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L'appel de la terre au temps de la COVID-19

Des pousses de laitue en rangées dans la terre.

Le jardinage gagne en popularité au Québec en ces temps de confinement.

Photo : iStock

La demande explose sur Internet pour les semences de légumes au Québec. Que ce soit par excès de temps libre ou par crainte de pénurie dans les épiceries en raison de la COVID-19, les Québécois sont nombreux à ressentir l’appel de la terre.

Depuis le 15 mars, j’ai doublé, même triplé mes demandes par rapport à la même période l’an dernier, remarque Olivier Légaré, jardinier-semencier aux Semences du Batteux, à Beaumont.

Il fournit principalement des particuliers en semences de légumes.

Même son de cloche au Potager ornemental de Catherine, à Saint-Apollinaire. Mars, c’est vraiment fou. Il se passe quelque chose, souligne Isaac Veilleux.

Des personnes discutent à une table. Il y a des sachets de semences sur un présentoir.

Une fête des semences l'année dernière. Les transactions se font surtout par Internet cette année en raison du confinement.

Photo : Radio-Canada / Sarah Pedneault

La hausse de la demande est généralisée au pays, constatent-ils.

Le distributeur Stokes, joueur d’importance au Canada, a même dû arrêter de fournir des semences aux particuliers sur son site Internet afin d’honorer ses engagements envers les producteurs.

Crainte de pénurie alimentaire

Le terreau est fertile pour le jardinage en ces temps de confinement, puisque plusieurs ont maintenant du temps libre pour s’adonner à des projets longtemps repoussés.

L’inquiétude motive toutefois certains foyers, qui veulent s’assurer d’avoir des produits frais à portée de main.

Le chercheur Sylvain Charlebois a assuré que la chaîne d’approvisionnement alimentaire est robuste au pays. Mais il suffit de faire un tour sur les nombreux groupes Facebook de jardinage pour trouver de nouveaux adeptes, poussés par l’incertitude que crée la COVID-19.

Katline Blais, une résidente de Québec, a négligé longtemps le projet de faire pousser des légumes chez elle. La crise actuelle l'a convaincue.

Je ne veux surtout pas qu’on manque de fruits et légumes frais. J’avoue que d’aller à l’épicerie pour cela me tente de moins en moins, a-t-elle confié.

Un paresseux occupé

Les gens ne savent pas trop ce qu’il va se passer, si on va pouvoir sortir et trouver des choses facilement, explique l'horticulteur Larry Hodgson, alias le Jardinier paresseux. 

Sa boîte courriel ne dérougit pas de questions de gens qui veulent cultiver des légumes pour la première fois. Il note une hausse de 20 % des demandes de conseil.

Faire pousser des légumes à la maison, c’est réconfortant.

Larry Hodgson, journaliste horticole
Des caisses vides sur des tablettes dans une épicerie.

Des tablettes vides dans un grand détaillant du pays.

Photo : Radio-Canada

La situation au sud de la frontière et une fermeture complète des frontières avec les États-Unis fait craindre le pire pour certains. 

En hiver et au printemps, environ 40 % de tout ce que les Canadiens consomment, au détail ou en restauration, provient des États-Unis ou y a transité.

Ce qu’on mange n’est pas produit au Québec. La gestion de la crise ailleurs dans le monde peut faire craindre des problèmes ici, s’inquiète le semencier Isaac Veilleux.

Produire localement

Difficile toutefois d’atteindre l’autosuffisance alimentaire avec quelques légumes plantés dans un jardin chez soi. Des maraîchères de la région espèrent combler les besoins avec des paniers de légumes locaux.

Véronique Gagné avait l’intention de déménager dans une autre région et de prendre une année sabbatique après trois ans à produire et à distribuer des paniers de légumes à Québec.

Des gens devant un présentoir de légumes à l'extérieur.

Le projet La ferme dans ta cour fournissait des légumes locaux en basse-ville de Québec lors de la saison estivale.

Photo : Véronique Gagné

La COVID-19 l’a forcée à revoir ses plans. Elle retournera à la terre pour fournir des légumes locaux aux gens de la Basse-Ville et ajouter une source de revenus à son travail à temps partiel.

La maraîchère observe que ses clients veulent une sécurité d’approvisionnement. « Ils me demandent un abonnement alors que ce n’est pas ma méthode. D’habitude, les gens ont peur de l’engagement. »

Élyse Gagnon plante des semis.

Élyse Gagnon, de Thetford Mines, veut offrir 36 fruits et légumes différents aux résidents du secteur dès cet été.

Photo : Élyse Gagnon

À Thetford Mines, Élyse Gagnon, avec sa ferme, Aux coureurs des champs, offrira pour la première année des paniers de légumes locaux aux résidents du secteur.

Elle compte produire 36 sortes de fruits et légumes différents.

La crise vient confirmer encore plus pourquoi je fais ça, lance-t-elle.

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