•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les travailleuses du sexe de l’Estrie en situation de grande vulnérabilité

une ruelle de sherbrooke.

Les travailleuses du sexe de Sherbrooke affirment qu'elles sont des plus à risque au cours de cette pandémie.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) de l’Estrie demande l’intervention de l’État pour venir en aide aux travailleuses du sexe qui sont plus que jamais marginalisées.  

La plupart des travailleuses du sexe n’ont maintenant plus de revenus et ne sont pas éligibles aux programmes d’aide des gouvernements. Leurs revenus sont rarement déclarés et certaines femmes n’ont pas de cartes d’identité, donc elles n’ont pas accès au fonds d’urgence, explique l’intervenante au CALACS de l’Estrie, Marie-Michèle Whitlock.

Le CALACS réclame une aide financière d’urgence de l’État et l’instauration d’un véritable programme d’aide pour accompagner les femmes qui souhaitent se sortir de l’industrie du sexe. Ça fait longtemps qu’on nomme qu’on a besoin de plan de sortie de la prostitution, s’exclame-t-elle. Il faut s’y attarder dès maintenant et que ça perdure dans le temps.

L’aide est d’autant plus cruciale selon Mme Whitlock, puisque plusieurs travailleuses du sexe sont aussi en situation d’itinérance. « Les hébergements d’urgence en Estrie sont pleins, donc j’n’ai aucune ressource pour les référer dans de l’hébergement sécuritaire », déplore-t-elle.

« On les pointe du doigt »

Mme Whilock déplore que les travailleuses du sexe reçoivent de nombreux commentaires désobligeants en cette période de crise, même si elles n’offrent plus leurs services. Certains citoyens les accusent de contribuer à la propagation de la maladie. On les pointe du doigt, constate Mme Whitlock.

Elles reçoivent des insultes et des menaces de mort, donc elles sont encore plus marginalisées, même si elles sont en arrêt.

Marie-Michèle Whitlock, intervenante au CALACS de l’Estrie

Mme Whitlock qui est en relation avec une centaine de travailleuses du sexe de la région, constate même que certaines femmes continuent d’offrir leurs services, malgré les dangers.Il y a encore des demandes et faut que ça cesse, souligne-t-elle. Ces femmes-là ont des besoins [financiers] pour survivre, pour leurs enfants. Elles ont besoin de soutien financier.

La députée de Sherbrooke en appuie

La députée de Sherbrooke, Christine Labrie, appuie les requêtes du CALACS.  Son parti, Québec solidaire, réclame par ailleurs un revenu minimum en cette période de crisepour s’assurer que personne ne tombe entre les mailles du filet.

Elles font partie, avec bien d’autres personnes, de ceux et celles qui ne sont admissibles à aucune prestation actuellement, déplore-t-elle.

Invité à répondre à la sortie publique du CALACS de l’Estrie, le ministère du Travail affirme que les travailleuses du sexe pourraient bénéficier de certains programmes gouvernementaux.Il faut savoir que toute personne qui a gagné plus de 5000$ déclarés est admissible au PCU si elle remplit les critères du gouvernement fédéral. Sans quoi, ces personnes pourraient se qualifier à l'assistance sociale, a souligné l'attachée de presse du ministre Jean Boulet par courriel.

De son côté, le ministère de la Santé a également rappelé que Québec offre une aide financière de 2,5 millions de dollars aux maisons d’hébergement pour les femmes victimes de violences conjugales. Les travailleuses du sexe et les personnes recourant à leurs services se mettent en danger. Il est de la responsabilité de chaque individu de se protéger, mentionne également la porte-parole du ministère par courriel.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Estrie

Coronavirus