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La plateforme « L'école ouverte » est en ligne

Une équation mathématique est inscrite sur un tableau vert.

La plateforme web « L'école ouverte » est en ligne depuis lundi matin.

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Radio-Canada

La plateforme promise par le ministère de l'Éducation pour permettre aux élèves de réaliser des activités pendant la suspension des cours en raison de la COVID-19 est en ligne depuis lundi matin.

Les élèves ne peuvent pas se rendre à l'école, donc c'est l'école qui va se rendre jusqu'à eux, s'est félicité le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, en entrevue à RDI matin.

La plateforme web L'école ouverte (Nouvelle fenêtre) a été conçue dans un esprit ludique, en collaboration avec l'Université de Montréal. Le contenu éducatif que l'on y retrouve couvre plusieurs matières de tous les niveaux primaires et secondaires : français, mathématiques, anglais, science, géographie, histoire et arts. Une section préscolaire a aussi été pensée pour les plus petits.

La plateforme offre également des ressources variées pour bouger, relaxer, se divertir, socialiser et même contribuer. Le ministre Roberge croit que ces activités, qu'elles soient scolaires, sociales ou physiques, contribueront à parfaire les connaissances et les habiletés des élèves dans nombre de domaines.

C'est vraiment un rassemblement de centaines et de centaines d'activités éducatives, ludiques, des capsules vidéo, des exercices, et tout est validé par le ministère de l'Éducation, donc les parents peuvent envoyer leurs enfants en toute confiance.

Jean-François Roberge, ministre de l'Éducation

Le ministre explique que chaque élève peut choisir son niveau et la matière qu'il souhaite réviser, apprendre ou consolider. Libre à chacun, également, d'aller fouiner un peu partout dans les différents niveaux, que ce soit parce qu'ils ont un peu de difficulté ou parce qu'ils sont plus avancés. Ces activités ne sont pas obligatoires et ne peuvent pas faire l'objet d'évaluations.

Il n'y a pas de stress, il n'y a pas d'examen qui s'en vient. Personne ne va dire [aux élèves] qu'ils se sont trompés, dit le ministre, à l'attention de ceux qui voudraient explorer davantage.

Le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur Jean-François Roberge.

Le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur Jean-François Roberge

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

De nouveaux contenus seront ajoutés chaque semaine. Des ajouts permettant de retrouver plus facilement des activités destinées aux élèves ayant des besoins particuliers seront également disponibles prochainement, selon le ministre.

La semaine dernière, le ministère a annoncé qu'il enverrait aux écoles une trousse d'activités pédagogiques clés en main, prête à être envoyée aux parents. M. Roberge confirme que c'est toujours dans les cartons. Ceux qui ont un accès limité à Internet ou à un ordinateur pourront recevoir le tout par la poste.

L'initiative mise en oeuvre lundi se conjugue aux suivis hebdomadaires qui seront effectués par les écoles auprès de l'ensemble des élèves et aux suivis des ressources professionnelles auprès des élèves vulnérables.

Une première version

Le concepteur de cette plateforme éducative est Thierry Karsenti, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les technologies de l'information et de la communication en éducation.

En entrevue à l’émission de radio Sur le vif diffusée sur les ondes d’ICI Première, il a annoncé que le site enregistrait 55 millions de requêtes à 17 h. Il a précisé que la plateforme tenait bon malgré l’affluence. Les développeurs ont prévu le coup en ayant recours à dix serveurs pour la soutenir.

On a des visiteurs de partout dans la francophonie, aux États-Unis. Le site est bilingue aussi, il faut dire. Alors, on a des visiteurs de partout dans le monde qui vont sur le site. C’est assez exceptionnel. Des enseignants aussi et des parents de partout au Canada, a-t-il dit, mentionnant que le site a entre autres été diffusé en Colombie-Britannique où il existe une grande communauté francophone.

Un homme basané aux cheveux courts qui porte un veston, une blouse et une cravate regarde vers sa droite en souriant un peu.

Thierry Karsenti, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les technologies de l'information et de la communication en éducation à l’Université de Montréal.

Photo : Radio-Canada

Thierry Karsenti et son équipe ont développé cette plateforme à grande vitesse. Il rappelle que le ministère de l’Éducation du Québec lui a confié le mandat le 20 mars et que neuf jours plus tard le site était lancé. Il prévient qu’il s’agit d’une première version.

C’est une première étape. En une semaine, on a fait ce qu’on a pu. Je vous garantis que chaque jour il y a peut-être 300 ou 400 ressources qui vont s’ajouter. Ce qui était un défi, c’est qu’on voulait avoir des ressources pour chacune des matières, pour chacun des niveaux, affirme-t-il, en mentionnant que des similitudes existent entre les programmes éducatifs des écoles québécoises et ontariennes.

M. Karsenti indique que l’interface a été pensée notamment de façon à redonner une structure aux enfants.

On a misé sur les ressources qui permettent aux enfants de retrouver un semblant d’horaire. Beaucoup d’enfants avec la crise, c’est très difficile pour eux. On perd ses repères. On n’a plus d’horaire, on n’a plus de routine, on se presse moins le matin. On propose justement dans cette plateforme ce qu’on appelle des menus éducatifs, ou non seulement il y a des périodes d’apprentissage ou d’activités scolaires, mais il y a des périodes aussi où on explique aux enfants comment on contribue à la vie à la maison, explique-t-il.

Le concepteur souligne qu’apprendre constitue une façon de diminuer l’angoisse chez les enfants. L’enfant qui est à la maison, qu’est-ce qu’il entend quand il regarde la télévision ou il écoute la radio? On entend que parler de la COVID-19. On entend que parler de cela. Peut-être à ce moment-là les activités d’apprentissage vont leur donner une pause. Je pense que c’est finalement très sain pour eux de se replonger dans une petite routine comme cela. Évidemment, avec moins de cadre que l’école, mais quand même une routine qui peut les aider à penser à autre chose, soutient-il.

Thierry Karsenti lance un appel aux parents pour qu’ils s’impliquent davantage dans l’éducation de leurs enfants. Il va falloir redéfinir un peu comment ça va se passer dans les foyers. C’est certain, on a beau proposer les meilleures ressources avec des interactions, avec les enseignants et tout, le parent va avoir un rôle un peu plus important dans l’éducation de son enfant. Parce que l’enfant, il ne pourra pas l’envoyer à court terme à l’école. L’école va se faire à la maison, affirme-t-il.

L’ONF de la partie

Par ailleurs, l’Office national du film du Canada propose depuis le 27 mars aux parents et aux enseignants des ressources d’apprentissage en ligne.

Les parents auront ainsi accès à une collection spéciale de ressources d’apprentissage et de films phares de l’ONF, qui proposera quotidiennement des films et des ressources éducatives choisis par l’équipe d’Éducation ONF à l’intention des élèves de la maternelle à la 12e année.

Jusqu’au 30 juin 2020, tous les enseignants du Canada pourront accéder gratuitement à CAMPUS, le portail média en ligne de l’ONF, précise l’ONF dans un communiqué rendu public lundi.

Avec les informations de La Presse canadienne

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