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Plus de 9000 morts de la COVID-19 en Espagne, les États-Unis se préparent au pire

Deux personnes portant gants et masques transportent les bonbonnes sur un chariot.

Des travailleurs de la santé transportent des bonbonnes d'oxygène destinées à l'unité d'urgence de l'Hôpital 12 de Octubre de Madrid.

Photo : Reuters / Juan Medina

Agence France-Presse

Le nouveau coronavirus a tué plus de 43 000 personnes dans le monde, dont les trois quarts en Europe, et la pandémie, qualifiée par l'ONU de pire crise à laquelle l'humanité ait été confrontée depuis 1945, menace plus que jamais de submerger les États-Unis.

Deuxième pays du monde le plus endeuillé par la pandémie, l'Espagne a annoncé mercredi avoir enregistré un nouveau record quotidien de 864 morts en 24 heures, passant la barre des 9000 morts.

Deux mois après la détection d'un premier cas de contamination dans le pays, l'Espagne redoute toujours de voir les unités de soins intensifs subermgées, puisqu'elles travaillent déjà à la limite de leurs capacités.

Depuis le début de la pandémie en décembre en Chine, plus de 830 000 cas ont été officiellement déclarés dans le monde, dont plus de la moitié en Europe, 186 000 aux États-Unis et plus de 108 000 en Asie.

Pour freiner la propagation de la pandémie, plus de 3,75 milliards de personnes, soit 48 % de la population mondiale, sont appelées ou contraintes par leurs autorités à rester chez elles.

L’isolement reste toutefois difficile dans les zones les plus pauvres, comme dans le township de Khayelitsha, en Afrique du Sud, où vivent des centaines de milliers de personnes dans un entrelacs de cabanes faites de bric et de broc qui ne possèdent ni eau courante, ni toilettes, ni électricité. L’Afrique du Sud est le pays africain le plus touché par la pandémie (1400 cas officiellement enregistrés et cinq morts).

On n'a pas de toilettes, alors on sort. On n'a pas d'eau, alors on sort. On essaie de rester dans notre cahute, mais ce n'est pas facile. Les gens ici aimeraient bien obéir, ils essaient de le faire, mais c'est juste impossible, témoigne Ndithini Tyhido.

Au Kenya, le président Uhuru Kenyatta s'est, lui, excusé mercredi pour les excès de brutalité commis par la police dans la mise en oeuvre du couvre-feu nocturne.

En Inde, le confinement donne à voir sur les réseaux sociaux de multiples visages de la police : d'un côté ils dansent dans les rues coiffés de casques colorés représentant le coronavirus, de l'autre, ils frappent ou humilient des contrevenants.

 

La situation pas encore stabilisée en Italie

Le patient ouvre la bouche alors que le travailleur de la santé tient un coton-tige.

Un travailleur de la santé fait un prélèvement chez un homme s'étant présenté dans une clinique mobile, à Rome.

Photo : Reuters / Yara Nardi

En Italie, pays qui enregistre le plus grand nombre de décès (plus de 12 400 en un peu plus d'un mois), le confinement commence à produire des résultats encourageants, après trois semaines.

Mais la péninsule a encore compté 837 nouveaux morts en 24 heures, et les médecins italiens s'inquiètent désormais des convalescents qui quittent l'hôpital dès que leur vie n'est plus menacée, même s'ils sont encore contagieux.

Certains sont envoyés dans des centres qui accueillent des personnes âgées. En dépit des strictes mesures de protection édictées, des médecins évoquent un massacre silencieux dans ces structures.

Dans une guerre comme celle-ci, on ne peut se permettre de s'exposer à l'apparition de nouveaux foyers de contagion qui risquent de transformer ces centres de convalescence en bombes virales qui diffusent le virus, met en garde Raffaele Antonelli Incalzi, président de la Société de gériatrie italienne.

Au Royaume-Uni, on a enregistré en une journée 563 décès supplémentaires de patients atteints par le coronavirus, nouveau record marquant une nette accélération de la pandémie et portant le bilan à plus de 2000 morts dans le pays.

Près de 500 patients sont aussi morts du coronavirus dans les hôpitaux français ces dernières 24 heures, soit une nouvelle hausse record depuis le début de l'épidémie, qui porte le bilan total à 3523 morts.

Pendant ce temps en Iran, on a dépassé mercredi la barre des 3000 décès.

Par ailleurs en Roumanie, comme dans de nombreux pays en proie à une pénurie d'équipements médicaux, la colère enfle. Nous sommes envoyés à la mort les mains nues, dénoncent les soignants. Nous avons deux combinaisons pour douze employés, résume la Dre Lorena Ehim, responsable démissionnaire du département de soins intensifs de l'hôpital d'Orastie.

Tous ces bouleversements risquent d’avoir des conséquences sur l’industrie alimentaire. Les agences dépendant de l'ONU et de l'Organisation mondiale du commerce ont averti qu’il existe désormais un risque de pénurie alimentaire sur le marché mondial à cause des perturbations liées à la COVID-19 dans le commerce international et les chaînes d'approvisionnement.

Les États-Unis, nouvel épicentre de la pandémie

Dans le parc, une douzaine de tentes sont entourées de barrières.

Un site a été dressé à Central Park pour accueillir des malades.

Photo : Reuters / Jeenah Moon

Mais ce sont les États-Unis, où près des trois quarts des Américains vivent désormais confinés, qui risquent de devenir le nouvel épicentre de la pandémie. Le président Donald Trump a demandé à ses concitoyens de se préparer, à l'instar de l'Europe, à des semaines très, très douloureuses.

Un total de 4076 décès ont été recensés mercredi, soit un chiffre multiplié par deux en trois jours, a annoncé l'Université américaine Johns Hopkins, dont les bilans font autorité. Plus de 40 % de ces décès ont été enregistrés dans l'État de New York.

La Maison-Blanche a présenté ses projections : selon elle, la maladie devrait faire entre 100 000 et 240 000 morts aux États-Unis avec les restrictions actuelles, contre 1,5 à 2,2 millions sans aucune mesure.

À New York, une douzaine de tentes dressées dans Central Park se préparent à accueillir des malades.

Autre preuve de la gravité de la situation : le commandant d'un porte-avions nucléaire américain infesté par le coronavirus s'est heurté au refus du Pentagone lorsqu'il a demandé l'autorisation d'évacuer son équipage, coincé dans l'île de Guam, dans le Pacifique.

La Russie a annoncé mercredi avoir envoyé un avion chargé d'aide humanitaire aux États-Unis.

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