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Le patron du navire Zaandam redoute plus de morts s'il ne peut pas accoster

Près de 200 personnes sont atteintes de la COVID-19 à bord du bateau qui se dirige vers la Floride.

Le navire de croisière Zaandam mouille au large du Panama en attendant que le canal de Panama soit ouvert pour qu’il poursuive sa route jusqu’en Floride.

Le paquebot Zaandam, à bord duquel plusieurs cas de COVID-19 ont été déclarés, va finalement pouvoir traverser le canal de Panama pour poursuivre sa route.

Photo : Reuters / Erick Marciscano

Agence France-Presse

Le président de la compagnie de croisière Holland America, qui exploite deux navires où l'on compte quatre morts et des dizaines de patients présentant des symptômes du coronavirus, a affirmé mardi que le bilan pourrait s'alourdir si les bateaux n'étaient pas autorisés à accoster en Floride.

Quatre passagers sont déjà morts et je crains que davantage de vies ne soient en danger, a écrit Orlando Ashford dans une lettre ouverte au journal floridien Sun Sentinel.

Au 30 mars, 76 passagers et 117 membres d'équipage du Zaandam, l'un des deux bateaux, souffraient de maladies pseudogrippales, a-t-il précisé. Ce sont des âmes malheureuses ayant été involontairement prises dans les restrictions sanitaires, politiques et frontalières qui ont rapidement balayé le monde.

Le Zaandam est parti de Buenos Aires le 7 mars avec environ 1800 personnes de plusieurs nationalités à bord, en destination du Chili.

Selon Orlando Ashford, il y a 1243 passagers, dont 305 Américains et 257 Canadiens, et 1247 membres d'équipage sur les deux navires, qui naviguent à travers les Caraïbes sans destination sûre après que plusieurs ports latino-américains leur ont refusé toute assistance.

Le navire a franchi le canal de Panama ce week-end et devrait arriver au large de la Floride mercredi soir ou jeudi.

Le navire de croisière Zaandam et son navire adjoint Rotterdam, envoyé à sa rescousse pour séparer les passagers en deux bateaux, veulent accoster jeudi à Fort Lauderdale, à 50 kilomètres au nord de Miami.

Mais les autorités locales s'y opposent et le gouverneur de la Floride, Ron DeSantis, a déclaré lundi ne pas vouloir que les personnes contaminées à bord des navires lui soient refilées.

Son principal argument est que les comtés de Miami-Dade et de Broward, où se trouve Fort Lauderdale, concentrent 60 % des plus de 5000 cas de coronavirus de l'État et ont besoin de toutes les ressources hospitalières pour prendre soin de leurs résidents.

La Floride ne peut pas permettre à des non-résidents d'être déversés ici [...] pour utiliser nos précieuses ressources, a-t-il déclaré.

Les nations se sont concentrées à juste titre sur la crise du COVID-19 qu'elles traversent, a-t-il ajouté. Mais elles ont tourné le dos à des milliers de personnes qui dérivaient en mer.

Des passagers inquiets et dans l'incertitude

Un homme et une femme dans une cabine de navire, portent des masques de protection et tiennent une feuille sur laquelle ils demandent de l'aide.

Les Canadiens Chris et Anna Joiner se trouvent sur le navire Zaandam du croisiériste Holland America.

Photo : via reuters

Confiné seul dans sa cabine depuis huit jours, Yves, un Français de 73 ans qui ne souhaite pas donner son nom, commence à tourner en rond.

C'est un coup on débarque, un coup non, raconte-il à l'AFP, déplorant le manque d'informations. C'est insécurisant au possible, on ne sait jamais ni où, quand, comment...

Quant à sa santé, il a été jugé en bonne forme après un coup de thermomètre sur le front, mais serait rassuré par un vrai dépistage. Comment voulez-vous savoir si vous toussez parce que vous avez le coronavirus ou à cause de la climatisation?, interroge-t-il, la voix enrouée.

Renvoyer les voyageurs en avion?

Margaret Tilley porte un masque sur le quai d'un bateau de croisière.

Avec le recul, Margaret Tilley, une résidente de Nanaimo en Colombie-Britannique, regrette d'être partie en croisière, alors que la COVID-19 se répandait dans le monde.

Photo : Offerte par Margaret Tilley

Pour tenter de convaincre les autorités de Broward de laisser accoster les navires, William Burke, vice-président de la société Carnival qui exploite Holland America, leur a présenté mardi un plan d'action.

Il a proposé de transférer les passagers sans symptômes, dont beaucoup voyagent actuellement dans le Rotterdam, vers des vols à destination de l'Europe et de la côte ouest des États-Unis, et de continuer à s'occuper de ceux qui sont malades à bord du Zaandam, jusqu'à ce qu'ils guérissent.

Nous avons plusieurs respirateurs artificiels, de l'oxygène supplémentaire, nous avons le bon équipement, a-t-il déclaré, précisant disposer également de médecins et d'infirmières. Il a ajouté que 11 tests de coronavirus avaient été effectués et que neuf étaient positifs.

Les autorités du comté de Broward devraient prendre jeudi matin une décision concernant l'amarrage des bateaux, en coopération avec les autorités portuaires, a annoncé le maire Dale Holness.

Laissez sortir ces gens aussi rapidement que possible, a plaidé une élue locale, Barbara Sharief. Ils méritent d'être traités avec humanité.

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