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COVID-19 : la gérante d’épicerie Ginette Maynard, au service des autres coûte que coûte

Ces Manitobains sont sur la ligne de front depuis le début de la pandémie de coronavirus. Rencontre avec des gens qui continuent d’assurer leur mission en cette période trouble.

Une caissière se tient derrière sa caisse.

Ginette Maynard gère l'épicerie de Saint-Pierre-Jolys depuis 19 ans mais n'a jamais fait face à une telle situation.

Photo : Radio-Canada / Amélie David

Radio-Canada

La gérante de l’épicerie de Saint-Pierre-Jolys ravale ses doutes et ses peurs dès qu’elle passe les larges portes automatiques du magasin. Chaque jour, Ginette Maynard s’efforce de maintenir un service de qualité pour que tous les résidents de sa communauté, dans le sud-est du Manitoba, continuent de s’alimenter.

Ginette Maynard n’est jamais avare d’un sourire. Derrière la caisse, elle accueille toujours les clients avec un hochement de tête et une salutation. Ça va bien aujourd'hui?, s’enquit-elle auprès d’une cliente.

Cette dernière acquiesce et lui retourne la question. Une discussion s’en suit. Finalement, la cliente prend ses affaires, rangées avec soin par Ginette Maynard, et s’en va.

Après 19 ans de service, la gérante de l’épicerie Big Ways, située le long de la rue principale de Saint-Pierre-Jolys, n’a rien perdu de son entrain.

Sur le qui-vive

Un des employés s’inquiète de ne plus voir un produit de nettoyage sur une des étagères. D’un geste assuré et énergique, Ginette Maynard réajuste ses petites lunettes rectangulaires bordées de noir.Je vais aller voir dans l’arrière-boutique s’il en reste, lui répond-elle.

Une caissière nettoie une caisse.

Ginette Maynard et les employés de l'épicerie s'assurent que toutes les surfaces sont régulièrement nettoyées.

Photo : Radio-Canada

Ginette Maynard est toujours sur le qui-vive. Prête à aider. Prête à agir. Cette volonté, qui en d’autres temps apparaît banale, n’est que renforcée par la pandémie.

Pour les autres

C’est sûr qu’au commencement, j’étais stressée…, confie timidement cette travailleuse essentielle.

Mais là, je me dis qu’il faut que je me remonte les manches, que je pense à mes affaires. Je me dis que : ”ce n'est pas à propos de toi. C’est à propos des autres".

Ginette Maynard, gérante de l'épicerie

Temps mort dans le magasin. Les clients ont déserté les caisses. Quelques-uns continuent de faire leurs emplettes.

Sans attendre, Ginette Maynard profite de ces minutes de répit pour s’atteler à sa nouvelle tâche née de l’épidémie : la désinfection et le nettoyage des chariots et des paniers utilisés par les clients.

Fatigue et inquiétude au second plan

Désinfectant et chiffon en main, cette femme énergique s’attache à frotter avec précision les objets, épaulée par une collègue.

Maintenant, on a une place pour les chariots et paniers sales ou propres. Et à chaque fois qu’ils ont servi, on les nettoie avant de les remettre à disposition, décrit-elle en inspectant son travail.

Ginette Maynard nettoie un chariot.

Les chariots et les paniers utilisés par les clients sont désormais nettoyés après chaque utilisation.

Photo : Radio-Canada

Ginette Maynard relaie sa fatigue et son inquiétude au second plan. Elle privilégie la sécurité de ses clients.

Aux abords des caisses, sur le sol se trouvent des bandes rouges collées au carrelage. Ces indications permettent aux clients de respecter les mesures de distanciation sociale.

Toutes ces nouvelles dispositions font partie des mesures prises par la direction du magasin pour assurer un environnement sain, aussi bien à ses clients qu’à ses employés.

On fait du mieux qu’on peut pour garder le monde sain et sauf. C’est pour ça qu’on se réveille le matin et qu'on vient ici.

Luc Péloquin, propriétaire de l'épicerie

Un service pour tous

Le magasin a aussi mis en place un service de livraison à domicile. Depuis les premiers cas de COVID-19 au Manitoba, de plus en plus de résidents favorisent leur épicerie locale plutôt que les grands magasins de la capitale, par mesure de précaution.

Sans préciser de chiffres, Luc Péloquin, propriétaire de l'épicerie, explique : Nous avons vu surtout une augmentation de la clientèle au début de l’épidémie, car le monde voulait éviter d’aller se promener à Winnipeg le week-end…

Et maintenant, ces derniers, et les snowbirds de retour au Manitoba, sollicitent l’équipe de l’épicerie pour se faire livrer leurs denrées alimentaires.

Un service de plus à la communauté, qui n’est pas sans impact pour Ginette Maynard et les autres employés.

Plus de travail

La gérante pousse un chariot gris dans lequel se trouvent les produits qui devront être livrés en fin de journée. Elle suit sa liste à la lettre, s’assure que tout est en ordre avant de passer à la caisse.

On a fait rentrer du monde pour venir nous aider. Hier, j’ai effectué plus d’une dizaine de livraisons. Pour mettre tout ça ensemble, ça m’a pris la journée parce qu’il faut être sûr que tout le monde est content avec ce qu’il reçoit, commente Ginette Maynard avec un grand sourire.

Du travail en plus. Du temps en plus. De la fatigue en plus. Mais pour la gérante, c’est une goutte d’eau dans cet océan de difficultés. C’est important que tout le monde mange, explique-t-elle en toute simplicité. Et il faut faire notre part pour les aider…

Un homme et une femme se tiennent devant une caisse.

Luc Péloquin, propriétaire de l'épicerie et Ginette Maynard, la gérante, se soutiennent au quotidien pour assurer un service de qualité.

Photo : Radio-Canada

Le rire comme bouffée d’air

Ginette Maynard range ensuite les produits dans un carton. Luc Péloquin vient lui prêter main forte. La gérante taquine son patron. Il riposte avec une boutade. Les rires de l’équipe résonnent dans l’air.

Des fois, on se fait rire un peu parce que c’est pesant sur nos épaules alors on s’envoie de petites piques comme ça...

Ginette Maynard, gérante de l'épicerie

Le soutien de l’équipe. Mais aussi celui des clients.

Ginette Maynard pointe vers le téléphone à l’accueil du magasin. Derrière ses lunettes, ses petits yeux bleus s’illuminent. Elle confie : Il y a aussi des gens qui nous appellent et qui nous disent : “Le bon Dieu est avec vous autres parce que vous êtes incroyable!” Entendre ça, ça fait du bien!

Sans cape, sans masque et surtout sans orgueil, Ginette Maynard est loin de se voir en héroïne de Saint-Pierre-Jolys. Elle fait pourtant bien partie de ces personnes qui, chaque jour, en ces temps de crise, transforment l’ordinaire en extraordinaire.

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