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Des voix s'élèvent pour demander l'annulation des loyers pendant la pandémie

Un homme fait le ménage sur son balcon dans une grande tour d'habitation à Montréal.

Des pétitions demandant l'annulation des loyers et des paiements hypothécaires d'avril circulent au Québec et au Canada.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La Presse canadienne

Un mouvement de locataires demandant l'annulation des loyers et des paiements hypothécaires prend de l'ampleur à l'approche du 1er avril, mais les propriétaires répliquent que ceux qui défendent cette idée « rêvent en couleur ».

Hans Brouillette, de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ), dit que de penser que l'accumulation des sommes impayées disparaîtra par magie relève de la « pensée magique ».

S'il y a une accumulation, évidemment, le propriétaire perd, mais aussi le locataire peut avoir de graves conséquences. Il a une réputation financière et judiciaire à préserver s'il n'a aucun dossier à la Régie. S'il a un bon dossier de crédit, il a intérêt à le garder comme ça, prévient-il.

Tant le premier ministre du Québec, François Legault, que la mairesse de Montréal, Valérie Plante, ont demandé aux propriétaires de faire preuve de flexibilité pour permettre aux locataires de payer leur loyer en retard.

Le message là-dedans, c'est : soyez indulgents, comprenez la situation, mais il ne s'agit pas d'effacer le loyer. Le message, il est implicite, c'est : payez votre loyer, décortique M. Brouillette, qui avise les locataires de contacter leur propriétaire pour trouver un terrain d'entente.

Ceux qui sont admissibles à la prestation canadienne d'urgence de 2000 $ par mois pourront s'inscrire dès la semaine du 6 avril, mais les premières sommes ne seront versées qu'à la mi-avril, dans le meilleur des cas.

Ottawa a aussi annoncé une série de mesures pour aider les entreprises à traverser la tempête. Malgré cela, la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante estime qu'un quart des PME du pays ne pourront pas payer leur loyer ou leur prêt hypothécaire en avril.

Deux pétitions – une canadienne, une québécoise – demandant l'annulation pure et simple des loyers et des paiements pendant toute la durée de la pandémie de la COVID-19 ont déjà récolté des centaines de milliers de signatures au pays.

L'idée fait son chemin, puisqu'au Québec, la campagne des Draps blancs a fait son apparition. La population est invitée à installer un drap blanc sur la devanture de leur logement pour symboliser leur solidarité avec les personnes les plus vulnérables pendant la crise.

Maxime Roy-Allard, du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ), dit qu'il n'a pas de « mandat clair » de ses membres en faveur de la grève.

Il demande néanmoins au gouvernement du Québec de décréter l'annulation des loyers et des paiements hypothécaires pour le mois d'avril du moins, question de donner un « répit » à tous à court terme.

On ne pense pas que ça créerait un précédent. C'est un contexte exceptionnel, donc ça prend des mesures exceptionnelles pour s'assurer que tout le monde puisse rester en confinement et continuer à vivre de manière convenable, explique M. Roy-Allard.

Même s'il convient que plusieurs propriétaires sont compréhensifs dans la situation actuelle, il s'inquiète néanmoins de l'éviction de certains locataires à la première occasion.

Le NPD demande un moratoire

À l’échelle nationale, le Nouveau Parti démocratique (NPD) demande non pas d'annuler, mais de reporter les paiements exigés le 1er avril.

Le chef Jagmeet Singh a écrit au premier ministre Justin Trudeau pour lui demander de mettre un « moratoire » sur les paiements de loyer, d'hypothèque et des factures des services publics.

Comme nous l'avons déjà demandé, cette initiative doit s'accompagner d'une mesure obligeant les banques à renoncer aux frais d'intérêts et aux charges sur les cartes de crédit, les prêts bancaires, les marges de crédit et les hypothèques pour au moins les deux prochains cycles de paiement, écrit-il.

Pour l'heure, aucune province n'est rendue à ce point. La Colombie-Britannique et le Manitoba ont annoncé qu'ils gelaient l'augmentation des prix du loyer.

En contrepartie, toutes les provinces et les territoires – sauf le Nunavut – ont interdit les évictions de locataires pendant la durée de la crise, à quelques exceptions près.

Le NPD s'inquiète néanmoins des conséquences après coup.

Il est important de noter que même dans les provinces où un moratoire sur les évictions a été mis en place, les locataires tant que les propriétaires ont peur de recevoir une facture leur demandant de rembourser les paiements retardés, les intérêts accumulés et les frais de retard une fois le moratoire levé, note M. Singh.

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