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Québec solidaire demande de reporter le loyer du 1er avril

Sol Zanetti, en entrevue à l'extérieur à Québec, le 31 mars 2020

Sol Zanetti, député de Québec solidaire de Jean-Lesage

Photo : Radio-Canada

Québec solidaire demande au gouvernement Legault d'émettre un décret d'urgence pour retarder le paiement des loyers et des hypothèques du 1er avril jusqu'à la fin du mois.

Pour le député de Jean-Lesage, Sol Zanetti, l'appel à la tolérance des propriétaires du premier ministre Legault ne suffit pas.

« Ce n'est pas assez parce que l'enjeu, si des gens sont contraints de payer leur loyer, c'est qu'il y en a qui vont choisir entre le loyer ou l'épicerie », explique Sol Zanetti, qui rappelle que les mesures d'aide financière d'urgence du gouvernement fédéral n'arriveront pas avant la mi-avril.

On met la sécurité alimentaire du monde au Québec entre les mains de la bonne volonté de certains propriétaires.

Une citation de :Sol Zanetti, député de Jean-Lesage, Québec solidaire

Le report devrait s'appliquer aussi pour les propriétaires occupants, ajoute M. Zanetti. Il croit cependant que les entreprises immobilières et les propriétaires de multiples immeubles ont d'autres recours à leur portée.

« Je pense que les banques canadiennes avec le 45 milliards de dollars de bénéfices qu'elles ont fait l'an dernier, elles ont les reins assez solides pour pouvoir suspendre les intérêts sur les hypothèques des propriétaires occupants pendant un mois. »

« Un monde de licornes »

Le Bureau d’animation et information logement (BAIL) de Québec réclame pour sa part une annulation pure et simple du loyer du mois d'avril.

« Se fier à la bonne volonté des propriétaires, c'est un peu un monde de licornes », lance l'organisateur communautaire, Jonathan Carmichael.

Jonathan Carmichael, organisateur communautaire au Bureau d’animation et information logement lors d'une entrevue à Québec

Jonathan Carmichael, organisateur communautaire au BAIL

Photo : Radio-Canada

L'organisme estime que le gouvernement du Québec doit lui aussi mettre des mesures d'aide financière en place à l'image de celles du gouvernement fédéral. Un programme pourrait notamment indemniser les propriétaires, croit M. Carmicheal.

Chose certaine, le temps presse, ajoute l'organisateur communautaire, car des ménages en retard de paiement seront vulnérables.

Dès le lendemain du 1er avril, un propriétaire peut déjà ouvrir un dossier à la Régie du logement. On peut craindre que certains propriétaires vont en profiter pour faire ce genre de manoeuvre.

Rien ne se perd, rien ne se crée, dit un propriétaire

Propriétaire de deux immeubles de six logements à Québec, Jean-Sébastien Hébert croit que plus de la moitié de ses locataires ne pourront pas payer leur loyer le 1er avril.

« C'est tout à fait compréhensible. Au mois de mars, j'avais déjà vu ça arriver alors que j'étais arrangé pour mettre de l'argent de côté », explique-t-il.

Jean-Sébastien Hébert, lors d'une entrevue à l'extérieur le 31 mars 2020 devant un immeuble à logements de Québec

Jean-Sébastien Hébert est propriétaire de deux immeubles de six logements à Québec.

Photo : Radio-Canada

S'il se dit d'accord avec un report de paiement, le propriétaire juge qu'une annulation complète aurait des conséquences financières pendant des mois, voire des années.

Même en finance, rien ne se perd, rien ne se crée et tout se transforme, avance M. Hébert. L'argent qu'il ne touchera pas aujourd'hui est des sommes qui ne seront pas réinvesties dans des travaux, ou qui se traduiront en augmentation de loyer.

« J'ai quand même l'Hydro et les assurances à payer. Les taxes municipales sont retardées, mais je vais quand même devoir les payer. Si j'ai un mois de loyer qui disparaît, ça fait un très très gros trou dans mon budget », conclut-il.

De son côté, le ministère des Affaires municipales et de l'Habitation demande aux propriétaires de logements d'être compréhensifs envers leurs locataires qui auraient des difficultés à effectuer leur paiement mensuel.

Le ministère ajoute également que les procédures pour l'éviction et l’expulsion d'un locataire sont suspendues pour le moment.

Avec les informations d'Olivier Lemieux

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