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COVID-19 : le confinement encourage l'adoption d'animaux de compagnie

Un homme tient un serpent dans sa main à la hauteur de son visage.

Myles Sexton a adopté son serpent Apollo en pleine crise de la COVID-19.

Photo : Fournie par Myles Sexton

Le confinement dû à la COVID-19 crée une hausse de l'intérêt de potentiels propriétaires d'animaux domestiques au pays. Pourquoi cet engouement maintenant? Les gens du milieu citent le temps, la zoothérapie et la volonté d'aider.

Myles Sexton a adopté son serpent Apollo un ou deux jours avant la fermeture des services non essentiels à travers l'Ontario, il y a un peu plus d'une semaine.

La situation entourant la COVID-19 lui a donné le coup de pouce nécessaire pour finalement adopter un animal puisque Myles voyage habituellement pour son travail.

Il profite de son isolement pour tisser des liens avec son nouveau compagnon.

J'y pensais, mais quand j'ai réalisé que nous allions être en isolement pour les prochains mois, je me suis dit que c'était le moment de le faire. J'ai besoin d'aimer, un endroit où mettre tout mon amour.

Myles Sexton, propriétaire d'un serpent

La décision de Myles est celle de nombreux autres Canadiens à travers le pays.

Ces derniers jours, depuis l'application des mesures de confinement, les refuges pour animaux de compagnie remarquent une hausse de l'intérêt de potentiels propriétaires.

Lors de la mise en place des mesures, on avait plus de 200 animaux dans le refuge et aujourd'hui on en a qu'environ 30. Dans les deux dernières semaines, on a fait l'adoption d'environ 170 animaux [...] C'est un peu plus que la normale, note le directeur général de la Toronto Humane Society, Jacques Messier.

Un serpent sur un bras.

Myles Sexton et Apollo profitent du temps à la maison pour tisser des liens.

Photo : Fournie par Myles Sexton

Il explique cette hausse par l'augmentation des appels au public sur les réseaux sociaux et le désir de vouloir bénéficier des bienfaits de la zoothérapie.

En période de grand stress, c'est connu, les animaux, ça aide les gens.

Jacques Messier, directeur général de Toronto Humane Society

Ça donne de la compagnie. Ça aide à ne pas penser à ce qui se passe avec le virus aujourd'hui. Ça permet de se concentrer sur [l'animal de compagnie], de faire une promenade, de jouer avec lui, ajoute-t-il.

Adopter a aidé à réduire mon anxiété.

Myles Sexton, propriétaire d'un serpent

La période d'isolement dans laquelle on se trouve me permet de [donner tout] le temps et l'énergie nécessaire à mon serpent et ça me permet de ne pas être seul, dit Myles Sexton.

M. Messier ne cache pas que l'animal de compagnie peut être une distraction. Il précise que certains veulent simplement venir en aide aux animaux dans le besoin pendant cette période.

Toutefois, Michel Pépin, vétérinaire et responsable des communications à l'Association des médecins vétérinaires du Québec, s'inquiète d’une augmentation potentielle des abandons après cette hausse du nombre d'adoption d'animaux à l'échelle du pays.

Une fois que tout ça va être terminé. Beaucoup de ces animaux risquent de se retrouver dans les refuges si les gens les ont adoptés de façon impulsive [...] Faut juste être très prudent, dit M. Pépin.

Avoir un animal c'est une très grande responsabilité, rappelle M. Messier, directeur général d'un refuge pour les animaux à Toronto.

Votre animal de compagnie peut-il vous transmettre le virus?

L’Agence de la santé publique du Canada affirme qu’il n’y a aucune preuve en ce moment que des animaux sauvages, le bétail ou les animaux domestiques du Canada soient porteurs du coronavirus et risquent d’infecter les gens. L’Agence recommande par contre aux personnes atteintes de la COVID-19 et propriétaires d’animaux domestiques d’adopter quelques mesures comme d'éviter de tenir ou d’embrasser son animal.

Michel Pépin remarque également une augmentation d'adoptions de chiens et de chats.

Il y a des refuges qui demandent qu'on puisse adopter des animaux parce qu'ils ne peuvent pas en prendre soin faute de personnel [...] donc on essaye de libérer les sociétés protectrices, les refuges d'animaux. Le message est entendu. Des gens ont décidé de les adopter, explique le vétérinaire.

On adopte jamais un chien ou un chat sur un coup de cœur ou une impulsion parce que c'est une responsabilité pour de nombreuses années.

Michel Pépin, vétérinaire

S'adapter à une nouvelle façon de faire

La Toronto Humane Society s'est adaptée à la nouvelle réalité qu'a créée la COVID-19.

Selon la responsable des communications de la THS, Hannah Sotropa, il n’est plus possible de visiter les animaux au refuge, mais les Torontois qui voudraient en adopter et qui répondent aux critères d'adoption d'un animal peuvent toujours le faire.

Une seule personne peut venir chercher l'animal au refuge et c'est l'employé ou le bénévole qui lui remettra pour finaliser l'adoption, précise Jacques Messier. Le processus qui précède cette étape se fait en ligne ou par téléphone.

Pour sa part, la SPCA de l'Ontario a choisi de fermer ses 12 centres d'adoption à travers la province.

Leur processus d'adoption est en suspens jusqu'à nouvel ordre afin de limiter la circulation des personnes, faisant ainsi notre part pour aider à freiner la propagation de la COVID-19, précise l'agente des communications de la SPCA de l'Ontario, Melissa Kosowan.

Cette fermeture généralisée a d'ailleurs restreint l'accès à l'adoption d'animaux de compagnie, notamment dans la région du Grand Sudbury.

La SPCA de l'Ontario continue ses autres activités.

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Toronto

Animaux de compagnie