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COVID-19 : en matière de santé mentale, c’est le calme avant la tempête

Une adolescente dans un escalier, elle a la tête dans ses bras.

Isolement et anxiété sont les thèmes les plus abordés dans les appels de santé mentale liés à la pandémie.

Photo : Getty Images / AngiePhotos

Les téléphones des conseillers du centre Counselling, à Calgary, sont plus silencieux qu’à l’habitude. Malgré la crise du coronavirus et son caractère exceptionnel, les appels en santé mentale sont encore faibles, mais cette situation est temporaire, préviennent des spécialistes.

La PDG du centre Counselling, Robbie Babins-Wagner, s’attendait à ce creux de vague. La même chose s’était passée après les inondations de juin 2013 dans le sud de l’Alberta. Les gens se concentrent en ce moment sur les besoins primaires. Ils s’inquiètent de ce qu’ils pourront manger, d’obtenir leur assurance emploi ou autre, explique-t-elle.

Dès qu’ils auront de l’argent en main, ils pourront s’occuper de leur santé mentale.

Robbie Babins-Wagner, PDG du centre Counselling, à Calgary

L'anxiété de Pâques

La longue fin de semaine de Pâques sera ce moment-là, selon elle. L’aide financière promise par les gouvernements provincial et surtout fédéral devrait commencer à être déposée dans les comptes en banque au début du mois d'avril.

Cela va être aussi les premières célébrations où personne ne peut se rassembler avec d’autres, précise Mme Babins-Wagner.

La responsable du programme 211 au centre de détresse de Calgary, Chloé McBean, n’est pas sûre que Pâques sera le déclencheur d'un afflux de besoins en santé mentale. Les rassemblements familiaux peuvent autant apaiser le sentiment de solitude que provoquer des crises.

Elle constate toutefois le même phénomène qu’au centre Counselling. Comme pour les crises précédentes, les failles dans le moral devraient apparaître après les inquiétudes sur la santé physique, le logement, la nourriture et l’argent.

Plus de 100 000 personnes avaient dû être évacuées lors des inondations dans le sud de l'Alberta en 2013.

Les inondations dans le sud de l'Alberta en 2013 ont permis aux organismes d'aide en santé mentale d'apprendre comment les gens réagissent à des crises d'envergure.

Photo : iStock

Des services accrus

Le centre de détresse bénéficie toutefois de l’expérience acquise lors de ces événements exceptionnels, que ce soit les inondations de 2013 ou le feu de Fort McMurray.

On a développé nos services numériques comme le chat et le texte. C’est vraiment quelque chose que les gens apprécient, explique Chloé McBean.

Le centre avait également prévu d’accroître sa capacité de réponse. La pandémie n’a fait qu’accélérer les plans.

Services téléphoniques de soutien en Alberta

  • Ligne d’aide en santé mentale : 1 877 303-2642
  • Ligne de soutien aux personnes souffrant de dépendance : 1 866 332-2323
  • Pour toute autre question ou évaluation liée à la COVID-19 : 811

Le service national Jeunesse J’écoute (Nouvelle fenêtre) se prépare aussi à une vague de demandes. Déjà, le nombre de conversations par texto a doublé et les statistiques ne cessent de grimper, selon la responsable des communications, Jennifer-Kim Noël.

Même des gens dans la trentaine nous contactent, soit pour des moments de détresse psychologique ou même pour parler, et ça ne cesse de croître, dit Mme Noël.

Aide gouvernementale

Même en fermant les bureaux physiques, l’organisme s’est assuré d’être disponible en continu. Son plan d’action a été formulé pour le très long terme.

Le service a cependant dû faire un appel aux bénévoles pour gérer la croissance des besoins.

Gros plan sur des mains de femme en train de texter.

Le service par texto de Jeunesse, J'écoute a doublé.

Photo : iStock

Le gouvernement fédéral lui a accordé une enveloppe de 7,5 millions de dollars pour gérer les conséquences de cette crise.

En Alberta, les services de santé ont augmenté la disponibilité auprès de la ligne d’aide en santé mentale et de la ligne de soutien aux personnes aux prises avec une dépendance. Un service de messages par texto a aussi été créé. Plus de 32 000 personnes y ont souscrit.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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