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La communauté juive orthodoxe de Boisbriand en quarantaine

La direction de la santé publique des Laurentides ordonne à la communauté Tosh un confinement de 14 jours à la suite des résultats très inquiétants de tests de dépistage.

Un automobiliste barbu portant la kipa discute avec une personne en uniforme à un barrage routier.

Des membres de la communauté appuient la police dans la mise en application de la quarantaine.

Photo : Radio-Canada

La pluie tombait drue et froide. Sur la rue menant à l’entrée de cette communauté de près de 4000 âmes, les aléas du temps semblaient à la hauteur de l’angoisse et de la scène : mise en place de barrières, présence policière, ambulance et agents de sécurité de la communauté hassidique pour fermer l’accès à Kyrias Tosh.

Dans le calendrier juif, la fête de Pourim est la plus joyeuse. On festoie, on se déguise. On visite la famille dans l’État de New York ou elle vient nous visiter. Or, cette année, un invité délétère était présent à ces célébrations du 9 et 10 mars sans qu’on le sache : la COVID-19, bien sûr, qui sévit dans l’État de New York et frappe de plein fouet les communautés hassidiques.

Un barrage routier avec un garde se tenant sur la chaussée.

Des barrières ont été posées dans les rues pour limiter les déplacements.

Photo : Radio-Canada

Inquiets ces derniers jours, les Tosh de Boisbriand ont envoyé une centaine de personnes passer des tests. La santé publique a obtenu les résultats pour 40 d’entre eux. Près de la moitié des résultats étaient positifs. Si cet échantillon est représentatif, cela pourrait être potentiellement catastrophique pour les Tosh.

Dimanche, la santé publique des Laurentides a donc ordonné des mesures exceptionnelles : une mise en quarantaine stricte pour 14 jours de toute la communauté, sous surveillance policière qui plus est. Nous le faisons pour notre santé et pour celle de nos voisins, a expliqué Issac Weiss, un leader de la communauté, derrière son masque.

Des conditions difficiles

Comme plusieurs hommes consacrent leur vie à l’étude des textes sacrés et ne travaillent pas, plusieurs ménages du groupe Tosh de Boisbriand vivent dans des situations économiques précaires.

Au sein du vaste spectre des différents groupes hassidiques présents sur le territoire du Québec, les Tosh sont parmi les plus stricts dans leur pratique religieuse. Ils ont des familles très nombreuses, car ils ne pratiquent pas la contraception. Il n’est pas rare d’y voir des fratries de 10, 11, voire 12 enfants vivant avec leurs parents dans de très petits espaces. Les conditions de confinement vont donc être extrêmement difficiles pour ces familles.

Un homme portant un masque de protection parle à un policier.

Issac Weiss leader communautaire, s'entretient avec un policier.

Photo : Radio-Canada

Par ailleurs, chez les Tosh de Boisbriand, la langue d’usage est le yiddish. Beaucoup maîtrisent l’araméen biblique et l’hébreu ancien, mais ont une connaissance plutôt sommaire de l’anglais ou du français. Leur pratique rigoriste de la religion leur proscrit aussi d’écouter la télévision ou la radio. Les mesures exceptionnelles et impressionnantes qui sont en vigueur peuvent être source de désarroi dans un groupe qui a choisi volontairement de vivre loin de la société civile.

Au service de police de Boisbriand, on rapporte une collaboration exemplaire des leaders de cette communauté qui va assurer, en grande partie, elle-même la mise en application de la quarantaine.

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