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Trudeau incapable de garantir un apport suffisant en équipements de protection

Gros plan du premier ministre du Canada Justin Trudeau.

Ottawa attend des livraisons d'équipements médicaux de l'étranger, a indiqué le premier ministre Trudeau.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Justin Trudeau refuse de garantir un approvisionnement suffisant en équipements de protection individuelle nécessaires pour les travailleurs de la santé confrontés à l'épidémie de COVID-19.

Dans cette situation on ne peut rien garantir, a dit le premier ministre canadien après avoir été interrogé sur le sujet, mercredi, lors de sa conférence de presse quotidienne devant sa résidence de Rideau Cottage.

On est en train de travailler extrêmement fort pour combler les différents besoins, a-t-il aussitôt ajouté, en demeurant vague sur les façons dont il compte s'y prendre pour y parvenir à court terme.

Ottawa attend des livraisons d'équipements de l'étranger dans les prochains jours, a-t-il dit, sans préciser lesquels, et il est toujours possible de piger dans une réserve fédérale pour venir en aide aux provinces qui en ont besoin.

C’est une situation problématique parce que tellement de pays dans le monde sont en train d’essayer de courir après le même équipement.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Le premier ministre a confirmé avoir parlé au premier ministre du Québec, François Legault, qui a indiqué mardi que la province pourrait connaître des pénuries d'équipements de protection individuelle dans trois à sept jours.

On est en train de travailler extrêmement fort avec les autres provinces pour voir s’il y a des options pour venir en aide au Québec et aux régions qui ont besoin de plus d’équipements, a dit M. Trudeau à ce sujet.

Un révélateur du sous-financement de la santé publique

Dans un point de presse subséquent, la ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu, n'a pas été en mesure de donner le moindre chiffre sur l'état de la réserve fédérale en ce qui concerne les équipements de protection individuelle.

Elle a assuré être bien au courant que tous les hôpitaux ont des besoins en la matière, et a indiqué qu'Ottawa et les provinces s'affairent à développer un processus d'allocation juste et équitable, en tenant compte des besoins les plus urgents.

Il s'agit là d'un travail difficile, a-t-elle convenu, puisque tout le monde veut se constituer des réserves.

Une travailleuse de la santé porte un masque, une blouse et des gants destinés à la protéger.

Une travailleuse de la santé est aperçue à l'extérieur de l'hôpital Lions Gate de North Vancouver, le 31 mars 2020.

Photo : La Presse canadienne / JONATHAN HAYWARD

La ministre a par ailleurs admis qu'il n'y a probablement pas assez d'équipements dans la réserve fédérale à l'heure actuelle, tout en assurant, elle aussi, que le gouvernement Trudeau est à pied d'oeuvre pour en trouver davantage.

Depuis des décennies, le gouvernement fédéral sous-finance des choses comme le niveau de préparation en santé publique et je dirais que les gouvernements de partout dans le monde sont exactement dans la même situation.

Patty Hajdu, ministre de la Santé du Canada

M. Trudeau a rappelé pour sa part que plusieurs compagnies canadiennes sont actuellement mobilisées pour produire des masques, des respirateurs artificiels, des trousses de dépistage et du désinfectant.

Cela explique pourquoi il est inutile pour l'instant d'invoquer la Loi sur la production de défense, qui permettrait au gouvernement d'ordonner à des entreprises de lui prêter main-forte, a-t-il dit.

Évidemment, je n'enlève aucun outil de la table. Si on a besoin de prendre des mesures comme ça plus tard, on le fera. Mais pour l'instant je ne peux que remercier toutes les différentes compagnies qui ont offert de nous aider.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

M. Trudeau a annoncé mardi un investissement de 2 milliards de dollars dans l'achat d'équipements de protection individuelle, mais a reconnu qu'il faudra probablement quelques semaines avant qu'ils puissent être utilisés.

Ottawa ne partagera pas ses scénarios avec les Canadiens

Justin Trudeau a aussi refusé de diffuser les différents scénarios envisagés par son gouvernement quant à la durée de la crise qui bouleverse la vie des Canadiens et l'économie du pays.

Un document gouvernemental obtenu par le National Post indique que les mesures draconiennes actuellement en place pourraient se prolonger jusqu'en juillet dans le meilleur des cas.

Sans commenter directement ce document, le premier ministre a clairement admis que les Canadiens doivent se préparer à ce que la crise dure longtemps.

On est en train de regarder toutes sortes de scénarios, où ça pourrait durer plus longtemps, moins longtemps. [...] Les choix qu’on est en train de faire ont un impact direct sur combien de temps ça va durer.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Il a par la suite admis qu'un retour vers une situation plus normale en juillet constituait un scénario réaliste.

Le message qui est difficile pour les Canadiens, c'est que pour toute une gamme de scénarios, notre système de santé n'est pas prêt affronter [la crise] si nous ne faisons rien pour l'aider maintenant, a ultérieurement commenté la Dre Theresa Tam, l'administratrice en chef de l'Agence de la santé publique du Canada.

On comptait mercredi après-midi 9526 cas confirmés de la COVID-19 au Canada et 111 décès dus à la maladie. Les provinces les plus touchées sont le Québec (4611), l’Ontario (2392), la Colombie-Britannique (1013) et l’Alberta (754).

Il est impossible pour le moment de savoir si le pic de la COVID-19 est atteint, a par ailleurs rappelé la Dre Tam. Tant que vous n'êtes pas rendu de l'autre côté [du pic], vous ne pouvez pas savoir que vous l'avez atteint, a-t-elle expliqué.

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