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TC Energy Corp ira de l’avant avec la construction de l’oléoduc Keystone XL

Le pipeline Keystone traverse un terrain montagneux avec des arbres.

Le projet de pipeline Keystone XL avait été rejeté par l'ancien président des États-Unis Barack Obama.

Photo : Associated Press

La société TC Energy a annoncé mardi qu'elle poursuivra le projet de construction du pipeline Keystone XL. Ce projet va injecter un investissement d'environ 8 milliards de dollars américains dans l'économie nord-américaine.

Cet important projet d'infrastructure énergétique est prêt à mettre des milliers de personnes au travail pour renforcer la sécurité énergétique du continent, a déclaré le président et chef de la direction de TC Energy, Russ Girling, dans un communiqué.

Paradoxalement, la société avait déclaré, le mois dernier, qu'elle voyait trop d'incertitude dans ce projet pour s'engager immédiatement dans cette voie.

La construction de l'oléoduc a été retardée pendant plus d'une décennie par l'opposition des propriétaires fonciers, de certains groupes environnementaux, de groupes autochtones et de l'ancien président américain Barack Obama, qui a rejeté le projet.

Le trajet de l’oléoduc Keystone XL, devrait s’étendre sur environ 1900 kilomètres, de Hardisty, situé à environ 210 kilomètres au nord-est de Red Deer, en Alberta, jusqu'à Steele City, au Nebraska. Le pipeline transporterait 830 000 barils de pétrole brut par jour.

Le gouvernement albertain participe 

L’Alberta appuie le projet pour permettre à TC Energy de commencer immédiatement la construction de la partie albertaine du pipeline.

Dans le cadre du plan de financement, le gouvernement de l'Alberta investira environ 1,1 milliard de dollars américains en capitaux dans le projet, suivi d'une garantie de prêt de plus de 6 milliards de dollars en 2021. Le pipeline devrait être achevé et mis en service en 2023.

Une carte du Canada et des États-Unis. Une ligne verte relie Hardisty, en Alberta, à Steele City au Nebraska. Une ligne noire relie quant à elle Hardisty à Houston et Port Arthur au Texas.

En vert, le tracé du nouveau pipeline Keystone XL proposé qui relierait l'Alberta au golfe du Mexique, et en gris, le tracé du pipeline existant.

Photo : Radio-Canada

« Nous ne pouvons pas attendre la fin de la pandémie et de la récession mondiale pour agir. Cet investissement est une initiative audacieuse pour reprendre le contrôle du destin économique de notre province », a expliqué le premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney.

Cet accord est l'aboutissement de six mois de négociations.

Une citation de :Communiqué de presse du gouvernement de l’Alberta

« Pendant la construction, nous continuerons de suivre les conseils de tous les ordres de gouvernement et des autorités sanitaires pour déterminer les actions les plus proactives et responsables afin d'assurer la sécurité de nos équipages et des membres de la communauté pendant la situation actuelle entourant la COVID-19 », a dit Russ Girling. 

La construction devrait créer plus de 1400 emplois directs et 5400 emplois indirects en Alberta et devrait générer environ 30 milliards de dollars en recettes fiscales et en redevances, selon le communiqué de la province.

Ce pipeline augmentera considérablement la capacité de vente de la province et surtout sa capacité d'exporter plus de pétrole sur les marchés internationaux, selon Jason Kenney.

Réaction d’Ottawa

La décision de TC Energy est une bonne nouvelle, a affirmé le ministre des Ressources naturelles du Canada, Seamus O’Regan.

Le gouvernement du Canada a toujours été très favorable au projet Keystone XL.

Une citation de :Seamus O’Regan, ministre des Ressources naturelles du Canada

« Je tiens à féliciter le gouvernement de l’Alberta pour son investissement en capitaux propres et ses garanties d’emprunt. Ce soutien contribuera à assurer la réussite du projet », a-t-il ajouté.

Selon lui, l’annonce faite mardi aura des retombées concrètes sur l’économie et assurera le maintien de pratiques rigoureuses en matière de sécurité et d’environnement.

Un geste politique

Tandis que le gouvernement fédéral voit la participation albertaine d'un bon oeil, le professeur de l'Institut des sciences de l'environnement de l'Université du Québec à Montréal Éric Pineault ne comprend pas pourquoi le gouvernement provincial se lance dans un tel investissement. 

« J'y vois une annonce essentiellement politique. Est-ce que c'est une façon de dire à Ottawa : “Regardez, notre secteur est viable, venez nous sauver”? Surtout que TC Energy donnait des signaux sur les marchés qu'il était prêt à vendre son pipeline ou, en tout cas, en vendre une partie », dit-il.

Des manifestants tiennent des pancartes pendant une marche dans la rue.

Des manifestants se dirigent vers le palais de justice fédéral de Rapid City, dans le Dakota du Sud, pour protester contre le pipeline Keystone XL, en juin 2019.

Photo : Associated Press / Adam Fondren/Rapid City Journal

Un signe de soutien pour le secteur

L'investissement de l'Alberta dans le projet a un pouvoir symbolique, pour Warren Mabee, directeur de l'Institut des politiques énergétiques et environnementales de l'Université Queen, en Ontario.

C'est probablement une bonne nouvelle, car ce n'est pas seulement de l'argent pour soutenir les travailleurs et pour garder leurs familles en vie, c'est surtout un signe de soutien pour le secteur et un vote de confiance dans un secteur qui va mal, a-t-il confié.

L'Association canadienne de pipelines d'énergie (CEPA) a reconnu dans un communiqué que la construction de Keystone XL serait un grand coup de pouce pour l'économie de l'Alberta et du Canada.

Il est essentiel que le Canada puisse continuer d'attirer des investissements majeurs, comme Keystone XL, qui représentent des milliards de dollars en impôts, en redevances gouvernementales et un meilleur accès au marché pour les ressources canadiennes, a déclaré son président, Chris Bloomer.

De l'argent emprunté, dit Jason Kenney

Keith Stewart, stratège énergétique chez Greenpeace Canada, a qualifié l'investissement de l'Alberta de subventions gouvernementales massives aux dirigeants et actionnaires pétroliers.

Le premier ministre licencie des travailleurs de l'éducation et s'attaque aux médecins pour économiser de l'argent pendant une pandémie, mais arrive à trouver 7,5 milliards de dollars pour soutenir un projet de pipeline que le secteur privé ne soutiendra pas, a-t-il exprimé dans un courriel à CBC.

Jason Kenney a déclaré que l'argent pour le projet Keystone XL sera emprunté et n'est aucunement lié à la récente mise à pied temporaire d'environ 20 000 employés scolaires en Alberta.

Pas un sou n'est redirigé depuis un autre domaine de dépenses, a ajouté le premier ministre albertain.

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