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Le tiers des PME pourraient ne pas survivre à la pandémie

Une tirelire en forme de cochon est plongée dans l'eau.

La pandémie place plusieurs PME dans une situation difficile financièrement.

Photo : iStockphoto

Comme le tiers des PME au pays, l'entreprise Éducazoo craint de ne pas survivre à la pandémie de coronavirus.

Éducazoo offre un service d'animation et d'éducation avec des animaux domestiques et exotiques. Le refuge de Saint-Augustin-de-Desmaures, près de Québec, compte près de 200 animaux.

L'entreprise est fermée et tous ses contrats sont annulés jusqu'à la fin juin, mais il y a toujours des animaux à nourrir, entretenir et soigner.

À eux seuls, les frais d'électricité et de nourriture s'élèvent à près de 3000 $ par mois.

Jean-François Martel, président d'Éducazoo Québec, tient une tortue.

Le président d'Éducazoo Québec, Jean-François Martel, alors que son entreprise n'éprouvait pas de difficultés.

Photo : Radio-Canada

Les propriétaires craignent donc pour l'avenir d'Éducazoo.

C'est un deuxième coup dur. Nous avions tout perdu dans l'incendie du Centre Jardin Hamel en 2016. On a recommencé à zéro. Nous n'avons plus de revenus. Je ne sais pas comment on va pouvoir s'en sortir, affirme le président d'Éducazoo Québec, Jean-François Martel.

Des centaines de cas au Québec

Éducazoo n'est pas la seule entreprise en difficulté financière. Selon un sondage mené par la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI), 32 % des PME canadiennes qui ont fermé leurs portes ne sont pas certaines de pouvoir rouvrir à la fin de la pandémie.

Le coût moyen de la crise, pour les PME canadiennes, s'élève à 160 314 $. Au Québec, il est de 154 553 $, selon les données de la FCEI. Une situation qui inquiète l'organisme.

Le message que ça envoie, c'est que c'est maintenant que les décisions gouvernementales peuvent faire une différence. Ce n'est pas une question de semaines pour les PME, c'est une question de jours où elles doivent prendre des décisions quant à leur présent et leur avenir, affirme le vice-président de la Fédération pour le Québec, François Vincent.

Les secteurs les plus touchés sont le tourisme, les arts et le divertissement, la restauration, l'hébergement et le commerce de détail.

Même constat des SDC

Les Sociétés de développement commercial (SDC) de Québec observent le même phénomène.

Les sept SDC ont fait parvenir un sondage en ligne à leurs membres. Le quart des entreprises ont répondu. Résultat : le tiers des répondants craignent de faire faillite si la crise perdure jusqu'au 1er juin prochain.

Il faut dire que le sondage a été lancé la première journée officielle de fermeture des écoles, cégeps et universités au Québec. Les mesures d'aide financières aux entreprises n'avaient pas non plus été annoncées par le gouvernement fédéral.

Jean-Pierre Bédard, président de la Société de développement commercial Montcalm

Jean-Pierre Bédard, président de la Société de développement commercial Montcalm

Photo : Radio-Canada

Le directeur général de la SDC Montcalm convient que refaire le sondage maintenant pourrait modifier les résultats, mais ne croit pas que la différence serait si significative.

Oui, peut-être que les mesures d'aide peuvent donner un coup de pouce, mais en même temps, je ne suis pas convaincu à 100 % parce qu'on ne connaît pas encore toutes les modalités. On ne sait pas encore, par exemple, comment ils vont calculer le 30 % de pertes occasionnées. Il reste encore beaucoup d'incertitude, affirme Jean-Pierre Bédard.

D'autres mesures réclamées

À la FCEI, on souligne que 68 % des PME estiment que l'aide salariale va être bénéfique. L'organisme soutient toutefois qu'il faudra davantage de mesures d'aide.

Notre sondage indique aussi que le quart des PME ne sont pas en mesure de payer leur loyer d'avril ou leur prêt hypothécaire! Certains secteurs ont des marges de profit vraiment très basses et les ont perdus du jour au lendemain, lance François Vincent.

La FCEI demande aux gouvernements provinciaux d’offrir davantage d’allègement en matière d’impôt foncier ainsi qu’une aide directe pour le paiement du loyer et de l’hypothèque.

Elle encourage aussi le gouvernement fédéral à retarder la hausse prévue de la taxe carbone, dans les provinces où cette taxe s'applique.

À Québec, l'opposition demande à l’administration Labeaume de créer, tout comme l’a fait la Ville de Montréal, un fonds d’aide aux entreprises de 5 M $ pour soutenir à court terme les entreprises les plus à risque.

Éducazoo va contracter des prêts pour tenter de survivre, mais l'entreprise va s'endetter davantage et l'activité ne pourra pas reprendre avant octobre.

À part de l'argent qui tombe du ciel, j'ai bien de la difficulté à voir une solution, mentionne Jean-François Martel.

Le sondage de la FCEI a été mené en ligne et a débuté le 17 mars. Il compte 9 678 répondants et une marge d'erreur équivalente à 1 %, 19 fois sur 20.

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