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Les gardiens veulent un dépistage de la COVID-19 à la prison d’Ottawa-Carleton

Sur une affiche devant la prison, on peut lire « ministère des Services correctionnels, Centre de détention d'Ottawa-Carleton ».

Les gardiens de la prison d'Ottawa-Carleton ont refusé de travailler lundi matin, ce qui a provoqué un confinement temporaire (archives).

Photo : Radio-Canada / Simon Lasalle

Radio-Canada

Les agents des services correctionnels du Centre de détention d'Ottawa-Carleton ont refusé de se présenter au travail lundi, craignant la présence de la COVID-19 dans leurs propres rangs.

Bien qu'aucun gardien ou détenu de l'établissement n'ait été déclaré positif jusqu'à présent, un prisonnier porteur du virus a été admis au centre de détention de Toronto Sud la semaine dernière.

Les gardiens de la prison d'Ottawa-Carleton exigent un dépistage actif de la COVID-19 auprès de leurs membres avant chaque quart de travail afin de prévenir une épidémie.

Un dépistage actif, cela signifierait avoir une personne à la porte d'entrée posant les questions qui sont assez courantes maintenant dans le public. Donc, demander si les agents ont de la fièvre, s’ils toussent ou ont des difficultés à respirer et s’ils ont voyagé à l'extérieur du Canada au cours des 14 derniers jours. On pourrait aussi prendre la température, a déclaré Ryan Graham, le porte-parole du Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario.

Le ministère du Solliciteur général de l'Ontario a confirmé que certains gardiens ont refusé de travailler lundi et que des mesures de confinement ont été nécessaires.

Lorsque le personnel pénitentiaire exerce son droit de refuser de travailler, le ministère a des protocoles pour maintenir les opérations, a déclaré un porte-parole, précisant que les mesures de confinement ont pris fin à 11h30 lundi.

Des détenus en grève de la faim

De leur côté, les détenus de la prison protestent contre ce qu'ils appellent un manque de communication sur la situation dans la prison, en ce qui concerne à la fois la grève des travailleurs et les inquiétudes concernant le virus.

Les dortoirs 3 et 4 sont actuellement en grève de la faim. Je suis certain que ça va durer longtemps, a expliqué Mitch Jacko, un prisonnier de la prison d’Ottawa-Carleton qui a parlé à CBC par téléphone.

La cour de la prison d'Ottawa-Carleton

La prison d'Ottawa-Carleton a connu un confinement temporaire lundi, suite à un arrêt de travail de ses agents (archives).

Photo : Radio-Canada

M. Jacko a aussi indiqué que le petit-déjeuner a été servi une heure plus tard lundi matin, en raison de cet arrêt de travail, et que les prisonniers ont refusé de déjeuner. 

Le Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario ne sait pas si l'action syndicale se poursuivra.

Certaines audiences ont été annulées

La pénurie de gardiens affecte également les détenus qui demandent une libération sous caution, alors quele monde judiciaire est déjà confronté à des problèmes en raison de la COVID-19. Certains détenus n’ont pas pu assister à certaines audiences en raison du confinement, selon un défenseur des droits des prisonniers.

"J'ai entendu parler de certaines personnes qui se sont vues refuser la mise en liberté sous caution, même avec des plans de mise en liberté sous caution très, très robustes", a déclaré Souheil Benslimane, le coordinateur principal de la ligne d'assistance et d'information en prison.

Il a ajouté qu'un confinement à long terme pouvait avoir des effets psychologiques désastreux sur les prisonniers. Cela va exacerber les problèmes de santé mentale, a déclaré M. Benslimane.

Avec les informations de Stephen Hoff

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