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Les Acadiens en Louisiane durement touchés par la COVID-19

Une affiche sur une autoroute indique aux automobilistes qu'ils sont bienvenus en Louisiane, en anglais et en français.

L’État a connu l'une des progressions de cas les plus rapide sur la planète.

Photo : Getty Images

Sophie Désautels

On parle beaucoup des États-Unis et particulièrement de New York comme étant le nouveau foyer d'infection de la pandémie de la COVID-19 à l’échelle mondiale. Mais la Louisiane n’est pas en reste... En fait, l’État a connu l'une des progressions de cas les plus rapides sur la planète.

Depuis la confirmation du premier cas déclaré le 9 mars dernier, la diffusion du virus a été très rapide. L’État de 4,6 millions d’habitants comptait plus de 1000 cas en deux semaines. Il dénombre maintenant 5237 cas et 239 décès.

Le coupable serait le Carnaval du Mardi gras. L’événement le plus couru de l’année attire plus d’un million de touristes et de Cadiens dans les rues de La Nouvelle-Orléans à la fin février. Cet événement aurait agi tel un vecteur de transmission rapide, alors que personne ne parlait du coronavirus dans cette région du monde à ce moment de l'année.

Avec Mardi gras qui s’est passé il y a un mois, on n’était pas conscients, explique Peggy Somers Feehan, directrice du Conseil pour le développement du français en Louisiane (CODOFIL).

Des gens vêtus de costumes traditionnels sont dans la rue pour le défilé.

Le défilé du Mardi gras est encore très populaire à La Nouvelle-Orléans. (Archive).

Photo : Radio-Canada / Émilie Dubreuil

La directrice CODOFIL craint une augmentation du nombre de cas.

Ce qui fait peur, c’est surtout ce qui se passe à La Nouvelle-Orléans, ça augmente de 400 à 500 cas par jour, dans les 3-4 derniers jours. Est-ce que ça va augmenter de 600, est-ce que ça va augmenter de 1000? C’est ce qui me fait peur, relate-t-elle.

C’est venu comme un feu de brousse.

Peggy Somers Feehan, directrice du CODOFIL

Les paroisses cadiennes ne sont pas non plus épargnées. Près de 1000 cas de contamination dans les 22 paroisses. Warren Perrin est avocat. Maintenant âgé de 73 ans, il est confiné à la maison, avec son épouse Marie Broussard. Leurs enfants déposent l’épicerie à la porte.

Comme tout le monde il y a un mois, il fêtait dans les rues. Tout partout en Louisiane, c’est une des plus grandes fêtes. Le Mardi gras, c’est pour être social, c’est pour être avec la communauté, partager la cuisine, du manger, de la boisson et moi-même, c’est normal je suis allé au Mardi gras à Lafayette, lance l’ancien président du CODOFIL.

David Cheramie est de ceux qui s’inquiètent pour l’avenir de sa communauté. Comme toutes les entreprises et les infrastructures touristiques sont fermées et que le baril de pétrole est maintenant sous la barre des 20 dollars, l’économie de la Louisiane va grandement souffrir.

Le directeur général du District bayou Vermillon, un important centre touristique, explique que le centre est fermé depuis deux semaines. Depuis son ouverture en 1990, le village historique est l'un des principaux attraits touristiques de Lafayette et accueille chaque année 50 000 touristes.

David Cheramie, directeur général du District Bayou Vermillon en Louisiane. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

David Cheramie, directeur général du District Bayou Vermillon en Louisiane.

Photo : Avec la gracieuseté de / David Cheramie

C’est comme un ouragan, mais il n’y a pas de vent, il n’y a pas de pluie, il n’y a pas de destruction autour, mais tout le monde est chez eux, personne ne bouge, les magasins sont à moitié vides et on ne sait pas combien de temps ça va durer, lance David Cheramie pour expliquer l’ambiance qui règne dans la ville.

Mais pour le moment, les yeux sont rivés sur la capitale culturelle, La Nouvelle-Orléans. Le gouverneur de l’État, John Bel Edwards, a indiqué qu’à ce rythme, l’hôpital va manquer de matériel nécessaire pour accueillir les malades dès le 4 avril.

Déjà, 1355 personnes sont hospitalisées et 438 sont maintenues en vie par des respirateurs artificiels.

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