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Comment survivre psychologiquement à la COVID-19 en Saskatchewan

Plusieurs personnes, dont une porte un masque, marchent sur un trottoir.

La santé mentale doit occuper une place plus importante dans le discours des autorités de la santé pendant cette pandémie, explique Kathleen Finlay (archives).

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

En cette période de pandémie mondiale, où il est question de distanciation sociale et où de nombreuses personnes doivent rester en isolement à la maison, plusieurs professionnels en santé mentale tiennent à rappeler l’importance de garder le contact avec son entourage afin d'atténuer les effets psychologiques de la crise de la COVID-19.

On connaît les risques de la COVID-19 sur la santé physique. Mais, qu'en est-il de la menace qu'elle représente sur la santé mentale? Voilà une question que se pose la présidente-directrice générale du Center for Patient Protection, Kathleen Finlay.

Beaucoup de personnes vivent présentement des perturbations sans précédent dans leur quotidien, tout en faisant face à une multitude d’incertitudes , souligne Mme Finlay, qui milite pour un meilleur accès aux soins en santé mentale.

Tout cela fait que l'anxiété devient virale.

Kathleen Finlay

Mme Finlay déplore que l'importance de se préoccuper de sa santé mentale, en cette pandémie, ne reçoive pas autant d'attention qu'il faudrait de la part des autorités de la santé.

Les soins de santé mentale ont toujours été le parent pauvre du système de santé canadien. L'aide est souvent difficile à aller chercher, en particulier pour les plus vulnérables d'entre nous, estime-t-elle.

Augmentation du nombre d’appels en santé mentale

La situation actuelle entraîne de nombreux changements importants dans la vie quotidienne de la plupart des Saskatchewanais et des Canadiens.

Les écoles sont fermées, certains sont forcés de faire du télétravail, d’autres ont perdu leur emploi et beaucoup de personnes doivent se mettre en isolement préventif à la maison.

Tous ces changements, doublés d'un sentiment d’inconnu, peuvent entraîner le développement du stress et de l’anxiété, une situation tout à fait normale, selon plusieurs experts.

Tasha Pelletier est travailleuse sociale à l’organisme Free to Bee Me Counselling and Therapy Services, à Regina. Comme plusieurs professionnels de la santé mentale, elle a constaté une hausse importante du nombre d’appels et de consultations depuis le début de la pandémie.

Nous sommes des êtres relationnels. Dès notre naissance, nous comptons sur les autres pour survivre. L'interaction avec les autres nous donne un sentiment de sécurité.

Tasha Pelletier

Elle estime que la majorité des personnes est déjà touchée à différents degrés par la pandémie de la COVID-19.

Lorsqu’on pense à nos besoins psychologiques de base, ce que nous cherchons, c’est la sécurité, que ce soit à la maison, au travail ou financièrement. Cette pandémie menace ces éléments essentiels. Notre système nerveux est donc mis en alerte, car nous devons survivre, nous protéger et subvenir à nos besoins et à ceux de nos proches, affirme Tasha Pelletier.

Selon la travailleuse sociale, l’isolement chez soi peut avoir un effet autant positif que négatif au fil du temps sur plusieurs aspects de notre vie.

Nous voyons des familles passer du temps ensemble et profiter de la situation pour faire des choses qu’elles ne feraient pas habituellement. Par contre, il existe aussi des scénarios plus sombres. Nous constatons aussi une augmentation de la colère, de l'irritabilité, des conflits et de la consommation de substances, mentionne Mme Pelletier.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Des mesures à prendre à la maison pour réduire le stress et l’anxiété

Alors que beaucoup de personnes sont confinées chez elles, Tasha Pelletier veut rappeler aux Saskatchewanais qu'ils devraient se concentrer autant que possible sur ce qu’ils peuvent contrôler et sur l’importance de prendre le temps de respirer.

Identifiez ce que vous ressentez, remarquez ce qui se passe dans votre corps et prenez du temps pour vous. Faites en sorte que vous vous sentiez bien. N’hésitez pas à prendre des pauses ou à méditer, explique la travailleuse sociale.

De son côté, la Fransaskoise Francine Proulx-Kenzle connaît très bien la réalité du travail à la maison, car elle le fait depuis quelques années.

Francine Proulx-Kenzle.

Francine Proulx-Kenzle travaille de chez elle depuis plusieurs années déjà (archives).

Photo : Radio-Canada

La formatrice certifiée en premiers soins en santé mentale comprend très bien que le télétravail et l’isolement à domicile puissent entraîner du stress et des craintes chez certaines personnes.

Le plus grand défi, c’est d’accepter que notre routine a changé. On continue de se lever, de prendre son petit déjeuner, mais on ne va plus au travail, on ne sort plus de la maison.

Francine Proulx-Kenzle

Malgré ces changements, elle affirme qu’il est important de mettre au point une nouvelle routine afin de rétablir le sentiment de sécurité.

Nous avons tous un différent degré de tolérance au changement. L’important est d’élargir notre zone de tolérance sans se sentir bousculé. Quand on perd le contrôle, qu’on est forcé de faire quelque chose contre notre vouloir, on peut développer des peurs, de l’anxiété ou des inquiétudes qui vont affecter notre santé mentale, explique Mme Proulx-Kenzle.

Elle propose donc certains conseils pour améliorer son expérience de télétravail.

Tout d’abord, il faut revoir sa charge de travail et prioriser ses tâches de manière réaliste, sans non plus se fixer des objectifs de productivité trop élevés, explique-t-elle. C’est facile de trop compenser et de trop travailler lorsqu’on est à la maison, car il n’y a personne pour nous interpeller pour aller prendre une pause.

À cet effet, Mme Proulx-Kenzle propose entre autres l’utilisation d’application comme Timeout, qui gèle l’écran d’ordinateur après un certain temps, ce qui indique qu’il est temps de prendre une pause et de se changer les idées.

Parlant de l’utilisation d’outils technologiques, Mme Proulx-Kenzle organise une conférence en ligne qui mettra en lumière des moyens de briser l’isolement en période de distanciation sociale grâce à la technologie. Appelée Réso’t Âges, elle se tiendra le 2 avril, à 15 heures, par l’entremise de l’application Zoom.

La Fransaskoise recommande aussi de désigner un endroit précis de la maison qui est réservé seulement au travail, afin de bien faire la différence entre la vie personnelle et la vie professionnelle. Il est important d’être en mesure de séparer ces deux sphères de notre vie.

De l’aide et des ressources

Si vous avez besoin d'aide, de nombreuses organisations font de leur mieux pour fournir des services par téléphone ou en ligne malgré la pandémie de la COVID-19.

Plusieurs ressources en santé mentale sont offertes es sur le site de l’Association canadienne pour la santé mentale, branche de Regina (Nouvelle fenêtre). Une liste de ressources en cas de crise est aussi accessible sur le site 211 Saskatchewan (Nouvelle fenêtre).

Besoin d'aide pour vous ou un proche?

Ligne canadienne de prévention du suicide : 1 833 456-4566.

Ce service est offert partout au Canada, 7 jours sur 7, 24 heures sur 24.

Avec des informations de CBC

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Santé physique et mentale