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COVID-19 : isolement forcé pour les Nunavutois dans l'attente de leurs résultats

Les autorités sanitaires affirment avoir eu recours à cette mesure parce que certaines personnes ne suivaient pas les recommandations du médecin hygiéniste en chef.

Vue de surplomb de la ville.

Le Nunavut resserre ses mesures préventives en imposant un auto-isolement obligatoire.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

Radio-Canada

Les habitants du Nunavut qui présentent des symptômes de la COVID-19 et attendent les résultats de leur test de dépistage ont l’obligation de s’auto-isoler pendant 14 jours, à défaut de quoi ils s’exposent à une peine d’emprisonnement maximale de six mois ou une amende pouvant atteindre 50 000 $.

Nous sentions le besoin de franchir cette étape pour mettre l’accent sur le fait que [cette situation] est sérieuse et que nous devons mettre en place ces mesures pour contrôler cette maladie, a expliqué Michael Patterson le médecin hygiéniste en chef du Nunavut, en point de presse, lundi.

L'ordonnance est entrée en vigueur mardi matin et le restera pour toute la durée de l’état d’urgence, qui donne plus de pouvoir au gouvernement territorial pour retarder autant que possible l’apparition de la COVID-19.

Elle est d’ailleurs similaire à celle imposée le 21 mars aux Territoires du Nord-Ouest, où l’amende atteint un maximum de 10 000 $.

Les autorités sanitaires du Nunavut affirment avoir eu recours à cette mesure exceptionnelle parce que certaines de ces personnes ne respectaient pas les recommandations du médecin hygiéniste en chef.

Les personnes qui sortent lorsqu'elles sont atteintes d'une maladie transmissible mettent la vie et le bien-être des autres en danger au profit de leur propre confort. C’est semblable à la conduite en état d'ivresse.

Michael Patterson, médecin hygiéniste en chef du Nunavut
Le médecin hygiéniste en chef du Nunavut, Michael Patterson

Le médecin hygiéniste en chef du Nunavut, Michael Patterson, veut mettre les bouchées doubles pour retarder l'apparition d'un premier cas de COVID-19 au territoire.

Photo : CBC / Beth Brown

La Gendarmerie royale du Canada (GRC), des agents chargés d'appliquer les règlements municipaux et d’autres fonctionnaires nommés devront s’assurer du respect de l'ordonnance. Ils auront notamment l’autorité de pénétrer dans des logements sans mandat d’arrêt avec autorisation de l’occupant et dans des cas où la santé publique est mise à risque.

Aucun cas de COVID-19 n’a pour le moment été enregistré au territoire. En date de mardi, 180 des 259 personnes ayant effectué un test de dépistage étaient toujours en attente de leurs résultats.

Isolement à l’extérieur du territoire

Les travailleurs essentiels et les habitants du Nunavut qui sont actuellement à l’extérieur du territoire, mais qui souhaitent y revenir, doivent toujours se soumettre au préalable à un isolement de 14 jours dans des hôtels désignés par le gouvernement territorial à Ottawa, à Winnipeg, à Edmonton ou à Yellowknife.

Les habitants qui doivent régulièrement se rendre dans le Sud pour des rendez-vous médicaux doivent aussi se plier à cette exigence. 

Selon le ministère de la Santé, 315 personnes se trouvent actuellement en auto-isolement dans l’une de ces quatre villes. Cela concerne 178 membres du secteur de la santé, 78 résidents du territoire et 59 étudiants.

Certaines d’entre elles dénoncent toutefois les conditions dans lesquelles elles sont confinées. À Winnipeg, des habitants du Nunavut affirment être surveillés en permanence et de ne pas être autorisés à sortir de leur chambre d’hôtel sans être accompagnés.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Selon les autorités sanitaires, la quarantaine obligatoire dans le Sud est la seule manière d’éviter que des personnes qui se sont auto-isolés soient en contact avec celles qui ne l’ont pas fait. 

La hausse du nombre de cas de COVID-19 un peu partout au pays, comme au Yukon, laisse craindre au gouvernement du Nunavut un scénario dévastateur pour son système de santé. Le territoire est aux prises avec un manque chronique d'infrastructures et de services essentiels.

Avec les informations de Beth Brown

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