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Ottawa élargit sa subvention salariale aux grandes entreprises

« Le but, c’est que les gens puissent continuer à recevoir un salaire, peu importe s’ils travaillent pour une entreprise qui emploie 10 ou 1000 personnes », explique Justin Trudeau.

Justin Trudeau, de profil, marche.

Justin Trudeau se dirige vers sa résidence, après s'être adressé aux Canadiens lundi avant midi.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Toute entreprise qui perdra au moins 30 % de ses revenus en raison de l'impact économique du coronavirus sera finalement admissible aux subventions salariales du gouvernement fédéral, a annoncé lundi le premier ministre Justin Trudeau.

Les organismes à but non lucratif et les organismes de bienfaisance seront aussi admissibles à ces subventions, selon les mêmes critères, a-t-il précisé.

Ottawa fait ainsi volte-face dans l'application de cette mesure sans précédent. La semaine dernière, le premier ministre avait plutôt indiqué que la subvention était destinée aux petites et moyennes entreprises.

Le nombre d’employés ne déterminera pas votre admissibilité. [...] Le but, c’est que les gens puissent continuer à recevoir un salaire, peu importe s’ils travaillent pour une entreprise qui emploie 10 ou 1000 personnes.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Si l’entreprise pour laquelle vous travaillez est touchée par la COVID-19, le gouvernement va couvrir jusqu’à 75 % de votre salaire pour la première tranche de 58 700 $ que vous faites. Ça veut dire 846 $ par semaine, a détaillé M. Trudeau.

Le chef du gouvernement a rappelé que ces subventions salariales, qui étaient réclamées par les milieux d'affaires, seront rétroactives au 15 mars. Elles seront en vigueur pour trois mois.

Les Canadiens dont l'employeur ne choisira pas cette option, mais qui perdent tout de même des revenus en raison de la COVID-19, seront admissibles à la Prestation canadienne d'urgence (PCU).

Dans un communiqué, Manufacturiers et Exportateurs du Québec s'est réjoui de la décision du gouvernement Trudeau d'élargir son programme de subventions salariales, dévoilé vendredi.  

Nous sommes satisfaits que le gouvernement ait adopté notre recommandation et ait développé des mesures permettant aux entreprises de toutes tailles d’avoir accès à la subvention. Cela sera bénéfique pour les employés et les employeurs, a commenté sa présidente-directrice générale, Véronique Proulx.

Un avertissement aux entreprises

Le premier ministre a profité de son point de presse quotidien devant sa résidence officielle de Rideau Cottage pour inviter de nouveau les entreprises à recourir aux subventions salariales.

Si vous avez les moyens de payer le 25 % qui n'est pas couvert par la subvention salariale, faites-le, leur a-t-il lancé sans détour, avant d'y aller d'une mise en garde.

Si vous pensez que vous pouvez déjouer le système ou en prendre avantage, ne le faites pas. Il va y avoir des conséquences sérieuses pour ceux qui tentent d'en tirer profit.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Le gouvernement fédéral prend des mesures sans précédent, a encore dit Justin Trudeau, mais cela requiert que tous agissent de bonne foi. Il a tout de même dit être convaincu que les entreprises prendront les bonnes décisions.

On est tous dans le même bateau et c'est pourquoi notre gouvernement veut aider tous les employeurs à garder leurs employés. Mais pour que notre stratégie fonctionne, tout le monde doit faire sa part, a-t-il plaidé.

Le premier ministre a précisé par la suite qu'il ne lance pas cet avertissement de crainte que le programme soit facile à exploiter. Des garde-fous seront mis en place, a-t-il assuré.

Justin Trudeau n'a pu dire quand les entreprises qui décident de se prévaloir de cette mesure recevront les sommes promises ni combien cette mesure coûtera au Trésor public.

Avant même que ce programme de subventions salariales ne soit dévoilé la semaine dernière, le directeur parlementaire du budget avançait déjà que le gouvernement se dirigeait vers un déficit de 112 milliards de dollars.

Le ministre des Finances Bill Morneau et sa collègue ministre de la Petite Entreprise, Mary Ng, doivent donner plus de détails sur le programme mardi.

Jonathan Vance, de profil, se tient non loin du ministre Sajjan.

Le chef d'état-major de la défense, Jonathan Vance (à l'avant-plan, en uniforme), écoute la conférence de plusieurs ministres fédéraux, dont le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, lundi, à Ottawa.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

L'armée aux aguets

Les Forces armées canadiennes sont par ailleurs prêtes à venir donner un coup de main si une province devait demander leur intervention, a indiqué Justin Trudeau. Aucune province ne l'a cependant fait jusqu'ici.

Que ce soit pour acheminer du matériel médical ou protéger vos maisons durant la saison des inondations ou des feux de forêt, ceux et celles qui portent l’uniforme seront là pour vous, a assuré le premier ministre.

Les Forces armées canadiennes sont prêtes à mobiliser 24 000 soldats, dont des réservistes, a par la suite précisé le ministre de la Défense Harjit Sajjan.

Au début de la crise, le chef d'état-major a donné l'ordre à de nombreux militaires non seulement de respecter les consignes de distanciation sociale, mais aussi de rester à la maison afin d'être prêts le temps venu, a-t-il expliqué.

Si elle devait être mobilisée, l'armée pourrait se voir confier trois mandats : soutenir les efforts visant à ralentir la propagation de la maladie, fournir une aide aux communautés vulnérables et aider les provinces et les territoires sur le plan logistique, y compris un soutien direct à des municipalités.

On pourrait se servir de nos hélicoptères et de nos navires pour appuyer les communautés isolées, certaines communautés autochtones. On pourrait appuyer les provinces, les municipalités, dans leurs efforts on pourrait aider avec la logistique, le transport de matériel, l'aide humanitaire.

Pablo Rodriguez, leader du gouvernement à la Chambre des communes

Le ministre Sajjan a assuré que ce possible déploiement n'empêcherait nullement l'armée d'intervenir en cas d'inondations ou de feux de forêt, comme elle l'a fait dans le passé.

On compte à l'heure actuelle près de 7300 cas confirmés de COVID-19 au Canada et 79 décès dus à la maladie.

Parmi les provinces, c'est au Québec qu'on retrouve le plus de personnes déclarées positives au pays, suivie de l'Ontario et de la Colombie-Britannique.

Selon M. Trudeau, la progression de la maladie ne suit pas la même trajectoire qu'aux États-Unis, où le président Donald Trump a avancé dimanche qu'un bilan de 100 000 morts serait le signe que son administration a fait du bon boulot.

Il se fait davantage de dépistage au Canada qu'aux États-Unis, et les mesures d'isolement ont été mises en oeuvre plus rapidement, a noté le premier ministre.

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