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Funérailles virtuelles, ou pleurer ses morts à l'ère de la distanciation sociale

Des salons funéraires québécois anticipent une hausse de la demande pour les funérailles diffusées en direct.

Un prêtre parle devant un cercueil en étant filmé par un téléphone cellulaire sur trépied.

Des salons funéraires offrent depuis plusieurs années la possibilité de diffuser des funérailles en direct.

Photo : Getty Images / Thomas Kronsteiner

Si certains salons funéraires peuvent capter et diffuser des cérémonies en direct sur le web depuis quelques années, la pandémie de coronavirus et les restrictions mises en place pour ralentir sa propagation poussent l’industrie de la mort à bonifier son offre de funérailles virtuelles.

Si certains salons funéraires peuvent capter et diffuser des cérémonies en direct sur le web depuis quelques années, la pandémie de coronavirus et les restrictions mises en place pour ralentir sa propagation poussent l’industrie de la mort à bonifier son offre de funérailles virtuelles.

Pandémie ou pas, il meurt tous les jours de 160 à 170 personnes au Québec, fait valoir David Beaulieu, vice-président des innovations à Athos, la société mère des complexes funéraires Urgel Bourgie. Le besoin autour des rituels funéraires reste donc fondamentalement le même, mais dans un contexte où l'on demande aux gens de ne pas se rapprocher physiquement, le processus de deuil est plus complexe, et l'on doit s’adapter.

À l’ère de la COVID-19, les cérémonies des maisons funéraires Urgel Bourgie, Magnus Poirier et Alfred Dallaire sont réservées à environ une dizaine de membres de la famille rapprochée du défunt ou de la défunte, qui se doivent de respecter des normes de distanciation sociale. Si d’autres personnes veulent y assister, elles doivent le faire de manière virtuelle, en visionnant le tout en direct sur Internet.

On a ajouté le lien pour voir des funérailles sur webcam à nos avis de décès. C’était peu utilisé avant, mais on s’attend maintenant à ce qu’il y ait beaucoup de demandes pour ça, estime Jeannette Rioux, responsable des communications pour Alfred Dallaire.

En réponse à ces attentes, les salons funéraires québécois s’empressent donc d'équiper davantage de salles de caméras et de microphones.

On est en train d’installer environ une dizaine de caméras de plus en ce moment, mais comme certains de nos salons sont fermés, elles ne seront pas partout, explique Jeannette Rioux­.

On vient de passer de un à deux salons avec des installations permanentes, et l'on a toujours un ensemble mobile qu’on peut apporter partout. Éventuellement, tous nos salons devraient être équipés comme ça, détaille de son côté le directeur du multimédia Magnus Poirier, Marcel Belleville, dont l’entreprise prévoyait déjà un virage technologique important avant la pandémie.

Améliorer les services

Si l’offre de services funéraires virtuels précède l’existence de la COVID-19, elle reste plutôt élémentaire, se limitant généralement à la captation de cérémonies et la possibilité de transmettre des condoléances ou de faire des dons sur le web.

Ce qu’on veut faire maintenant, c’est trouver de meilleures façons de rapprocher les gens de manière virtuelle, soutient le vice-président des innovations à Athos, qui dit installer aussi rapidement que possible des caméras dans toutes les salles d’Urgel Bourgie.

Pour son entreprise, la bonification des services passe d’abord par l’ajout d’un fil de clavardage aux diffusions en direct et la possibilité d’assister à davantage de parties de la cérémonie à distance.

Ce qu’on veut faire maintenant, c’est trouver de meilleures façons de rapprocher les gens de manière virtuelle

David Beaulieu, vice-président des innovations à Athos

Avoir des caméras dans les salles où les gens reçoivent les condoléances, par exemple, c’était moins nécessaire avant la crise. Mais maintenant, on veut équiper ces salles-là. Les messages, ça permettra une interaction bidirectionnelle entre les gens, ce qui n’est pas nécessairement une demande si pertinente que ça en dehors du contexte actuel. On essaie de rapprocher virtuellement les gens, de les faire interagir, comme on peut, dit David Beaulieu.

Magnus Poirier développe pour sa part la captation en multicaméra et la diffusion en ligne des montages vidéo commémoratifs, devenus de plus en plus populaires dans les récentes années.

Les maisons funéraires interrogées pour les fins de cet article disent toutes travailler sur des initiatives plus technologiquement poussées pour améliorer l’expérience à distance, mais ne sont pas encore prêtes à annoncer ces nouveautés.

La priorité actuelle semble plutôt d’équiper un maximum de salles de caméras et d’offrir davantage de services de suivi aux familles endeuillées de manière virtuelle.

La Chine dans le futur

L’industrie chinoise de la mort a commencé un virage numérique majeur près d’un an avant l’éclosion de la COVID-19. La plus importante entreprise du domaine, Fu Shou Yuan International, a lancé au début de 2019 un service de tombeau virtuel, qui permet aux familles des défunts et défuntes de partager des photos et des souvenirs dans un mémorial numérique.

Notre industrie fera la transition vers quelque chose comme une usine à souvenirs, a alors expliqué le directeur financier du Fu Shou Yuan, Yuan Zhenyu, au South China Morning Post (Nouvelle fenêtre).

Dans les dernières semaines, plusieurs entreprises funéraires chinoises ont d’ailleurs lancé des services de nettoyage de tombes virtuelles en vue de la fête de Qing Ming, la journée nationale de nettoyage des tombes, le 4 avril.

Lors de cette fête, les familles se rendent aux tombes de leurs proches et entretiennent l’espace en plus d’y déposer des objets commémoratifs.

Vu la fermeture de nombreux cimetières chinois et la volonté d’éviter les rassemblements, les familles pourront voir en direct une diffusion du nettoyage de tombes par du personnel d’entretien, ajouter des fichiers et mes messages à des mémoriaux numériques, et même, dans certains cas, visiter les cimetières en réalité virtuelle.

Avec les informations de South China Morning Post, et China Daily

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