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Des organismes humanitaires dénoncent le renvoi des migrants irréguliers aux États-Unis

Un homme descend le chemin Roxham en direction de la frontière canado-américaine.

Les migrants passant par le chemin Roxham pour faire une demande d'asile ne sont plus acceptés au Canada en vertu d'une nouvelle entente conclue entre Ottawa et Washington.

Photo : Reuters / Christinne Muschi

Radio-Canada

Des organismes humanitaires dénoncent la décision du gouvernement Trudeau de fermer la frontière à ceux qui demandent le statut de réfugié en raison de la pandémie de la COVID-19. Ils considèrent que cette décision est « dangereuse » et « illégale », et qu’elle doit être annulée.

Le gouvernement fédéral a annoncé, le 20 mars dernier, que les personnes qui franchissent irrégulièrement la frontière canado-américaine pour présenter une demande d'asile au Canada seront désormais renvoyées aux États-Unis, et ce, tant et aussi longtemps que la crise de la COVID-19 se poursuivra.

Dans un communiqué de presse conjoint publié aujourd'hui, Amnistie internationale Canada, Médecins sans frontières et le Réseau juridique canadien VIH/sida exhortent Ottawa à faire marche arrière et à mettre en place des mesures pour accueillir ces migrants de façon sécuritaire au pays.

Les signataires soulignent que le renvoi des demandeurs d’asile place ceux-ci dans un « contexte flou et incertain » et qu’il menace leur vie.

De par notre expérience du domaine médical et des droits de la personne, nous savons que lorsqu'un demandeur du statut de réfugié est refoulé à la frontière, il devient hautement vulnérable et aura tendance à se tourner vers des options clandestines plus risquées, écrivent-ils.

Les auteurs de la missive invitent plutôt le Canada à implanter des mesures telles que le dépistage et les examens de santé à l’entrée, ou même la quarantaine, aux personnes demandant une protection internationale. Ils proposent également d'offrir à ces personnes de l’information dans diverses langues et une sécurité.

Ils soutiennent que le fait d'interdire l'entrée aux demandeurs d'asile constitue une mauvaise pratique de santé publique. Selon eux, cette clientèle devrait plutôt être incluse dans les plans de prévention épidémique et d'intervention de santé publique.

Les mesures de santé publique ne sont efficaces que si elles sont appliquées de manière généralisée, et échouent lorsque certaines populations en sont écartées, font-ils remarquer.

De plus, ces organismes humanitaires estiment que cette nouvelle entente avec l’administration américaine est « illégale ». Ce nouvel "accord réciproque avec le gouvernement américain", qui vient bannir et refouler les demandeurs du statut de réfugié arrivant par les États-Unis, viole les obligations juridiques du Canada de protéger les demandeurs du statut de réfugié, déclarent-ils dans leur communiqué.

Éviter l'expulsion

La vice-première ministre Chrystia Freeland a affirmé vendredi que le Canada voulait obtenir l’assurance du gouvernement des États-Unis qu’il n’allait pas expulser les demandeurs d’asile refoulés à la frontière.

C'est une question dont nous discutons de manière urgente avec nos partenaires américains en ce moment, a-t-elle dit lors d'une conférence de presse tenue sur la colline du Parlement.

Il est très important pour le Canada de respecter ses engagements internationaux, y compris en ce qui concerne les réfugiés, a-t-elle poursuivi.

Chrystia Freeland a indiqué que le gouvernement était conscient « des problèmes de refoulement », en faisant référence au retour forcé des réfugiés vers des pays où ils pourraient être victimes de violence ou de persécution.

Il était et continue d'être important pour le Canada d'avoir l'assurance que cela n'arriverait pas aux personnes qui retournent aux États-Unis, a-t-elle ajouté.

Suivre les recommandations

Cependant, un porte-parole du Service des douanes et de la protection des frontières des États‑Unis soutient que Washington prévoit renvoyer les migrants refusés par le Canada dans leur pays d'origine.

Le Service des douanes prend des mesures pour empêcher l'introduction de la COVID-19 au pays, a expliqué Michael Niezgoda dans un courriel transmis à CBC News.

Lorsqu'un étranger ne pourra être renvoyé au Mexique ou au Canada, le Service des douanes travaillera avec des partenaires pour garantir le retour de [cette personne] dans son pays d'origine et la garder le moins longtemps possible [en sol américain], a-t-il fait savoir.

Michael Niezgoda a indiqué que les responsables des douanes suivent les recommandations du département de la Santé et des Services sociaux des États‑Unis.

Avec les informations de CBC News

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