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Les commerçants demandent de l'aide pour les loyers

un homme debout devant un magasin fermé de Vancouver.

L'avocat commercial Bill Holder se tient devant un magasin vacant à Vancouver. De nombreux entrepreneurs et propriétaires se demandent ce que le non-versement des loyers commerciaux par les locataires va représenter. L'avocat dit constater des signes encourageants de compromis.

Photo : Ben Nelms / CBC

L’histoire d’horreur de J. P. Mass a débuté le vendredi 13 mars, soit le jour où l’industrie du film de Vancouver a cessé ses activités en raison de la crise du coronavirus. Son entreprise d’accessoires à Burnaby, Charron Custom Props and Effects, crée des éléments pour des téléséries telles que Riverdale, Arrow ou Supernatural, filmées dans la province.

Maintenant, les productions sont suspendues, ce qui met son entreprise au point mort alors que le loyer et les autres factures continuent de s’accumuler.

« Il n’y a pas de Magicien d’Oz qui s’occupe de tout. Alors on attend tous », explique J. P. Mass.

Ma plus grande peur, c’est que je continue de payer, de payer et de payer jusqu’à ce que je n’aie plus d’argent. À ce moment-là, mon entreprise sera fermée pour de bon.

J. P. Mass, propriétaire de Charron Custom Props and Effects, à Burnaby
Trois armures sur des mannequins en plastique.

Armures futuristes fabriquées par Charron Props. Le magasin est fermé depuis des semaines et son propriétaire espère une certaine protection contre une future catastrophe financière en raison de la crise du coronavirus.

Photo : Charron Props

L’entrepreneur ajoute qu'il est prêt à faire face à la crise dans l’immédiat, mais que, si elle traîne, les 8000 $ qu’il paie chaque mois en loyer pour son magasin de 6500 pieds carrés pourraient l’amener au point de rupture.

Cette situation, J. P. Mass n’est pas le seul à la vivre, selon la Fédération canadienne des entreprises indépendantes (FCEI).

La FCEI affirme que de nombreux entrepreneurs à travers le Canada craignent que la crise ne les empêche de payer leurs baux commerciaux d'avril et elle souhaite que le gouvernement intervienne et fournisse plus d'aide financière.

« Comment va-t-on rembourser cela? »

La vice-présidente exécutive de la Fédération, Laura Jones, souhaite que les gouvernements apportent leur aide de plusieurs manières : un fonds de crise aux entreprises risquant de fermer d'une valeur pouvant atteindre 15 000 $ par entreprise, allègement de l'impôt foncier et protections contre l'expulsion.

« Tout le monde est stressé. Tout le monde est en mode de crise en ce moment », affirme Laura Jones. « Est-ce que mon entreprise survivra à cela? C'est ce que nous entendons de la part des propriétaires d'entreprises. »

Elle ajoute qu'il est bon que le gouvernement fédéral augmente le nombre d'entreprises admissibles aux subventions salariales, mais qu'un soutien au loyer est également nécessaire, en particulier pour les entreprises des secteurs des arts et du divertissement, du tourisme et de la restauration ainsi que pour celles fournissant des services personnels.

Jennifer Salt, copropriétaire du restaurant italien de Vancouver Autostrada Osteria, affirme que l'aide du gouvernement pourrait être nécessaire à long terme.

« Même si nous obtenons une pause dans notre loyer, ces factures sont toujours là pour nous », explique l’entrepreneure. « Et lorsque nous n’avons que 10 % des revenus habituels, comment remboursons-nous cela? »

Un avenir économique énigmatique

« Nous sommes face à une véritable énigme en tant qu'économie », déclare Tom Davidoff, directeur du Center for Urban Economics and Real Estate, le centre en économie urbaines et immobilier de l'École de gestion Sauder, de l’Université de la Colombie-Britannique.

Les gouvernements paient déjà une grande partie des coûts de main-d'œuvre de nombreuses entreprises pendant la crise, précise-t-il, et ils devront peut-être maintenant payer une grande part de leur loyer.

Cela pourrait rendre les propriétaires et les détenteurs d'hypothèques heureux, mais cela pourrait ne pas être la meilleure utilisation des fonds si on compare aux dépenses pour des travailleurs qui sont en situation financière précaire. D'un autre côté, il est préférable d'éviter un effondrement financier plus large.

« Toute solution aura des caractéristiques déplaisantes »

Tom Davidoff envisage une troisième option : partager les dommages entre les institutions financières détentrices d’hypothèques, les propriétaires et les entreprises dans une certaine mesure.

L'avocat spécialisé dans le secteur commercial Bill Holder dit avoir entendu des entreprises et des propriétaires commerciaux s'inquiéter des expulsions et du non-paiement du loyer.

Personne ne gagne si les entreprises sont expulsées, dit-il, car dans une économie lente, les propriétaires auront du mal à trouver de nouveaux locataires. Cela devrait encourager les concessions mutuelles.

« Communiquez les uns avec les autres. Respirez profondément », conseille-t-il. « Passons le mois d’avril, et voyons comment les choses vont se passer en mai. »

Une pétition qui rassemble pour l’arrêt des loyers

La pression augmente sur les gouvernements, tant provincial que fédéral.

De plus en plus de locataires utilisent les médias sociaux pour décrire leurs situations, et nombreux sont ceux et celles qui disent ne pas avoir obtenu de suspension de paiement de leurs propriétaires.

Une pétition en ligne a rassemblé plus de 750 000 signatures pour demander l'annulation du loyer avant la date limite du 1er avril.

Pour le moment, le premier ministre Justin Trudeau, interrogé sur la question lors de son point de presse quotidien, n'a fait référence qu'aux programmes déjà mis en place tels que la subvention de 75 % des salaires et les possibilités de prêts sans intérêts aux entreprises.

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