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COVID-19 : un appel pour intégrer le personnel médical formé à l'étranger

Des infirmières qui joignent leurs mains.

Des organisations culturelles réclament une meilleure intégration du personnel médical formés à l'étranger.

Photo : iStock

Des organismes qui défendent les droits des immigrants appellent les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux à reconnaître les diplômes des personnes formées à l’étranger pour faire face à la pandémie de COVID-19.

André Dunduri est président de l’Alliance des Burundais du Canada. Il est l’un des cosignataires d’une lettre adressée le 25 mars dernier aux différents ordres de gouvernement au pays. Cette lettre souligne que le personnel de santé issu de l’immigration en attente de leur permis de pratique pourrait prêter main-forte aux systèmes de santé à travers le Canada.

Il y a la disponibilité des ressources et des gens qui ont terminé leurs études à l’étranger et même exercé, mais qui aujourd’hui ne sont pas en mesure de pratiquer au Canada à cause des processus. Pourquoi ne pas utiliser ses ressources pour endiguer cette pandémie au Canada, s’interroge-t-il.

Il souligne que dans plusieurs pays, le personnel médical retraité a été rappelé pour soutenir leurs collègues. Au Québec, le Collège des médecins a même annoncé la semaine dernière avoir adoptédes mesures permettant aux résidents ayant terminé leur formation d'exercer à titre de médecin, avec un permis restrictif.

Partout, il y a des médecins formés à l’étranger qui doivent être capables d’être mobilisés pour oeuvrer là où ils sont.

André Dunduri, président de l’Alliance des Burundais du Canada
Un infirmier pousse une dame âgée en fauteuil roulant dans le corridor d'un hôpital.

Le personnel médical est sous pression en raison de la crise actuelle.

Photo : Reuters / China Daily

Repenser le système pour le rendre plus inclusif

Pour sa part, Olive Kamanyana, présidente de LeaderPOL, Leader politique pour les personnes d’ascendance africaine, et également signataire de la lettre, estime que de ne pas faire appel à cette main-d’oeuvre est une perte importante pour le système.

Ces gens-là ont déjà la pratique. Ce ne sont pas des gens qui viennent juste de sortir de l’école. Et aujourd’hui, nous avons besoin de l’effort de tout le monde, affirme-t-elle.

Dans des circonstances exceptionnelles, il y a des décisions exceptionnelles qui sont prises. Pourquoi ne pas penser à des permis restrictifs en fonction de chaque cas

Olive Kamanyana, présidente de LeaderPOL

Au-delà de la crise actuelle, elle juge que le système doit être repensé de façon à mieux inclure les personnes issues de l’immigration, notamment celles issues des communautés africaines.

Ce sont nos taxes qui sont investies là-dedans. Quand on va chercher quelqu’un à l’étranger, ça coûte des sous et quand la personne arrive ici et que la personne est sous-utilisée à cause des barrières systémiques, je pense que nous ne nous servons pas nous-mêmes, déclare-t-elle.

Des ordres professionnels encore réticents

Si le Québec étudie la possibilité de faire appel aux travailleurs de la santé diplômés à l’étranger, les associations professionnelles au Canada sont encore loin d'envisager d'ouvrir grandes leurs portes à ce personnel non encore certifié.

L'Ordre des médecins et chirurgiens de l'Ontario indique toutefois dans un courriel avoir introduit un nouveau certificat de courte durée qui permet l'obtention d'un permis pour une période de 30 jours. Dans ce cadre, les détenteurs du permis peuvent exercer sous la supervision d'un médecin qui est habituellement un chef de service.

Cette supervision nécessite des ressources minimales, ce qui permet à un seul médecin de superviser plusieurs autres, souligne un porte-parole de l'ordre dans un courriel.

Nous avons toujours eu une voie pour les diplômés internationaux en médecine, mais nous avons mis en place le certificat de courte durée et nous donnons la priorité aux demandes en raison de la pandémie actuelle, indique-t-il également.

De son côté, le ministère de la Santé de l'Ontario affirme dans un courriel planifier des mesures d'urgence, qui consiste notamment à tirer parti des milliers de professionnels de la santé non autorisés de l'Ontario formés à l'étranger pour aider à combler les lacunes.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

En Saskatchewan, le Collège des médecins et chirurgiens entend agir en fonction de ses besoins.

Toute décision relative à l'autorisation d'exercer des diplômés internationaux en médecine qui ne répondent pas aux critères normaux d'autorisation d'exercer nécessitera un équilibre minutieux entre la nécessité pour les personnes de fournir des soins de santé et la crainte que le médecin ne réponde pas aux attentes normales requises pour l'autorisation d'exercer en Saskatchewan, peut-on lire dans un courriel.

Pour l'heure, l'organisation a décidé d'accorder l'autorisation d'exercer en urgence aux médecins ayant obtenu leur permis au cours des trois dernières années qui ont satisfait aux exigences, ainsi qu'aux médecins des communautés frontalières qui pourraient être appelés à fournir des services en Saskatchewan.

Même approche en Colombie-Britannique qui n'envisage pas de recruter du personnel non encore enregistré dans la province. À ce stade, les mesures de recrutement prises jusqu'à présent ont été suffisantes, précise l'ordre dans un courriel.

Aucun aménagement n'est actuellement envisagé en Alberta.

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