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La COVID-19, un argument pour suspendre le gazoduc Coastal GasLink?

Un campement en opposition au projet de pipeline Coastal GasLink.

Un exemple de campement qui a été construit en février en plein conflit du gazoduc Coastal GasLink, mais qui a depuis été démantelé. (archives)

Photo : Radio-Canada / Timothé Matte-Bergeron

Des chefs des Premières Nations de la Colombie-Britannique demandent la suspension des travaux du gazoduc Coastal Gaslink en raison, cette fois-ci, de la pandémie de COVID-19.

Dans une lettre adressée aux premiers ministres Justin Trudeau et John Horgan ainsi qu’aux ministres de la Santé Adrian Dix et Patty Hajdu, l’Union des chefs autochtones de la Colombie-Britannique dit craindre que les travaux, avec son nombre élevé de travailleurs, ne présentent un risque accru de propagation de la COVID-19.

Le message, signé notamment par le grand chef Phillip Stewart, dit ceci :« Les plus vulnérables à la propagation sont les travailleurs de la santé de première ligne, les agents de projet, ainsi que les communautés autochtones et non autochtones locales forcées de subir les conséquences du mépris de la santé et la sécurité. »

La menace est trop grande pour les communautés du Nord, Autochtones et non Autochtones, dont l'accès aux soins de santé et aux ressources nécessaires pour endiguer la COVID-19 est déjà limité.

Lettre ouverte de l'Union des chefs autochtones de la Colombie-Britannique

Les chefs des Premières Nations exhortent Ottawa et Victoria « à agir rapidement pour protéger la santé publique contre les risques accrus de transmission de COVID-19 entraînés par la construction du projet de gazoduc Coastal GasLink ».

Les activités critiques que Coastal GasLink entreprend comprennent la livraison et le stockage des tuyaux, en plus de la préparation et de l'entretien du site, écrit l’Union des Chefs autochtones de la Colombie-Britannique. Tous ces mouvements et ces interactions exposent les communautés au virus, alors que la province a déclaré l'état d’urgence sanitaire, précise-t-elle.

Le grand chef Stewart Phillip en conférence de presse.

Le grand chef Stewart Phillip, président de l'Union des chefs autochtones de la Colombie-Britannique, est l'un des trois signataires de la lettre ouverte adressée aux gouvernements fédéral et provincial.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Les signataires de la lettre affirment que la Colombie-Britannique et le Canada ne peuvent pas faire une stratégie d'intervention en cas de pandémie en exemptant certaines entreprises des mesures prises.

La lettre évoque notamment la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones comme les chefs héréditaires l’ont fait durant tout le conflit du gazoduc Coastal GasLink. L’Union des chefs autochtones de la Colombie-Britannique a ouvertement pris position dans ce bras de fer en soutenant les chefs héréditaires des Wet'suwet'en. Ces derniers s'opposent au passage du gazoduc sur leur territoire traditionnel.

Une inquiétude fondée?

L'ancien médecin en chef de la régie de la santé du Nord, David Bowering, ressent la même inquiétude. Il compare ces campements isolés aux bateaux de croisière qui ont été des foyers d’éclosion du coronavirus.

La médecin hygiéniste en chef de la province, Bonnie Henry, s’est voulue rassurante, lundi, lors de sa conférence de presse quotidienne avec le ministre de la Santé, Adrian Dix, sur la situation de la pandémie. Nous savons que bon nombre de nos communautés autochtones mettent en place des mesures pour essayer de protéger leurs personnes âgées et pour s'assurer qu'elles ont des plans en place dans l'éventualité où nous avons des éclosions dans ces communautés, a-t-elle souligné.

Les gens de ces communautés qui sont à risque le savent et ils ont été isolés, mis en quarantaine.

Bonnie Henry, médecin hygiéniste en chef de la C.-B.

La Dre Henry a, une fois de plus, insisté sur les mesures de distanciation physique qui doivent s’appliquer, peu importe le coin de la province où l’on réside.

Aucune communauté n'est à l'abri de ce virus.

Bonnie Henry, médecin hygiéniste en chef de la C.-B.

Toutefois, elle reconnaît qu’il y a eu beaucoup de voyages dans le nord de la Colombie-Britannique. Nous effectuons des allers-retours avec les services essentiels dont nous avons besoin dans de nombreuses collectivités du Nord, des territoires et de la province.

Elle ajoute que les autorités sanitaires provinciales collaborent avec la régie de la santé du Nord et suivent la situation de certains secteurs industriels. La Dre Bonnie Henry affirme que dans l'ensemble du Nord, beaucoup, si pas tous, ont fait appel à un personnel très réduit pour diverses raisons.

Cependant, la médecin hygiéniste en chef pense qu'il est important de reconnaître que vous ne pouvez pas simplement abandonner une grande mine ou un site industriel qui n'est pas sécuritaire. Ce n'est pas sans danger pour la communauté ou pour l'environnement. Elle assure que la régie de la santé du Nord a pris des mesures pour réduire les risques pour la population et les communautés.

Réponse de Coastal GasLink

De son côté, TC Energy, propriétaire de Coastal GasLink, assure avoir ralenti la cadence de travail dans la région. Jeudi, la compagnie déclarait, par écrit, qu’au cours des dernières semaines elle a réduit ses effectifs dans le nord de la Colombie-Britannique à environ 400 personnes, alors qu’en février 1200 travailleurs étaient sur le site.

L’équipe de communication ajoute qu’il se peut qu’il y ait moins de gens sur place étant donné que Coastal GasLink a achevé son programme de construction d'hiver, sans compter que le dégel du printemps forcera de toute façon l’entreprise à ralentir ses activités.

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