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Coronavirus : record de morts quotidien en Espagne, la pandémie enfle aux États-Unis

Deux travailleurs de la santé, portant des masques de protection, transportent des bouteilles d'oxygène sur un chariot.

Des travailleurs de la santé portant des masques de protection apportent des bouteilles d'oxygène à l'unité d'urgence de l'hôpital 12 de Octubre, à Madrid, en Espagne.

Photo : Reuters / Juan Medina

Agence France-Presse

La pandémie de coronavirus continue ses ravages sur une planète pourtant largement confinée : l'Espagne a battu mardi son triste record de morts journalier, et les États-Unis sonnent la mobilisation générale.

Le bilan de l'épidémie s'est de nouveau alourdi mardi, avec plus de 38 400 morts dans le monde, le cap des 11 000 morts franchi en Italie, celui des 3000 dépassé aux États-Unis, et 849 nouveaux décès enregistrés en 24 heures en Espagne.

Deuxième pays le plus endeuillé au monde avec 8189 décès, l'Espagne a interdit les cérémonies funéraires, limitant à trois le nombre de participants à un enterrement.

La grande crainte des autorités espagnoles reste de voir les unités de soins intensifs submergées, alors qu'elles travaillent déjà à la limite de leurs capacités avec un personnel qui se plaint amèrement du manque d'équipements de protection.

Partout où sévit la maladie, on guette fébrilement le pic du taux de mortalité, annonciateur d'un reflux et d'un désengorgement des services de réanimation.

En Italie, pays qui enregistre le plus grand nombre de décès, le confinement commence à produire des résultats encourageants, après trois semaines.

Nous pouvons espérer atteindre le pic dans sept ou dix jours, puis, raisonnablement, une décrue de la contagion.

Pierpaolo Sileri, vice-ministre de la Santé

Pour autant, les 60 millions d'Italiens devront patienter au moins jusqu'à Pâques, le 12 avril, date jusqu'à laquelle le confinement a été prolongé.

Le pays a observé mardi midi une minute de silence et mis le drapeau tricolore en berne en souvenir des victimes du coronavirus et en hommage aux professionnels de santé.

Sur la place du Capitole à Rome, la mairesse Virginia Raggi, qui arborait une écharpe tricolore sur un manteau noir, a évoqué une blessure qui touche le pays tout entier. Ensemble, nous nous en sortirons, a-t-elle promis.

Mobilisation générale

Aux États-Unis, qui recensent de loin le plus grand nombre de cas officiellement confirmés (164 610), c'est la mobilisation générale : près des trois quarts des Américains vivent désormais confinés, d'une manière plus ou moins stricte.

Un navire-hôpital de 1000 lits est arrivé à New York, épicentre de l'épidémie. Des hôpitaux provisoires ont aussi été installés dans un centre de conférences ou sous des tentes montées en plein Central Park.

Des médecins new-yorkais s'inquiètent d'une possible pénurie de respirateurs artificiels. S'il y a un afflux et que vous n'avez qu'un nombre limité de respirateurs, vous ne pouvez pas ventiler tout le monde, redoute Shamit Patel, 46 ans. Et à partir de là, vous devez choisir.

L'inquiétude grandit aussi dans le Maryland, au nord de la capitale fédérale Washington : 67 pensionnaires d'une maison de retraite y ont été déclarés positifs, et le gouverneur de l'État, Larry Hogan, a évoqué un scénario du pire.

Pour protéger sa population, son homologue de Floride refuse pour l'heure de laisser débarquer un paquebot, le Zaandam, qui se trouve en mer des Caraïbes avec plus d'un millier de passagers - ainsi que quatre morts et des dizaines de malades.

Des personnes font la queue pour entrer dans un refuge.

Des personnes font la queue pour entrer à la Bowery Mission, un refuge qui fournit des repas et une assistance aux sans-abri et aux personnes défavorisées, pendant l'épidémie de coronavirus, à Manhattan, le 31 mars 2020.

Photo : Reuters / Andrew Kelly

Les ministres des Finances du G20 doivent se réunir mardi par visioconférence pour apporter une réponse à cette crise mondiale, qui met les ressources des États sous tension.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a prévenu mardi que les mesures d'urgence prises par les États membres dans la lutte contre le coronavirus doivent être limitées à ce qui est nécessaire et être strictement proportionnées, au lendemain d'un vote en Hongrie attribuant à Viktor Orban des pouvoirs supplémentaires.

En France, où plus de 3000 personnes ont succombé au virus à l'hôpital, dont un pic de 418 en 24 heures, les soignants sont au bout du rouleau.

Ce matin, en me réveillant, je pleure. En déjeunant, je pleure. En me préparant, je pleure [...] Là, dans les vestiaires de l'hôpital, je sèche mes larmes. J'inspire. J'expire. Les gens dans les lits pleurent aussi et c'est à moi qu'il incombe de sécher leurs larmes

Elise, infirmière à Besançon

Applaudis tous les soirs aux fenêtres, certains soignants ont témoigné des pressions dont ils font l'objet. Les gens s'écartent quand ils me croisent, confie Negete Bensaïd, infirmière à Paris.

Ailleurs dans le monde

Région la plus touchée par la pandémie, l'Europe a toutefois affiché sa solidarité, en livrant du matériel médical à l'Iran, dans le cadre du mécanisme de troc Instex permettant de contourner les sanctions américaines. L'Iran est durement frappé par le coronavirus, qui y a fait 2898 morts.

Plus de 3,6 milliards de personnes, soit 46,5 % de la population mondiale, sont appelées ou contraintes par leurs autorités à rester chez elles.

En Russie, Vladimir Poutine a appelé les quelque 12,5 millions de Moscovites à prendre au sérieux le confinement, étendu mardi à des dizaines de régions. Le centre-ville de la capitale russe était quasi déserté lundi par les piétons, mais dans d'autres quartiers, des passants déambulaient.

Deux femmes marchent dans le secteur de la place Rouge.

La place Rouge comme on la voit rarement alors que la Russie n'accepte plus aucun étranger.

Photo : Radio-Canada / Tamara Alteresco

Si on reste à la maison avec nos parents, on va mourir beaucoup plus vite que du coronavirus, ont dit à l'Agence France-Presse trois jeunes.

L'Indonésie a déclaré mardi l'état d'urgence, mais pas de confinement généralisé, malgré les appels pressants dans ce pays qui compte la quatrième plus grande population au monde et où les cas d'infections se multiplient.

À l'inverse, Lagos, la capitale économique du Nigeria d'ordinaire bouillonnante, s'est réveillée mardi matin sous confinement, avec des rues désertes et un silence assourdissant, à l'heure où l'Afrique intensifie ses efforts pour enrayer la propagation du coronavirus.

Un pari aussi ambitieux que risqué dans le pays le plus peuplé d'Afrique, mais qui semblait appliqué à la lettre dans une grande partie de la tentaculaire mégalopole de 20 millions d'habitants.

Mais dans les régions les plus pauvres, l'application des restrictions vire parfois au casse-tête.

On s'en fout de ce virus, on a des enfants et des petits-enfants à nourrir!, s'indigne une vieille femme qui fait la queue pour obtenir les aides sociales à Port Elizabeth, en Afrique du Sud.

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