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Entre inquiétude et habitude, la COVID-19 chez les aînés

Dans certaines communautés, des réseaux d'entraide se mettent en place.

Les résidents du foyer de Bellevue, en Saskatchewan, peuvent sortir, mais doivent respecter les mesures de distanciation sociale.

Photo :  courtoisie / Janelle Studer

Pour les résidents des foyers pour personnes âgées, les habitudes n’ont guère changé depuis le début de la pandémie de la COVID-19. Pourtant, une partie des aînés se disent inquiets face au virus.

Le président de la Fédération des aînés fransaskois (FAF), Michel Vézina, âgé de 73 ans, et sa femme, qui a 72 ans, vivent la plupart du temps confinés depuis le début de l’épidémie de la COVID-19 en Saskatchewan. Comme aîné, j’ai une certaine inquiétude, je trouve la situation à la fois inquiétante et bizarre, affirme M. Vézina. Alors on reste à la maison.

On nous a dit : "Vous êtes la clientèle la plus à risque." On n'est pas sans y penser.

Michel Vézina

Annette Labelle, de Ponteix, est âgée de 70 ans. Elle se dit également inquiète… mais plutôt pour les autres. Mon mari a 90 ans, je suis plus inquiète pour lui que pour moi, estime-t-elle.

Michel Vézina, président de l'Association des radios communautaires francophones de l'Ouest et des Territoires.

Michel Vézina, président de la Fédération des aînés fransaskois, trouve la situation à la fois inquiétante et bizarre.

Photo : Radio-Canada

D'après Michel Vézina, cette inquiétude aurait pour origine le message que les autorités saskatchewanaises véhiculent. Je me sens plus en sécurité quand j’écoute Legault, Arruda et McCann [au Québec] que quand j’entends M. Moe et le médecin-chef en Saskatchewan, explique le président de la FAF. Quand je les écoute, j’ai plus peur que confiance. Je pense qu’ils ont un problème de communication ici.

Je trouve que la Saskatchewan est en retard dans les mesures à prendre : on est plutôt réactif que proactif, et pas que pour les aînés.

Michel Vézina

L’entraide se met en place

Pour faire face à la propagation de la COVID-19 à Ponteix, les résidents ont décidé de faire appel à la bonne volonté de la population. 

Annette Labelle explique que, grâce à Internet, les habitants de Ponteix ont pu regarder ce qu’il se faisait ailleurs, les bonnes pratiques, ce qui a permis de s’organiser pour limiter au maximum les déplacements.

Trois bénévoles se promènent pour faire des livraisons d’épicerie.

Annette Labelle

Et pour les urgences, les habitants du village ont inventé un système de couleurs.On installe un papier vert à notre fenêtre, pour dire aux gens que tout va bien, explique Annette Labelle. Si quelque chose nous inquiète, on met un papier d’une couleur différente, pour dire qu’on a besoin d’aide,et le monde le remarque si on n’a contacté personne et une équipe se présente pour voir ce qu’ils peuvent faire.

Laurent Desrosiers et son épouse, Annette Labelle, sont assis à une table et font un casse-tête.

Annette Labelle affirme que c'est très tranquille à Ponteix.

Photo : Radio-Canada / Marie-Christine Bouillon

Elle rappelle que Ponteix a la chance d’avoir une communauté dévouée, avec des pompiers volontaires, des membres de la GRC et des ambulanciers.

Un sentiment que partage Michel Vézina, à Gravelbourg. Dans notre communauté, nous avons nos trois médecins qui font une vidéo chaque semaine et qui montrent de la sympathie pour les plus âgés, soutient-il. Ils sont disponibles en tout temps par téléphone.

Peu de changement pour les aînés des foyers

Dans le foyer pour personnes âgées de Bellevue, les habitudes des résidents ont peu changé.

Janelle Studer, la gérante du foyer, estime que la pandémie ne fait pas vraiment de différence pour [les résidents] .

Les résidents ne sont pas tellement inquiets, ils vont bien, affirme Mme Studer. Ils aimeraient voir plus leur famille, mais comprennent pourquoi ils ne peuvent pas.

Une salle commune du foyer de Bellevue vide.

Peu de choses ont changé au foyer de Bellevue en cette période de pandémie.

Photo : Radio-Canada / Omayra Issa

Toutefois, le foyer est fermé au public depuis le 16 mars. Quelques mesures exceptionnelles ont été mises en place, comme l’achat de produit pour se nettoyer les mains et l’isolement du personnel qui pense avoir été en contact avec une personne malade.

Je ne suis pas extrêmement inquiète pour nos résidents. Le stress est surtout pour notre personnel, ils doivent faire plus attention quand ils sont ici.

Janelle Studer, gérante du foyer de Bellevue

L’isolement, le défi

Toutefois, ne plus voir sa famille consiste en un défi pour beaucoup de personnes âgées.

Il est important que les familles puissent communiquer avec les aînés.

Michel Vézina

Au foyer de Bellevue, certains viennent voir leurs parents, mais doivent se tenir de l’autre côté de la porte. Les nouvelles technologies peuvent aussi être très utiles. Beaucoup de nos résidents ont des iPad et peuvent faire des Facetime, affirme Mme Studer. Une méthode que Michel Vézina encourage.

À Ponteix, Annette Labelle continue également de parler avec son entourage. Quand on voit passer des familles dehors, on sort sur le perron de la maison et on discute à distance, explique Mme Labelle. On se sent moins seul.

Avec les informations de Zoé Clin et Étienne Ravary

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