peut faire pour notre propre santé mentale : faire de l’exercice, pratiquer nos loisirs et passer du temps en famille, dit-elle.

La médecin hygiéniste en chef Jennifer Russell a indiqué en conférence de presse le 1er avril qu’il est de plus en plus important de protéger ceux et celles qui nous protègent. Les médecins, le personnel infirmier, les travailleurs paramédicaux, les techniciens de laboratoire et une multitude d’autres employés du secteur de la santé travaillent avec acharnement, tous les jours, afin de nous protéger contre la propagation de ce virus et de fournir des soins aux gens qui tombent malades à cause de ce virus, a déclaré la Dre Russell. Ils mettent leur vie en danger pour nous protéger, et ils méritent notre profonde gratitude.

Avec les informations de Karine Godin

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